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« Redonner au badminton ses lettres de noblesse »
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« Redonner au badminton ses lettres de noblesse »
Le badminton local a vécu les pires moments de son existence avec les guerres intestines entre certains membres de la fédération. Le niveau a également chuté. Que comptez-vous entreprendre pour refaire l?image de cette discipline ?
On apprend certainement du passé mais l?important pour moi c?est l?avenir. Tout d?abord, il faut redonner à cette discipline ses lettres de noblesse. C?est-à-dire retrouver le niveau d?antan. Pour ce faire, il faut miser sur la formation de l?élite. Nous devons commencer par combler le vide qui existe à la tête de la sélection nationale. C?est-à-dire trouver un directeur technique national le plus vite possible. En attendant, nous avons proposé à Annirao Dajee, qui est responsable des entraînements de l?équipe juniors, d?assumer cette tâche.
En deuxième lieu, nous allons nous concentrer sur le développement du badminton dans l?île. Personnellement, j?estime qu?il faut une vision à long terme. Et ma vision est d?avoir, peu importe qui sera à la tête de la fédération, des Mauriciens classés parmi les 50 premiers mondiaux en 2012. Si nous pouvons avoir un Stephan Buckland et un Éric Milazar en athlétisme qui côtoient le gratin mondial, pourquoi pas en badminton ?
Nous allons également nous tourner vers les clubs. Nous avons vu dans le passé que beaucoup de grands joueurs venaient des clubs. Nous voulons reprendre en compte cet aspect en redonnant vie aux clubs. Nous allons les aider à créer des pépinières qui alimenteront les sélections nationales.
Un sous-comité a été créé à cet effet. Il est composé de Naz Teeroovengadum, Sanjay Goboodhun et de Shivanand Kurrunchand.
Le comité a convoqué une réunion pour le samedi 27 décembre. L?AMB aidera par la même occasion les clubs à se mettre en conformité avec la loi.
Un troisième aspect consiste à agrandir la base de la pyramide en élargissant le concept famille. C?est-à-dire au lieu qu?une famille vienne seule au gymnase, elle pourra encourager ses voisins à l?accompagner. À partir de là nous pourrons détecter les jeunes talents. Ce projet cadre bien avec le concept de la régionalisation.
Quelles sont vos priorités immédiates ?
Se qualifier pour la finale de la Thomas et Uber Cup et les Jeux olympiques d?Athènes 2004, atteindre le niveau voulu pour les internationaux de Maurice ? qui seront le dernier tournoi avant la fin de la période qualificative qui s?achève le 30 avril 2004 ? et le Championnat d?Afrique. Ces deux compétitions sont programmées pour avril 2004.
Étant donné que le niveau du badminton local a chuté, ne pensez-vous pas que ce serait une perte de temps et d?argent d?envoyer des joueurs non préparés aux JO ?
Il y a deux joueurs qui sont bénéficiaires d?une bourse de la Solidarité olympique dans l?optique des JO, à savoir Amrita Sawaram et Denis Constantin. Ils ont donc un engagement vis-à-vis du Comité international olympique. Bien sûr, il revient aussi au Managing Committee d?assurer qu?ils ont le niveau nécessaire pour représenter le pays à ces Jeux. Je pense que s?ils atteignent le niveau voulu, they must be able to participate.
Pourtant, si l?on se fie au dernier classement de la Fédération internationale, c?est Karen Foo Kune (116e mondiale) qui, après la Sud-Africaine Michelle Edwards (60e mondiale), a les meilleures chances de se qualifier pour les JO. L?AMB va-t-elle cette soutenir cette dernière dans sa quête pour une qualification ?
L?AMB est là pour aider tous les joueurs qui ont l?ambition de réussir. Dans le cas de Karen Foo Kune, il m?est difficile de vous répondre sans consulter le Managing Committee. Notre préoccupation actuellement est de rembourser les prêts contractés par l?ancien comité. Une fois la situation financière régularisée, nous allons certainement voir dans quelle mesure nous pourrons l?aider.
L?ancien président a menacé de contester la validité des élections tenues samedi dernier auprès des autorités. Ne craignez-vous pas de vous retrouver dans une situation ?back to square one? ?
Non, pas du tout. Je respecte la décision de l?ancien président car c?est son droit constitutionnel. Mais je pense que les candidats ont suivi à la lettre les directives de l?ex-Managing Committee. Donc, il ne peut pas y avoir d?irrégularité. Venir dire au dernier moment qu?il y a problème prouve qu?il y a quelque chose qui cloche.
Naz Teeroovengadum a contesté officiellement la validité des élections régionales de Quatre-Bornes. Pourtant, il a été nommé secrétaire de la fédération. Vos commentaires?
Naz Teeroovengadum a effectivement contesté la validité des élections régionales de Quatre-Bornes. Mais il a tout de même suivi les procédures comme les autres. Il avait donc tout à fait le droit de poser sa candidature. S?il a changé d?attitude c?est peut-être qu?il avait eu vent que le ministère allait donner son accord pour le merging des régions. Pour ne pas tout perdre, il a sans doute préféré jouer le jeu. Pour ce qui est de sa nomination comme secrétaire, il était le seul à se porter candidat pour ce poste. Il n?y a pas eu de contre proposition. Cela dit, c?est une personne qui a une certaine connaissance qui pourrait être utile à la fédération pour que celle-ci atteigne ses objectifs?
Vous avez tenu votre première réunion du comité directeur mardi dernier. Peut-on connaître les décisions qui ont été prises ?
C?était une réunion très
coopérative. Il a été convenu que le nouveau comité prône la transparence à tous les niveaux, vis-à-vis des joueurs surtout. Nous avons décidé d?établir une ligne de communication avec les joueurs. Nous les avons rencontrés le même jour pour leur expliquer comment nous comptons opérer. Nous les avons informés que pour toutes leurs doléances ils doivent passer par leur représentant. Nous leur avons également proposé d?élire leur représentant qui pourra assister aux réunions du comité directeur au moins une fois par mois et aussi en cas de besoin. Il sera en quelque sorte le porte-parole des joueurs. Nous les avons également invités à nous soumettre leurs suggestions par rapport aux entraînements.
Autre aspect que nous avons traité est le profile du DTN que nous recherchons. Le premier critère exigé est la langue. Il faut qu?il puisse communiquer correctement soit en anglais soit en français. Secundo, il faut qu?il soit hautement qualifié tant sur le plan technique que pédagogique. Troisième critère imposé : il faut qu?il ait eu un passé de joueur. Et enfin, il faut qu?il ait de l?expérience en tant qu?entraîneur et qu?il puisse servir de sparring partner aux joueurs.
Le candidat choisi sera appelé à encadrer l?élite et surtout aider la fédération à développer le badminton à travers l?île.
Avez-vous déjà fait une demande pour l?embauche d?un DTN auprès du MJS ?
Nous l?avons fait depuis mardi dernier. Nous avons également envoyé une copie du profil recherché. Nous avons demandé à Raj Gaya, secrétaire de la Fédération africaine de badminton et membre du conseil exécutif de la Fédération internationale, qui se trouve actuellement en Malaisie, de discuter avec les autorités de ce pays pour l?éventuelle embauche d?un DTN malais.
« Ma vision est d?avoir, peu importe qui sera à la tête de la fédération, des Mauriciens classés parmi les 50 premiers mondiaux en 2012. »
Entretien réalisé par Neeta Persand
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