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Animaux éternels
NADEN Chinapen voue une véritable passion à la taxidermie. Il empaille des animaux et des créatures marines depuis plus d?un quart de siècle. C?est sur le tas que ce pompiste de 58 ans a appris ce métier.
Le premier poisson que Naden Chinapen a conservé, c?était un poisson globe connu localement comme ?boule tangue?. Il se souvient encore de ce premier essai. ?Je n?a pas pu le faire comme je l?espérais car il me manquait les techniques?. Les moments d?apprentissage sont des années derrières. Maintenant il manipule parfaitement les produits et les techniques utilisées dans la taxidermie.
Le cinquantenaire ne souhaite pas entrer dans des explications profondes concernant les techniques qu?il utilise pour conserver les animaux. Il préfère garder quelques secrets car bien des gens ont observé le taxidermiste à l??uvre pour ensuite essayer de l?imiter. ?Je n?ai rien contre eux mais il ne suffit pas de regarder faire pour devenir taxidermiste. Il faut beaucoup de pratique et je pense que c?est aussi un don?, lance-t-il.
Outre le formol, Naden Chinapen utilise sept autres produits chimiques qui sont nécessaires pour que le cuir ne perde pas ses poils et pour que des insectes n?élisent pas domicile à l?intérieur de l?animal empaillé.
Pour ce qui est du traitement accordé aux carcasses, il faut d?abord le dépecer et ensuite enlever la chair. Les os sont passés à l?eau chaude. La peau, par contre, est séchée. Mais attention, chaque carcasse nécessite un traitement particulier, précise Naden Chinapen. Si la peau d?un cerf par exemple doit être séchée au soleil, un animal marin exige plus de précaution. Le séchage est fait à l?ombre.
Quand il faut remodeler l?animal, il est important de connaître sa taille initiale pour qu?il ait son apparence naturelle. Poursuivant son explication, l?habitant de Petite-Rivière avance que des matières synthétiques sont souvent utilisées pour certaines parties du corps, notamment les yeux. ?J?utilise le fond d?une bouteille de champagne pour remplacer les yeux d?un cerf et des yeux de nounours pour remplacer ceux d?un requin.?
Dans toute sa carrière, Naden Chinapen a eu des créatures surprenantes à conserver. Il se souvient encore d?un boa mort qu?un Mauricien avait emmené d?Afrique du Sud. Le reptile faisait environ 5 mètres. Il y a eu aussi un drôle d??uf qu?un habitant de Terre-Rouge avait voulu conserver. Il y avait un trait ressemblant à l?alphabet arabe sur la coquille.
Naden Chinapen a fait sa réputation de bouche à l?oreille. Ses clients sont des pêcheurs comme des chasseurs. C?est justement en période de chasse qu?il a plus de travail. Il reçoit beaucoup de têtes de cerfs à empailler. ?Je ne travaille pas uniquement pour les chasseurs. Il y a des gens qui achètent une tête de cerf chez des bouchers et je l?empaille pour eux à un prix abordable. C?est une façon pour moi de permettre aux pauvres d?avoir un objet décoratif chez eux.?
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