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Un document légal relance l?affaire Stauffer

26 décembre 2003, 20:00

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Le secrétaire général du Parti travailliste (PTr), Vasant Bunwaree est au pied du mur dans l?affaire du transfert allégué de Rs 750 millions à la United Overseas Bank (UOB) en février 1997. Dans la journée d?hier, le Suisse Eric Stauffer a remis au Central Criminal Investigation Department un document légal plaçant l?ex-ministre des Finances au c?ur des transactions.

Ce document émanant de la UOB, rebaptisée aujourd?hui United European Bank (UEB), est une copie d?un affidavit juré devant le tribunal de 1re instance de la République et Canton de Genève. Il fait référence à une négociation secrète qui se serait déroulée entre son collaborateur Jean-Claude Mathais et l?ex-ministre des Finances, Vasant Bunwaree.

La banque rappelle que cette rencontre s?est déroulée à Maurice entre le 12 et le 16 janvier 1977 et livre sa version de l?entretien : « ?. la proposition des dirigeants mauriciens rencontrés était que la Banque centrale mauricienne confie la gestion d?une partie de ses fonds à l?UEB, moyennant versement d?une rétrocession au parti politique dont était issu le ministre des Finances de l?époque, un certain M. Vasant Bunwaree.»

Un journal suisse, La Tribune de Genève, avait déjà fait état de ces entretiens. Dans son édition du 25 janvier, il révèle le contenu d?une note interne de l?UEB rapportant les discussions qui ont eu lieu en 1997 entre Vasant Bunwaree et Jean-Claude Mathais, fondé de pouvoir de la banque. Il aurait été question lors de ces discussions d?un éventuel transfert de $ 25 millions appartenant à l?État mauricien vers l?UEB. Les intérêts perçus sur ce placement devaient être reversés « au parti politique au pouvoir», le PTr à l?époque. Cette information avait fait grand bruit à Maurice et avait embarrassé Vasant Bunwaree. L?UEB et le PTr maintiennent que cette proposition est restée au stade de projet alors que Stauffer affirme que la transaction a bien eu lieu.

«PREUVE INDENIABLE»

Interrogé dans la soirée d?hier, Vasant Bunwaree évite de répondre sur le fond de l?affaire et s?en prend à Eric Stauffer. L?ex-ministre des Finances estime que toute la démarche est d?ordre politique ayant pour initiateur le Premier ministre, Paul Bérenger. Au sujet d?Eric Stauffer, il fait le commentaire suivant : «Je méprise cet homme. Qu?il ne quitte pas le pays tant que tout cela n?a pas abouti.» Sur un ton agressif, il réclame un face-à-face avec Paul Bérenger pour s?expliquer sur la question.

Afin d?aider les enquêteurs mauriciens, Eric Stauffer leur aurait remis les transcriptions de certaines auditions tenues dans les cours de justice suisse concernant le transfert allégué des fonds. Confiant de l?issue de l?affaire, il affirme : «Aujourd?hui, j?ai amené l?épilogue?» Il est d?avis que le document déposé aux Casernes centrales, hier, apporte « une preuve indéniable » car c?est la banque elle-même qui parle, sous serment, des entretiens de 1997 et des « propositions des dirigeants mauriciens ».

Dans la note interne signée Jean-Claude Mathais et datée du 17 février 1997, le fondé de pouvoir de l?UOB rapporte les retombées de sa mission mauricienne. Il en ressort que la Banque de Maurice «dispose de US$ 25 millions aux Etats-Unis qu?elle est prête à déposer à vue dans une banque en Suisse». L?auteur de la note souligne qu?aucune rétribution officielle n?est exigée pour ces dépôts. «En revanche, une rémunération de ces capitaux est demandée et devrait être versée sur un compte à ouvrir à une société de domicile, dont l?ayant droit serait le parti politique actuellement au pouvoir».

«Ces fonds sont destinés à la préparation de la prochaine campagne électorale législative en 2000. A ce titre, notre interlocuteur recherche une rémunération la plus élevée possible.»

La teneur de cette note interne a incité l?Etat à saisir la commission anti-corruption du dossier. L?Icac n?a pas donné suite à l?affaire. Aucun protagoniste n?a été interrogé jusqu?ici.

Quel est le rôle d?Eric Stauffer ? Il maintient que sa déposition aux Casernes centrales ne découle d?aucune volonté politique. Son geste s?explique davantage par la recherche d?une «pièce manquante» qui servira à sa défense dans le procès que lui intente la UEB pour « action en protection de la personnalité». L?aboutissement de l?enquête au CCID déterminera, espère-t-il, si le transfert a bel et bien eu lieu.

Le PTr monte au créneau contre Stauffer

L?arrivée d?Eric Stauffer à Maurice a été un des thèmes du meeting de remerciements du Parti travailliste à Rivière-du-Rempart. Ils devaient affirmer que c?est Paul Bérenger qui est derrière toute cette affaire qu?ils ont liée à l?affaire Sheik Hossen. Vasant Bunwaree, principal concerné par l?affaire, devait affirmer que l?épisode Stauffer a été monté par Paul Bérenger pour cacher la défaite MSM-MMM. « Stauffer peut donner l?enquête qu?il veut, mais il ne doit pas quitter le pays, car s?il y a à le jeter en prison, ce n?est pas en Suisse qu?on ira le chercher. Dans toute cette affaire, ce n?est pas Stauffer que je cherche à avoir, mais Paul Bérenger.» Rama Valayden a, quant à lui, allégué que Paul Bérenger a reçu Eric Stauffer pendant 72 minutes à son bureau. Il a ajouté qu?il compte poursuivre ce dernier pour avoir acheter des agents lors des élections partielles de Beau-Bassin-Petite-Rivière et qu?il compte déposer une « objection to departure » contre l?homme d?affaires Suisse. Arvin Boolell et James Burty David devaient lier l?affaire Stauffer à l?affaire Sheik Hossen et rappeler que, lors de cette affaire, Paul Bérenger avait accusé Sir Seewoosagur Ramgoolam d?avoir fait incendier les locaux du jounal « Le Mauricien ».

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