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De défis en défis
Développer un sport à Maurice, même le rugby, ce n?est pas donné. A cet effet, la Rugby Union se félicite d?avoir pu compter sur le soutien de partenaires ?crédibles, généreux, dévoués?. Si l?agence Concorde et l?hotêl Casuarina se sont associés au Tournoi de l?océan Indien, Volvo Penta, La Prudence Mauricienne et Securicor ont, eux, misé sur le plus long terme. Ils seront les parrains du rugby pour 2004, année qui verra la concrétisation d?un certain nombre de projets, à en croire Denis Ulcoq. L?acquisition d?un terrain agricole pour le développement d?un centre de rugby pourrait être de ceux-là. Mais n?allons pas trop vite.
Ce qui est par contre utile de souligner c?est que la Rugby Union a eu le mérite de relever la plupart des défis dont elle s?était fixés pour 2003 : développer et structurer les clubs, monter un championnat, entamer un travail de formation au niveau des écoles et des trois centres régionaux dont elle dispose, créer des sélections nationales pour les cadets, juniors et seniors, se positionner comme un partenaire crédible au niveau de l?océan Indien. Chapeau bas. Par contre, la presse aurait davantage apprécié si elle avait été tenue informée de la tenue de ce même championnat, qui a vu la victoire des Northern Pirates.
Développer le rugby à Maurice, oui, mais pas à n?importe quel prix. Denis Ulcoq n?a pas manqué, hier, de rappeler une phrase célèbre de l?entraîneur Yves Appriou, qui résume l?état d?esprit général. ?Le rugby est l?école de la vie. Il permet aux enfants de devenir des hommes et aux hommes de rester des enfants.? Et d?ajouter : ?Le rugby a ceci de particulier qu?il vit avant, pendant et après les matches.?
Bien trouvé. Tout comme la comparaison dressée par Gilbert Sunglee, président des Stags. ?Contrairement à ce qui se passe dans d?autres sports collectifs, l?essence du rugby reste la collectivité et la solidarité.? C?est pour cela sans doute que Denis Ulcoq s?inquiétait hier de savoir que le rugby mondial entamait une drôle de métamorphose, que l?argent était de plus en plus présent, que les profanes saluaient davantage les prouesses d?un Wilkinson, ?qui n?a rien fait de spécial si ce n?est de marquer?, alors que le travail initial d?un Mike Catt ?n?était pas reconnu à sa juste valeur?.
Il a par contre oublié de préciser que le charisme et l?aura de Johnny the King, ajoutés à ses qualités naturelles de buteur et ses traits de playboy ont contribué et contribueront pour encore quelques années à populariser un sport qui se plaignait jusqu?ici de ne pas jouir de la reconnaissance qu?il prétend mériter.
C?est sans doute cette approche à la fois traditionnelle, collégiale et pleine de vertus qui a plu à Alain Talbot, Managing Director de Volvo Penta et grand passionné de rugby lui-même. ?On a bien réfléchi avant d?investir dans ce sport. Il y a un travail sérieux qui est fait par la Rugby Union. Il ne fait pas de doute qu?on récoltera un jour ou l?autre les dividendes de ce partenariat. Je crois même que notre position sera très bientôt enviée par d?autres?, a-t-il confié hier à la presse. Si le rugby mauricien entame 2004 de la même façon qu?il a entamé 2003, alors, oui, Alain Talbot pourra se frotter les mains.
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