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Conteneurs : zone franche et agents maritimes dos-à-dos

25 décembre 2003, 20:00

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UNE réunion entre les deux parties qui s?est déroulée mardi dernier à Port-Louis n?a rien donné de positif. La déception est dans les deux camps.

La Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza) dénonce les récentes mesures prises par les courtiers maritimes touchant à la location des conteneurs.

Les agents réclament un dépôt de Rs 25 000 pour chaque conteneur de 25 pieds et de 50 000 pour chaque conteneur de 50 pieds. Cette somme est restituée dans son intégralité si le conteneur est retourné à l?agent dans les délais établis, c?est-à-dire dans une période de sept jours dans le cas des importations et de quatorze jours pour les exportations.

Pour chaque jour supplémentaire, l?entrepreneur doit payer une surestarie (la somme payée à l?agent maritime en cas de retard au déchargement): sept dollars par jour pour la première semaine de retard, dix pour la deuxième semaine et 15 pour la troisième...

Situation précaire

La Mepza estime que cette décision est susceptible de nuire à la situation financière de ses membres. Elle fait ressortir que la mobilisation d?autant de ressources pour la location des conteneurs équivaut à bloquer une bonne partie des fonds de roulement nécessaire aux opérations de production. Une usine de la zone franche loue en moyenne quinze conteneurs par mois. ?Beaucoup d?entreprises de la zone franche se trouvent déjà dans une situation financière précaire. Alors que nous faisons des efforts pour rentrer dans les coûts, nous nous voyons confrontés à d?autres difficultés?, affirme le président de la Mepza, Mookeshwarsing Gopal.

Celui-ci trouve également trop courts les délais de sept jours accordés par les courtiers maritimes aux importateurs. ?Le dédouanement des marchandises prend plus de temps aujourd?hui ? précise-t-il.

Le président de l?Association professionnelle des agents maritimes (Apamm), Xavier d?Unienville s?étonne que les représentants de la Mepza ne soient sortis satisfaits de la réunion d?hier. ?J?avais la nette impression qu?ils avaient compris que nous ne voulions nullement pénaliser ceux qui respectent les délais prescrits. Nous souffrons beaucoup à cause de certains industriels qui ne retournent pas les conteneurs à temps?, affirme-t-il. L?Apamm soutient que de nombreuses entreprises de la ZF abusent de la période sans frais durant laquelle les conteneurs sont mis à leur disposition. Certains industriels gardent les conteneurs pendant longtemps parce qu?ils n?ont pas de place chez eux pour conserver les marchandises importées.

Les agents maritimes ont donc décidé d?agir fermement car cette situation, disent-ils, leur fait perdre de l?argent. Selon un calcul de Xavier d?Unienville, rien que pour 2003, le retard de certains exportateurs et importateurs à retourner leur conteneur a causé un manque à gagner d?un peu plus de Rs 20 millions sous forme de surestaries non honorées.

Outre les considérations financières, il y a aussi la gestion des conteneurs. Les agents doivent se conformer à certaines normes imposées par les lignes maritimes et armateurs qu?ils représentent. Une d?entre elles stipule qu?un conteneur ne doit pas rester plus de trente jours dans un port. L?itinéraire normal du conteneur devrait être le suivant : une semaine pour les importations, deux semaines pour les exportations et une semaine pour l?entretien. Le non-respect des délais par les clients fait chambouler tout le programme.

?Nous avons déjà fait preuve de flexibilité dans le passé en étendant le délai de location des conteneurs à l?importation de cinq à sept jours. La plupart des importateurs hors zone franche parviennent à retourner les conteneurs dans un délai de trois à cinq jours? souligne le président de l?Apamm.

L?introduction de la caution devrait apporter plus de discipline chez les opérateurs de la zone franche. Résultat : le secteur tout entier va devoir faire les frais de quelques industriels indisciplinés.

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