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Achats calculés, dépenses ?intelligentes?
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Achats calculés, dépenses ?intelligentes?
PAS DE ruée dans les rayons des hypermarchés ni de files d?attente interminables. Le consommateur mauricien a planifié ses achats bien à l?avance.
Un, deux, trois caddies. Nadine a l?air ravie, Bernard a la migraine. A la sortie de Shoprite, à Trianon, hier matin, la montagne de sacs en plastique que ce jeune couple peine à ranger dans le coffre de sa voiture attire l??il. ?Tu avais vraiment besoin de tout ça ?? Du menton, Bernard désigne un lot de produits de beauté. Si cela ne tenait qu?à lui, il les laisserait volontiers fondre au soleil. ?Mais c?est toi qui m?a dit que je pouvais me faire plaisir aujourd?hui.? En cette veille de Noël, Nadine l?a visiblement pris au mot. Cas particulier ou tendance généralisée ? Les Mauriciens ont-ils fonctionné au coup de c?ur cette année au moment de leurs achats de Noël ? Ou ont-il, au contraire, appliqué les principes de l?achat intelligent ?
Fazal Ebrahim Dawood, directeur chez Shoprite, est optimiste. ?Notre performance a progressé de 50 % par rapport à celle de l?année dernière.? C?est la deuxième fois que cette enseigne sud-africaine fête la Noël chez nous. ?Nous avons trouvé nos parts de marché, il faut les faire fructifier.?
Ruée sur les jouets
Mot-clé pour obtenir le résultat escompté : promotion. Les rabais ont envahi les rayons. Mais cela ne suffit pas. Alors que l?affluence est moyenne à Trianon et chez Jumbo, à Phoenix, elle est absente chez Sik Yuen à Curepipe, mais on circule avec nettement plus de peine chez Winners, à Flacq.
Les jouets sont littéralement pris d?assaut dans ce supermarché rural. Entre deux coups de fil, Sanjeev Callar, directeur de la branche, nous renseigne : ?Les pa-rents qui achètent des cadeaux de Noël à la dernière heure fonctionnent au coup de c?ur. Ils prennent moins le temps de réfléchir. Ils choisissent les jouets qui visent à divertir plutôt qu?à éduquer.? Des parents généreux sont prêts, selon lui, à dépenser jusqu?à Rs 2 500 pour jouer au père Noël. Avant de se porter acquéreur ? comme le montre la tendance chez Jumbo, à Phoenix ? de gadgets à utiliser en plein air : piscines gonflables et barbecue-grill...
La naissance de Jésus, période de flatterie intense pour le palais, signale aussi la ruée dans les rayons d?alimentation. ?La consommation des produits de base est sensiblement la même comparée à celle de l?an dernier?, estiment Fazal Ebrahim Dawood et Thierry Sik Yuen, l?un des directeurs du supermarché éponyme, situé à Curepipe.
Eviter les achats de dernière minute
En début d?après-midi, hier, le supermarché ne connaît aucune animation particulière. Nathalie, une cliente, sort avec de menus achats. ?Cette année, les gens n?ont pas attendu la dernière minute pour s?approvisionner. Je n?ai pas vu de file d?attente si interminable que l?on finit par s?énerver. Ils planifient beaucoup plus leurs achats.?
La bûche de Noël et les viandes frigorifiées ont la cote mais les pères de famille composent d?un doigt fébrile leur code bancaire. Sunil, qui travaille dans le domaine du marketing, s?est déjà fait piéger. ?Soit on a surfacturé des articles, soit le même item est passé deux fois sur la note. Depuis, je fais doublement attention.? Une attitude qui tient lieu de règle parmi les clients que nous rencontrons.
Ce sentiment se vérifie au Winners de Triolet. Tout comme à Goodlands, la clientèle est timide. Serait-ce dû aux prix ? Les avis divergent. Fazal Ebrahim Dawood cite l?out-sourcing, c?est-à-dire les supermarchés qui se tournent vers des fournisseurs nettement plus rapprochés géographiquement. ?Au lieu d?importer des produits de l?Union européenne, on se tourne vers l?Afrique du Sud. En termes de fret, cela coûte moins cher.?
Wilson Murday, responsable du rayon alimentation chez Jumbo, à Phoenix, est plus mitigé. ?Nos ventes ont augmenté d?environ 20 % par rapport à l?année dernière, mais les prix ont suivi. Surtout sur les vins. Cela vient du fait que le rand a doublé.?
Mais les questions du taux de change dépassent l?entendement de Nadine. Le joli sourire qu?elle adresse à Bernard est son plus beau cadeau de Noël.
boissons gazeuses
Un secteur en effervescence
- L?été sera chaud. Les distributeurs de boissons gazeuses sont débordés et les ventes explosent. Les professionnels utilisent diverses stratégies pour se démarquer : packaging attrayant, campagnes agressives et promotions alléchantes.
Trois principales compagnies se disputent ce juteux marché : Phoenix Breweries, Quality Beverages et la Compagnie industrielle de Pailles. Elles distribuent plusieurs produits mais ont chacune leur marque phare : Coca Cola, Pepsi, et Eski.
Claude Pougnet, directeur général de Phoenix Breweries, est content. Et même s?il préfère ne pas donner ses chiffres, il reconnaît que la période est faste. A tel point qu?il a même dû prendre des camions taxis pour faire des livraisons aux fournisseurs.
Sa stratégie est bien rodée. Pour devancer ses concurrents il a tout simplement offert ses produits (Fanta, Sprite, Coca) a un prix promotionnel aux détaillants. Du coup les boutiquiers et autres réseaux de distribution ont fait le plein de stock avec à la revente des marges de profits plus importantes. L?opération s?est déroulée entre novembre et le 7 décembre.
En sus de la pub et de la promotion, les distributeurs se doivent d?innover. La Compagnie Industrielle de Pailles (qui représente Eski, Orangina, et les jus Réa et Diego) et Quality Beverages (Pepsi, Mirinda, Seven-up, C top) cherchent de nouveaux créneaux. Phoenix Breweries, de son côté, préfère consolider ses assises.
Ainsi, fin novembre, la Compagnie Industrielle de Pailles a lancé l?Eski à la pulple de tamarin. Et le succès est au rendez-vous, confirme Thierry Lancien, le directeur général. Tout a été calculé pour inciter le consommateur. Le packaging est attrayant. La bouteille est colorée et le produit est sans colorant ni arôme artificiel. Il est même exporté vers plusieurs pays d?Europe, notamment chez des boutiquiers mauriciens.
Pour contre-attaquer, Quality Beverages (Currimjee) a lancé en octobre dernier la limonade C top. La société n?avait encore jamais exploité le segment des petits logements. Le pari était risqué, mais le produit a été bien accueilli. Proposée en six parfums en bouteille de 350 ml, cette boisson vise principalement les écoliers. Pratique, petit, et pas cher (Rs 6,5), ses couleurs attirent les enfants. Le directeur commercial, Clifford Duthil est satisfait du résultat. ?Le produit marche très bien alors qu?aucune pub n?a encore été faite.?
Dans le secteur de la boisson, l?innovation est primordiale. Les entreprises doivent sans cesse s?employer à grignoter des parts de marché en offrant des produits ayant un bon rapport qualité-prix. Même si C top connaît un grand succès, Pepsi et ses dérivés à savoir Pepsi Twist et Pepsi au citron restent toutefois pour le goupe Currimjee la principale source de vente.
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