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Atman Ramchalaon sur la route de ses racines

24 novembre 2003, 20:00

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L?AVENTURE commence, il y a deux ans, avec la promesse faite à une mère. Atman Ramchalaon, Mauricien installé à Amsterdam, a choisi la Hollande pour son libéralisme. Il y réalise des documentaires pour la télévision nationale. Au cours d?une conversation téléphonique avec sa mère Cossila, âgée de 86 ans, qui vit à Triolet, celle-ci se dit triste de n?avoir jamais pu retracer ses origines. Elle lui fait promettre de faire des recherches. Atman ignore alors que cette mission lui prendra presque tout son temps pendant près de deux ans.

Le réalisateur sait seulement que son arrière-grand-père, Kuj Bihari Ramchalaon, est un Rajput originaire d?Anjorpur, un village situé dans le district de Ballia dans l?Etat de l?Uttar Pradesh en Inde. Il a peu d?informations sur son arrière-grand-mère, Laxminia Kokil, si ce n?est qu?elle vient du même village. Il ne dispose, comme indice, que d?un numéro de travailleur engagé : celui de son grand-oncle. Il conseille à sa mère de se rendre au Mahatma Gandhi Institute, qui conserve les registres des travailleurs engagés. Mais celle-ci n?obtient aucune information susceptible de l?aider. Ses tentatives d?en savoir plus par courrier électronique demeurent vaines. Atman Ramchalaon ne comprend pas comment le registre des archives des travailleurs engagés de plusieurs anciennes colonies britanniques est disponible sur le Net et pas ceux de Maurice.

Archives poussiéreuses

Atman expédie alors des e-mails en Inde. ?Là-bas, plusieurs villages peuvent porter le même nom. J?ai demandé à un ami basé en Inde de me confirmer l?existence d?Anjorpur.? Il décide alors de se rendre sur place pour étudier les archives de l?Etat de l?Uttar Pradesh et celles du Bihar, d?où sont issus la plupart des Mauriciens d?origine indienne. Le Mauricien est alors choqué par la vétusté des lieux : ?Les locaux abritant les archives sont poussiéreux. Les registres sont conservés dans des sacs de jute. Le pire est qu?ils ne sont pas indexés et que 70 % d?entre eux ont été rongés par les mites.?

Atman Ramchalaon réalise que ces documents ne lui seront d?aucune utilité. Il est découragé. Mais un policier le met en contact avec un collègue basé dans le village d?Anjorpur ce qui va faciliter ses recherches. Il découvre que son arrière-grand-mère est la fille d?un certain Bhadesar Rai, brahmine possédant des terres dans le village. Ce dernier, aux yeux des brahmines de la localité, aurait ?mésallié? sa fille en lui faisant épouser, vers 1892, Kunj Bihari Ramchalaon, qui n?est pas de la même caste qu?elle.

Atman Ramchalaon réalise des clichés d?Anjorpur. Il réussit à trouver la maison où a vécu son arrière-grand-mère et se rend compte que parmi les travailleurs engagés, les Britanniques avaient inclus bon nombre d?enfants en bas âge, portant encore l?innocence au fond de leurs prunelles. On les appelle les ?masooms?. Atman Ramchalaon photographie alors des gamins du village. Ses photos ont été exposées en grande première à l?Aappravasi Ghat le 2 novembre dernier, jour férié consacré aux travailleurs engagés. En les voyant, Cossila Ramchalaon n?a pu retenir ses larmes. Elle peut désormais ?mourir en paix??

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