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L?hymne de Paul aux relations sacrées
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L?hymne de Paul aux relations sacrées
Umbilical and sacred. Tels sont les termes utilisés par le Premier ministre, Paul Bérenger, pour qualifier les relations entre l?Inde et l?île Maurice à chaque fois qu?il en a eu l?occasion pendant sa première visite d?Etat dans ce pays. Il reprendra la formule consacrée alors qu?il intervenait lors du banquet offert par son homologue Indien vendredi à Hyderabad House, à Delhi. « Le Premier ministre, l?Inde et les personnes d?origine indienne à travers le monde trouveront en moi un ami sincère, voire un frère, qui accorde beaucoup d?importance aux précieux liens d?amitié qu?il a développés avec vous-mêmes, vos collègues et le leader de l?opposition », a-t-il lancé solennellement.
Le mood est pour une consolidation de nos liens, ne cessera de dire Paul Bérenger à chacune de ses sorties publiques et dans les entrevues qu?il accorde aux médias indiens. Ce mood, selon lui, est largement tributaire des rapports amicaux personnels qui se sont tissés entre lui-même et les dirigeants indiens. Cette entente est beaucoup plus importante que les résultats, explique-t-il aux étudiants mauriciens venus le rencontrer au haut-commissariat mauricien à Delhi. «Les résultats sont également importants. Mais les amitiés personnelles sont quelque chose de formidable », fait-il ressortir.
Paul Bérenger ne manquera pas de rappeler les valeurs fortes que partagent les deux républiques: démocratie, laïcité et unité dans la diversité. «La sérénité avec laquelle le changement politique a été effectué récemment à Maurice est une démonstration éloquente de notre culture de démocratie et de coexistence harmonieuse », a-t-il souligné au banquet à la Hyderabad House.
Démocraties laïques et multiculturelles
Son hôte, Atal Bihari Vajpayee, a abondé dans le même sens. «L?amitié entre nos deux pays est basée sur une histoire commune. En tant que nations modernes avec des démocraties laïques et multiculturelles, nous avons d?autres liens. Nous partageons les mêmes perspectives sur plusieurs sujets au niveau global. Cela a permis à nos deux pays de travailler en étroite collaboration dans des forums internationaux, dont les Nations unies, le mouvement des non-alignés et le Commonwealth. »
À la suite de la visite du Premier ministre, il faudra définir les contours d?un nouvel accord cadre qui donnera un peu plus de sens à sa vision sur un éventuel partenariat économique entre l?Inde, Maurice et l?Afrique australe. Un groupe de travail sera constitué bientôt pour travailler sur ce dossier.
À vendredi midi, il y avait toujours le flou au sein de la délégation mauricienne quant au nombre d?accords à être signés le soir durant les discussions au niveau des délégations. La coordination entre les fonctionnaires mauriciens et leurs homologues indiens n?aura pas bien marché à ce niveau. Mais la volonté y était.
D?ailleurs, l?éventualité d?un accord de libre-échange évoqué par le Premier ministre a été annoncée vendredi dans une dépêche de l?agence Press Trust of India : « Mauritian Prime Minister, Paul Raymond Bérenger, who had detailed discussion with his Indian Counterpart Atal Bihari Vajpayee today, said the two countries were working towards an agreement which will be an eventual free-trade agreement.» Si l?accord se concrétise, il pourrait bien amener l?abolition des barrières tarifaires entre l?Inde et Maurice.
Malgré un emploi de temps très chargé, le Premier ministre a su garder son calme et son sourire. Sauf lors d?une fonction organisée jeudi soir par l?Indian Council for International Cooperation (ICIC) à Delhi. Alors qu?il prononçait le vote of thanks, un dirigeant de l?ICIC a failli provoquer un incident diplomatique.
L?intervenant, R.P.N. Singh, qui est en l?occurrence le directeur du Sir Seewoosagur Ramgoolam Medical College à Maurice, s?est permis de prodiguer des conseils au gouvernement mauricien sur tous les sujets au monde : technologie informatique, chômage, transformation économique, tourisme, secteur de services? Ses «suggestions et son constat, somme toute alarmiste» ? qui aurait fait tiquer le plus virulent des critiques de la politique économique mauricienne ? ont grandement irrité le Premier ministre, qui arrivait mal à cacher son exaspération.
Autant la journée de vendredi aura été infernale pour les visiteurs mauriciens, autant la journée de samedi a été largement consacrée à des moments de détente, avec en prime une visite au Taj Mahal, à Agra. Les membres de la délégation mauricienne seront quelque peu surpris, mais amusés, quand leur cortège a été hué par des touristes à la sortie du site historique. Ces derniers voulaient exprimer leur désapprobation d?avoir dû attendre longtemps dehors; l?enceinte du Taj Mahal ayant été fermé au public pendant des heures en raison de la visite de Paul Bérenger.
La délégation mauricienne visite aujourd?hui les parcs informatiques de Bangalore et elle rentre demain.
Bérenger vu par la presse indienne
Entre critiques et éloges?
L?événement médiatique de la semaine en Inde était la visite de Bill Clinton, l?ancien président américain. Mais les médias se sont aussi intéressés, dans une moindre mesure certes, à notre Premier ministre.
L?Inde avait découvert quelque peu Paul Bérenger en avril 2002, lors de sa visite officielle comme ministre des Finances. Mais cette fois c?est le PM qu?on accueillait. «New Delhi attend de faire la connaissance du nouveau Premier ministre de Maurice, Paul Bérenger», écrivait le Hindustan Times mercredi dernier. C?est chose faite. Les hauts dignitaires indiens et la presse à travers la flopée de journalistes de la presse écrite et parlée indienne ont découvert Bérenger.
Le « total bullshit » de Bérenger a un peu choqué, rapporte-on. Il réagissait à un article paru dans le même Hindustan Times sous le titre «Mauritian PM tilts against Indian firms.» Où le journaliste écrit : « Il y a des preuves pour dire que son gouvernement (celui de Bérenger NdlR) fait des heures supplémentaires pour empêcher les entreprises indiennes de décrocher des contrats à Maurice.» Après un tel article, la fureur de Bérenger était quand même un peu prévisible. Il peste déjà pour moins que ça à Maurice.
Hindustan Times semble avoir un faible pour Bérenger car le journaliste ne s?arrête pas là et le nargue encore un peu : « ?Bérenger joue ouvertement sur la sensibilité indienne. Il porte sherwanis et kurtas.» L?agacement de Paul Bérenger a peut-être amené Hindustan Times à vouloir rectifier le tir. Le journal a donc bienveillamment accueilli un papier d?opinion de Ved Pratap Vaidik, président du Council for Indian Foreign Policy (CIFP) pour limiter la casse.
Un grand destin prédit à Bérenger</B>
Ce dernier y loue la démocratie à Maurice. « Ce que nous n?avons pu faire dans les provinces de l?Inde, les Mauriciens l?ont accompli au niveau national », écrit-il. Vaidik prédit même un grand destin à Bérenger : « Ce ne sera pas une surprise si Bérenger arrive à accomplir quelque chose pour Maurice et la diaspora indienne dans le monde alors que les autres Premiers ministres d?origine indienne n?auront fait qu?en rêver.»
Le président du CIFP formule aussi son opinion sur l?approche qu?il croit que Paul Bérenger adoptera vis-à-vis de la communauté majoritaire à Maurice. «Les doutes de voir Maurice se transformer en un autre Fidji sont non fondés (?) Bérenger, plus que quiconque, sait qu?il aura à satisfaire la communauté majoritaire à Maurice», écrit-il.
Mais au-delà de la personne de Bérenger, la presse indienne s?est surtout intéressée à l?aspect coopération économique de la visite de Paul Bérenger. À ce chapitre, point d?éditorial ou d?article au ton dissonant ou polémique. La presse indienne s?est souvent contentée de comptes rendus des interventions et des déplacements de Paul Bérenger.
Le site web du journal Times of India (http://timesofindia.indiatimes.com/cms.dll/articleshow?msid=296124) propose toutefois aux internautes les vidéos de l?arrivée de Bérenger à Delhi et de sa rencontre avec Vajpayee.
Ailleurs le ton est à la sobriété. Le Financial Times reprend ainsi l?argumentaire de vente du gouvernement mauricien auprès des investisseurs indiens : pont d?accès vers l?Union européenne et les Etats-Unis, secteur financier fiable et attractif et proximité culturelle.
Absence d?articles de fond
L?Economic Times évoque quant à lui la possibilité pour Maurice de servir de disaster recovery site pour les grandes entreprises indiennes. Dans l?ensemble, les journaux ont choisi de rester très cliniques dans leur approche sans consacrer d?articles de fond sur les relations Inde-Maurice.
Les télévisions indiennes n?ont pas dérogé à la règle, dont la télé nationale Doordarshan. Elles ont suivi presque tous les déplacements de Paul Bérenger mais, là encore, on a davantage parlé du volet économique. À lire la presse indienne, si Bérenger voulait effectuer un business trip en Inde, il l?a sans aucun doute réussi.
L?Inde en chiffres
-Superficie : 2 973 190 km répartis en 28 États et 7 territoires de l?Union;
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Population : 1,049 milliard;
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Ressources naturelles : charbon, métaux, gaz naturel, diamants, pétrole;
l Principales industries : agriculture, textile, pétrochimie, agroalimentaire, mines, ciment, équipements, transport, banques et assurances, informatique;
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Produit intérieur brut : $ 514,4 milliards
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PIB/Tête : $ 460 (2001)
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Croissance économique : 4,8 % du PIB
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Déficit budgétaire : Rs 1 536 milliards (5,6 % du PIB)
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Inflation : 3,6 %
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Importations (biens) : $ 56,1 milliards
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Exportations(biens) : $ 48,8 milliards
Source : Department of Economics and Statistics of India
Impressions
Fièvre électorale à Delhi
La tournée du Premier ministre et de sa délégation dans la capitale indienne a lieu à un moment où les habitants de Delhi s?apprêtent à se rendre aux urnes pour les «State Elections» prévues le 1er décembre. Les politiques sont en pleine campagne électorale. D?ailleurs, le leader de l?opposition, Sonia Gandhi, a dû interrompre ses activités politiques momentanément pour venir rencontrer Paul Bérenger à l?hôtel Oberoi. Ce tête-à-tête ne fut confirmé qu?à la mi-journée de vendredi à la faveur d?un changement de calendrier.
La candidate du « Congress », Sheila Dikshit, Chef ministre sortant de Delhi, a toutes les chances de se faire réélire. L?électorat de Delhi lui ferait une fois de plus confiance car elle a eu un bilan très positif, selon les journaux, grâce à ses initiatives pour moderniser le système de transport interne et pour réduire le niveau de pollution dans la cité. Son rival du « Bharatiya Janata Party » (BJP), Madan Lal Kurana, a un lourd handicap dans cette bataille pour le contrôle de la capitale, traditionnel bastion du «Congress».
La campagne électorale à Delhi n?a rien de comparable à celle que nous connaissons à Maurice. Pas d?affichage sauvage et de rassemblements à gauche et à droite. Outre la télévision, les nouvelles technologies de communication sont mises à contribution. Le SMS, qui est déjà un puissant outil de marketing très utilisé dans certains métropoles indiennes, ne pouvait laisser insensible les politiques. Le BJP fut le premier à se servir de cette technologie pour faire passer son message aux électeurs. Le «Congress», de son côté, n?a pas tardé à faire de même. Question de ne pas se laisser distancer dans cette cybercourse électorale.
Loin de se laisser prendre au piège de la fièvre électorale, le centre administratif de Delhi continue à arborer son caractère austère qu?il emprunte fièrement de son passé colonial. Les réminiscences de la défunte Raj britannique y sont bien vivantes dans ce haut lieu de l?Establishment indien surtout à travers l?architecture des bâtiments publics. Delhi est une ville bien sereine bien qu?elle soit en permanence sur le «hit list» de certaines organisations terroristes. Le syndrome sécuritaire, encore moins toute impression de psychose, n?y est guère apparent même si les forces de sécurité veillent au grain dans les quartiers à risque notamment les bâtiments abritant les services gouvernementaux et les lieux fréquentés de la ville.
Les journalistes mauriciens sur place ont d?ailleurs fait l?expérience de ce minutieux dispositif de sécurité en se rendant chez le président de la République et chez le Premier ministre indien vendredi. L?attaque terroriste contre le Parlement indien en décembre 2001 a poussé les autorités à ne pas prendre de risques.
Mais Delhi c?est aussi le haut lieu de la nouvelle génération de «yuppies» indiens. Cette fois-ci il s?agit de jeunes cadres et entrepreneurs fraîchement sortis des moules «western minds with Indian soul». Dynamiques, très mobiles et arborant des allures sûres d?eux-mêmes, ils sont partout sur la place. Parmi, un nombre grandissant de « self starters » qui n?ont pas hérité du business de papi?
Ramgoolam : « L?image du pays ternie»
Navin Ramgoolam est d?avis que l?image de marque de l?île Maurice a pris un sale coup en Inde. Lors d?un point de presse hier, il a estimé que le traitement accordé à la firme indienne de construction Larsen & Toubro dans l?attribution du contrat pour le quartier général de la Banque de Maurice n?a pas été apprécié à Delhi.
Le leader de l?opposition allègue qu?une firme locale a été favorisée au détriment de la firme indienne. Il soutient que l?affaire est mal perçue en Inde et qu?elle a suscité une polémique lors de la visite du Premier ministre en Inde.
Cette affaire, dit Ramgoolam, a créé la perception que pour l?attribution de contrats sur appels d?offres internationaux, les règles d?éthique ne sont pas respectées à Maurice. Il a cité le cas d?Emirates Trading Agency qui, selon lui, n?aurait pas apprécié la façon dont un contrat pour la fourniture de ciment à Maurice a été attribué.
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