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Chirac et Blair veulent cicatriser la plaie irakienne
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Chirac et Blair veulent cicatriser la plaie irakienne
TROIS JOURS après la fin de la visite de George W. Bush en Grande-Bretagne, son premier allié européen, Tony Blair, et son principal opposant, Jacques Chirac, se réunissent à Londres pour un sommet bilatéral qui devrait contribuer à cicatriser la plaie irakienne.
L?heure est à l?apaisement après les frictions nées de l?arrangement franco-allemand sur la Politique agricole commune (Pac), en octobre 2002, puis l?épreuve du conflit en Irak, qui a instillé l?incompréhension dans la relation franco-britannique.
Les deux parties s?accordent à reconnaître que les liens se ressoudent, même si les coups d?éclat du couple franco-allemand agacent au 10, Downing Street. ?La communication est rétablie et les relations sont bonnes?, dit-on dans l?entourage de Tony Blair. ?Le contexte est aujourd?hui différent, plus simple et plus favorable qu?il ne l?était au moment du sommet franco-britannique du Touquet?, juge Catherine Colonna, porte-parole de Jacques Chirac. ?Cela permet de faire encore mieux, de transformer l?essai sur les plans bilatéral et européen, de continuer à bâtir ensemble ce qui nous rassemble.?
La métaphore rugbystique n?invite guère à l?osmose depuis le sacre mondial du XV à la rose mais il est vrai que Paris et Londres partagent une approche sur plusieurs dossiers.
Après les attentats meurtriers d?Istanbul visant des intérêts britanniques, Blair et Chirac devraient réaffirmer leur détermination à lutter contre le terrorisme.
?Face à cette menace, nous agirons. Il nous faut resserrer les rangs, renforcer la coopération. La France prendra part à cette action collective?, dit la porte-parole de Jacques Chirac.
La défense en question
Les deux dirigeants évoqueront aussi le dossier nucléaire iranien, source de désaccord avec Washington, le conflit israélo-palestinien, l?Afghanistan et les crises africaines.
Les questions européennes, qui devraient figurer en bonne place dans l?ordre du jour du sommet, donneront à Tony Blair l?occasion de clarifier sa position sur la défense commune, dans un délicat exercice d?équilibrisme entre atlantisme et ?européanisme?. Soumis aux pressions des Américains, qui redoutent l?émergence d?une structure européenne de défense concurrente de l?Otan, les Britanniques se rapprochent à pas mesurés de Paris et Berlin sur le projet d?état-major de planification européen.
Le 29 avril, la France, l?Allemagne, la Belgique et le Luxembourg ont lancé l?idée d?un QG autonome de l?Alliance atlantique.
Le sommet de Berlin, le 20 septembre, entre Tony Blair et les deux chefs de file du ?camp de la paix?, a suscité la méfiance et l?irritation de Washington après que les Allemands eurent laissé entendre que Tony Blair était disposé à franchir le Rubicon en matière de défense européenne.
Les Français, conscients que le chef du gouvernement britannique joue une partie délicate, n?entendent pas brusquer leur voisin d?outre-Manche. ?On ne sait pas où en est Tony Blair, on veut aller pas à pas, travailler en commun pour trouver des solutions pragmatiques?, explique-t-on.
Les deux pays devraient toutefois tenter de raviver la dynamique du sommet de Saint-Malo (décembre 1998), qui avait lancé l?idée d?une force européenne d?intervention rapide, en adoptant lundi une déclaration commune sur la défense qui éluderait la question du QG.
?La France et le Royaume-Uni souhaitent maintenir le cap. Dans le cadre de la préparation de ce sommet, nous travaillons à une nouvelle déclaration sur la politique européenne de sécurité et de défense qui viserait à développer les capacités de réaction rapide de l?Union et à poursuivre le renforcement de ses capacités militaires effectives?, a indiqué vendredi Catherine Colonna.
Paris et Londres, qui ont une position proche sur le projet de Constitution européenne, approuvent le principe de ?coopérations structurées?, donc des avant-gardes de pays dans le domaine de la défense.
Au plan bilatéral, les ministres de l?Intérieur David Blunkett et Nicolas Sarkozy marqueront une nouvelle étape dans la ?coopération opérationnelle? entre les deux pays dans la lutte contre l?immigration en signant deux nouveaux accords de partenariat, notamment sur la surveillance des ports. A Tony Blair et Jacques Chirac les symboles, qui donneront le coup d?envoi des festivités du centenaire de l?Entente cordiale, accord qui consacra le 8 avril 1904 le ?soutien diplomatique mutuel? des ?anciens ennemis héréditaires?. Chacun aura à coeur de ne pas gâcher l?anniversaire.
Sophie Louet
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