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Ian et Erick Régnard prennent la vague
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Ian et Erick Régnard prennent la vague
IAN ET ERICK Régnard, Mauriciens établis en Australie, photographes du Surf du grand Noir et Blanc, nous présentent leur ?uvre unique, On Unfavourable days, une exposition de 59 photographies qui se tient jusqu?au 3 décembre au rez-de-chaussée de Rogers House, à Port-Louis. C?est, selon les promoteurs, la plus grosse manifestation photographique dans les annales de l?île Maurice. Les artistes sont là dans le cadre du Encounter Festival d?Australie à l?invitation du Haut commissaire australien, en partenariat avec le ministère du Tourisme et des Loisirs et aussi grâce au parrainage de la maison Rogers et de Air Mauritius.
L?exposition rassemble des pièces aux formats divers, du 15x15 cms au 76x99cms. Une collection où l?on retrouve Hawaï, Tahiti, Madagascar, La Réunion? L?on a, toutefois, un petit pincement au c?ur de ne point y trouver la moindre image de l?île Maurice. Outre les scènes de surf, superbes d?inattendu, et qui raviront chacun et tous, ? bien que trop rares pour justifier le titre On Unfavourable Days, il y en a pour tous les goûts. Un nu oppose la douceur de sa peau à la rudesse des rochers environnants. Il y a ceux que ravira Filipe Rose, l?Indien des Village People et de YMCA, photographié avec humour fumant un cigare sur le trône des toilettes
?L?île à grand spectacle?>
Magnifique, ce portrait de Melvi Brown, du noir sur noir éclairé seulement par la chemise d?un blanc immaculé et ce visage lumineux ! Corps habité d?un rythme irrésistible. On entend presque résonner ses pas, à la manière de Fred Astaire. Le mouvement ici est dans le temps de la capture. Jouant à la magicienne, encore plus rapide, la vitesse déclenchée retient d?un bond Barton Lynch hors de son tarpaulin. Il marche dans les airs.
Par effet de contraste, passant du noir du contre-jour aux gris et blanc laiteux des gouttelettes de la vague que prend la planche, par une composition hors du commun, le petit Malgache de Tulear sur son surf board dans un bonheur communicatif. Ici, en vue plongeante, la Rivière des Galets à l?Ile-S?ur glisse paresseusement au gré d?une vitesse lente, dans une lumière lunaire, au long de canyons aux dimensions de ?L?île à grand spectacle?. La lumière feutrée de l?heure arrondit les angles. On mesure la capacité du photographe à donner nouveau visage à un décor familier; à lever le voile sur une réalité autre
Les différents tons de gris qui illustrent Roger Luis, du Dirty Dozen Brass Band de Perth, aboutissent au blanc laiteux savoureux de son ?béret basque? qui ne peuvent que donner du bonheur. Sa clarinette résonne du jazz de la Nouvelle Orléans. Voici Monsieur Henri, le mage d?un soir à La Citadelle, sur le quai du métro aérien du 7e arrondissement à Paris. L?artiste a su capter chez Henri Salvador, à la fois cette tendresse inhérente, couplée à une manière de dérision, d?un regard humoristique sur lui-même, ?le Mathusalem de la chanson française?, et sur la vie. Les rails voyagent. Et le flou du pont au loin d?un gris savamment savoureux, au climat cotonneux, entraîne le regardeur enveloppé, sur les rives du rêve.
L?exposition itinérante était au SoHo?s Edward Carter Gallery à New York en juillet dernier, et à Paris en septembre. La première du genre, elle était aussi à Perth, Hongkong, et Sydney. L?impact aura été si fort que les négociations sont en cours pour accrocher l?exposition dans d?autres mégapoles prestigieuses. ?De tout le festival, qui contenait des peintures et bien d?autres choses, nos photos étaient les seuls items contemporains?, explique Ian, pour justifier le choix du Encounter Festival à leur égard. Mais, d?autres facteurs auront motivé ce choix. Le festival s?inscrit dans le cadre du projet Encounter Mauritius 2003, lié à la célébration du bicentenaire, cette année, des voyages de découverte des navigateurs français et anglais, Nicolas Baudin et Matthew Flinders dans les Terres australes.
Autres raisons : les jumeaux mauriciens vivent en Australie depuis vingt ans. Ils parlent anglais et français. Ils sont, de surcroît, les arrières, arrières, arrières? petits neveux de Toussaint Antoine de Chazal, auteur de la seule peinture existante de Matthew Flinders. Pour compléter le tableau de leur courte histoire à l?ascension fulgurante et les faits qui jouent en leur faveur, ils photographient au départ essentiellement du surf, thème lié à la mer. Episode prévisible, marqués qu?ils sont tant par un des hauts lieux du surf de leur enfance, Tamarin, que par Jacques Cousteau.
Ian et Erick sont photographes depuis douze ans, raconte Ian. Ils ont aujourd?hui leur compagnie, Tungsten, à Perth, sur la côte ouest de l?Ile-Continent. ?Nous sommes des senior photographers de Tracks Magazine, un des plus gros magazines de surf en Australie. Eric parcourt le monde pour photographier les compétitions. Il m?envoie les photos. Je fais le marketing à travers Tracks Magazine. J?envoie tout ce qui reste à 25 autres dans le monde : Surfing Mag, (USA), Surf Session (France), Surfing Life (Japon), Zig Zag (South Africa)?? En fonction de la qualité des oeuvres, ces derniers commanditeront à travers Ian des photos de thèmes divers. Les commandes seront exécutées indifféremment par Ian ou Erick, selon leur disponibilité.
Pourquoi On Unfavourable days ? ?Quand Erick parcourt le monde,pour photographier les compétitions?, raconte Ian, ?les conditions de surf ne sont pas toujours favorables. Six ans de cela, on a eu l?idée de choisir ces photos-là. Nous voulions montrer un autre aspect du surf, et montrer ces photos à des gens qui ne surfent pas. C?est pourquoi nous avons choisi d?exposer à New York, plutôt qu?à Los Angeles ; à Paris plutôt qu?à Biarritz.? Toutefois, depuis trois ans, les prises se sont diversifiées. ?Erick a décidé de faire les personnages importants. On voulait montrer qu?on pouvait faire aussi des portraits.?
Grands noms du surf
Ainsi, nous viennent avec la vague, non seulement les grands noms du surf, tels les internationaux Joel Tudor, Tom Carol, Kelly Slater le champion, ou encore Malia Jones, top modèle de L?Oréal ou autres, et des musiciens contemporains surfers, mais aussi des membres du Buena Vista Social Club dans une voiture à Sydney; Sir Richard Branson, de l?empire Branson, Virgin Records, Virgin Airlines, Virgin Condom?
Ces jeunes internationaux arrivent sur le marché de la photo à un moment où la discipline a le vent en poupe. The Weekend Australian Financial Review du 1-2 novembre 2003 en donne l?explication. Sous le titre : ?Buyers catch the shutter bug,? le journal rapporte de Lyndall Crisp, ?Private collectors are handing over six-figure sums as new money focuses on photography as an art form.? L?article rappelle que ?when it comes to collecting, photographs are the new paintings. Until recently the poor second cousin, photographs, are now pulling in big prices. Experienced buyers are seeking another medium to expand their existing collection and new money is focusing on photography as an art form.?
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