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Le livre, un produit dans la marge

26 décembre 2003, 20:00

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Les libraires gardent espoir. Les ventes sont en hausse ce mois-ci : plus de 40 % chez Bookcourt, 50 % au Trèfle et presque le double au Printemps. Mais malgré ce boum de saison, la noble industrie ne se porte pas si bien. La majorité des professionnels se plaignent d?ailleurs le restant de l?année, même si certains tirent leur épingle du jeu.

Aux dires de Natacha de Chazal, directrice de la librairie du Trèfle à Curepipe, les Mauriciens lisent très peu. La raison est simple, explique-t-elle : nous n?avons pas de véritable culture du livre à Maurice. «Il est rare de voir un jeune acheter des livres. Il leur préfère t-shirts et jeux vidéo.»

Le Trèfle importe tous ses livres de France dont il se veut un promoteur de la langue. Ses clients sont fidèles et la librairie constitue pour eux un lieu de rencontre, explique la directrice. Les livres sont classés par thème, de la spiritualité aux romans policiers en passant par les livres de cuisine et ceux pour les enfants.

Malgré l?absence de taxe d?importation, les produits de l?édition restent chers et l?euro n?arrange pas les choses. Ainsi le dernier tome de Harry Potter coûte presque Rs 800, un prix qui découragera plus d?un, reconnaît Natacha de Chazal. Mais elle se fait fort de proposer d?autres produits aux en-fants : livres en tissus, cartonnés, livres-jouets, albums d?images. Une large gamme est proposée afin de «transporter les petits dans la magie du livre».

Chez Bookcourt, le directeur, Andy Lam, est inquiet. Il ne se laisse pas griser par les ventes de décembre et explique que les livres constituent «en général la dernière priorité dans le budget des familles». La dépense moyenne d?un client, dit-il, varie entre Rs 200 et Rs 300. D?ailleurs, les best-sellers internationaux, qui sont rarement vendus à moins de Rs 500, ne trouvent que quelques centaines d?acquéreurs à Maurice.

Bookcourt attire surtout une clientèle de professionnels mauriciens et d?étrangers ou d?expatriés. Les premiers achètent des ouvrages sur la gestion ou le bricolage. Les autres viennent chercher le dernier exemplaire de leur revue étrangère préférée comme Le point ou L?Express.

Du côté de la librairie Le Printemps, dans la catégorie des poids lourds, Nalini Lallah, une employée, affirme que la demande est constante et les clients réguliers. «Quand un client vient dans ma librairie, j?essaye de le faire ressortir avec un livre?» Le gros du marché concerne néanmoins les manuels scolaires, et Le Printemps possède l?avantage d?être à la fois grossiste et éditeur. Il importe des livres en grande quantité de France, de l?Inde, de Singapour, et les distribue aux petites librairies. La Librairie peut ainsi proposer des produits à des prix compétitifs, comme l?Epopée du Ramayana de Kessen Budhoo, qui sort aujourd?hui au prix de Rs 375. Le Printemps édite aussi des écrivains Mauriciens et propose des bandes dessinées variées aux enfants dont les plus prisées sont Tintin, Titeuf, Astérix et Lucky Luke.

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