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Bhadain n?a pas eu l?opportunité de parler

10 décembre 2003, 20:00

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COUP DE THÉÂTRE hier à 16 heures au comité parlementaire de l?Independent Commission against Corruption (Icac) ! Alors que les observateurs attendent sagement les conclusions d?une audience annoncée depuis longtemps à son de trompe, voici que les quatre députés de l?opposition s?agitent dans le hall de l?Assemblée nationale. Le directeur des enquêtes, Roshi Bhadain, convoqué devant ce comité, et qui attend depuis plus d?une heure, ne comprend rien.

Arrivé vers 15 heures en compagnie de son épouse Rina, Roshi Bhadain a d?abord affiché ma sérénité. On pouvait le voir tour à tour consulter ses notes, faire le va-et-vient dans le hall et un brin de causette avec sa femme, fumer une cigarette de temps en temps.

Lorsqu?un bruit de pas est entendu dans l?escalier, tout le monde a cru qu?il allait pouvoir enfin s?expliquer. Son soulagement sera de courte durée. Au lieu du secrétaire du comité, il voit des membres de l?opposition, en colère. Stupeur?

Roshi Bhadain fait la chasse aux explications. Une incroyable péripétie de procédure va, en effet, lui interdire de parler. Le comité parlementaire, après une heure de discussion, vient de décider de reporter les débats et de solliciter l?avis du parquet (Voir hors-texte)

Et, dans l?immédiat, pour Roshi Bhadain qui attend depuis plusieurs jours pour s?expliquer, aucune réponse. Ceux présents veulent comprendre mais l?agitation qui règne rend l?atmosphère pesante. Les parlementaires de l?opposition sont furieux. Sollicité, le président du comité parlementaire, Racheed Daureeawoo, se refuse à toute déclaration. ?J?ai un droit de réserve. Il est malheureux que les membres de l?opposition ne respectent pas les débats d?un comité parlementaire?, soupire-t-il.

Côté opposition, on s'insurge : ?Nous avons effectué un walk-out. C?est très grave ce qui s?est passé. Il n'y a pas de volonté politique. Ils veulent paralyser l?Icac?, lance Arvin Boolell. Les parlementaires laissent éclater leur colère. ?L?Icac subira le même sort que l?Economic Crime Office?, soutient Madun Dulloo.

Une vraie scission dans la majorité

Quelques minutes plus tard, les députés Megduth Chumroo et Francoise Labelle, de la majorité, prennent la porte de sortie. Interpellée par ses collègues de l?opposition, Françoise Labelle soutient qu?elle part en raison d?autres engagements. Racheed Daureeawoo, explique le départ des deux députés par le fait que la réunion a été ajournée. Mais les membres de l?opposition estiment qu?il y a eu une vraie scission dans le groupe de la majorité, d?où ce départ précipité.

Un des opposants, Xavier-Luc Duval, lance à Françoise Labelle : ?Tu soutiens aussi notre cause?. Ce qu?elle récuse fermement. La discussion s?engage entre elle et le groupe de l?opposition. Elle leur reproche d?avoir cherché l?incident. Madun Dulloo et Arvin Boolell s?en défendent. ?Nous aurions pu trouver un consensus si vous n?étiez pas partis?, insiste-t-elle.

Interrogée, Françoise Labelle soutient que l?opposition a voulu faire son cinéma. ?Le comité n?était certes pas encore arrivé à une décision pour entendre Roshi Bhadain. Mais on y serait arrivé.?

Vers 16 h 10, le commissaire de l?Icac, souriant mais muet, quitte le hall de l?Assemblée nationale, en passant à deux pas de Roshi Bhadain. Il est accompagné de ses deux commissaires, Gérard Bisasur et Moussa Taujoo. La réunion est ajournée.

Entre-temps, Roshi Bhadain, en colère, monte au committee room, où s?est tenue la réunion, pour discuter avec Racheed Daureeawoo, en présence du député Maurice Allet. Le directeur des enquêtes proteste fermement de n?avoir pas eu l?occasion de se faire entendre. Racheed Daureeawoo lui promet qu?il sera écouté par la suite.

L?employée se rétracte

Roshi Bhadain est d?autant plus irrité qu?il ne connaît toujours pas la raison de sa suspension. Il quitte peu avant 16 h 30 l?enceinte de l?Assemblée et refuse, lui aussi, de parler à la presse. Il marmonne et laisse échapper son irritation devant les députés de l?opposition qui prennent aussi la porte de sortie.

A noter enfin que des milieux proches de l?Icac l?on affirmait, hier, que l?employée, qui avait allégué avoir subi des pressions pour récupérer des documents sur l?ordinateur de son supérieur, s?est rétractée. Sollicitée, elle a refusé de faire de commentaire. Son Chief Investigator est tout aussi avare de commentaire.

Report de procédure

L?objection de Navin Beekarry provoque des étincelles

  • C?est une lettre du commissaire Navin Beekarry qui a mis le feu aux poudres et abouti à l?invraisemblable report de la procédure dans la crise de l?Icac. Il faudra décidément attendre encore longtemps pour y voir clair. La lettre de Navin Beekarry a été présentée lors des travaux du comité parlementaire. Elle fait objection à ce que Roshi Bhadain, soit entendu par le comité.

Navin Beekarry pense que le directeur des enquêtes a commis un acte ?illégal? en divulguant des informations à la presse.

Par conséquent, il estime que seule l?Icac est habilitée à sanctionner Roshi Bhadain, et non le comité parlementaire. Racheed Daureeawoo, président du comité parlementaire, finalement préfère rechercher sur ce point l?avis du parquet.

Madun Dulloo, député de l?opposition, a protesté vivement. De vifs échanges de propos s?en sont suivis et ont duré plus d?une trentaine de minutes.

Xavier- Luc Duval soutenu par James Burty David a proposé une motion demandant aux parlementaires de voter sur l?audition éventuelle de Roshi Bhadain. Mais Racheed Daureeawoo n?est pas d?accord. Une des explications qui nous est parvenue veut qu?une telle motion n?était pas à l?ordre du jour. C?est en raison de ce refus que les parlementaires de l?opposition ont fait un ?walk- out?.

Les procédures du comité parlementaire institué sous le ?Prevention of Corruption Act? sont régies par les ?Standing Orders? de l?Assemblée nationale, comme c?est le cas pour les comités d?élite (Select committees).

En vertu de ces ?Standing Orders?, la présence de trois membres suffit pour atteindre un quorum. Au départ des quatre députés de l?opposition, il restait les cinq députés de la majorité gouvernementale. De ce fait après le départ de Françoise Labelle et de Meckduth Chumroo, il y avait encore le quorum pour que le comité parlementaire continue ses travaux avec la présence de Racheed Daureeawoo, Eric Guimbeau et Maurice Allet. Mais le comité parlementaire a choisi autrement? A noter que Rashid Beebeejaun était le seul membre de l?oppostion absent hier

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