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Questions à?Rada Tirvassen,
Le monde célèbre aujourd?hui la Journée des droits de l?homme. De quoi parle-t-on au juste ?
Les droits humains concernent la dignité humaine et de la justice sociale. Tous les hommes naissent égaux en dignité et en droits, quels que soient leur origine, confession, couleur, sexe, langue, fortune et opinion. Ils doivent pouvoir vivre dans un environnement libre, paisible et protégé, susceptible de favoriser leur épanouissement. Ces droits humains sont détaillés dans la Charte des Nations unies pour les droits de l?homme, datant de 1948. Ils relèvent, entre autres, de la liberté de mouvement, des droits au travail, à l?éducation, à la santé et à une vie culturelle.
Avoir des droits implique s?acquitter de certains devoirs...
Les droits ne doivent pas faire oublier les devoirs. Les deux sont liés. La liberté de l?un s?arrête là où commence celle d?un autre.
Le citoyen mauricien connaît-il ses droits et ses devoirs ?
Il y a un gros travail d?éducation. Il devra toucher policiers, responsables de prisons... L?école est un instrument idéal. Les médias et les syndicats ont un rôle à jouer, surtout auprès de ceux qui ne seront plus scolarisés.
Le gouvernement introduit la ?Citizenship Education? à l?école. Que peut-on attendre d?une telle décision ?
Il faut faire la distinction entre un projet d?éducation à la citoyenneté et un d?éducation aux droits humains, même si l?on peut établir des passerelles entre les deux. Si le gouvernement veut instaurer une éducation aux droits humains, il faut créer les conditions pour qu?elle réussisse. On pourra former des citoyens qui participeront à l?émergence d?une société civile forte.
L?Etat à qui il revient de protéger les droits de ses citoyens est souvent celui qui est le plus coupable de violations.
C?est un des constats les plus frappants. La campagne pour l?abolition de la torture d?Amnesty International a été précédée de la vulgarisation de rapports sur la violation systématique des droits humains par les agents de l?État. Ce sont souvent eux les premiers coupables.
Comment Maurice s?en sort-elle dans ce domaine ?
Il y a les violations connues du public comme la brutalité policière. Le rapport annuel d?Amnesty International qui constitue un audit des violations des droits humains dans le monde a souvent fait état de ces manquements. Mais il y a des formes de violations plus sournoises liées, entre autres, à une incapacité de la classe politique à gérer la pluralité culturelle avec le respect du mérite des citoyens. Nous avons de gros efforts à faire pour développer une culture des droits humains auprès des agents de l?Etat.
Le traitement des détenus en cellule suscite ces jours-ci des interrogations. Quelle est la gravité réelle du problème ?
Je ne suis pas en mesure de commenter la gravité du problème n?étant pas en possession des informations me permettant de le faire. Je pense que s?il n?y avait pas de problème, les gens ne se seraient pas révoltés.
Les droits de l?homme, c?est pour les riches. Que répondez- vous à ceux qui tiennent un tel discours ?
C?est un constat malheureusement vrai pour toutes les sociétés mais surtout vérifiable dans les pays en voie de développement, pour des raisons qu?il n?est pas nécessaire de développer ici.
Propos recueillis par Shyama Soondur
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