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Querelle sur la route : un policier en civil tabasse un menuisier
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Querelle sur la route : un policier en civil tabasse un menuisier
Un sourire forcé sur les lèvres, Denise, 40 ans, ne cesse de fixer son époux, Christian. Elle a eu la peur de sa vie samedi dernier lorsqu?il a été violemment pris à partie par un policier à Bois-Pignolet. Le couple Mérite rentrait chez lui à Notre-Dame, Montagne-Longue, lorsque l?incident a éclaté après une prise de bec entre automobilistes. « Il était près de 23 heures. On revenait, avec notre fils de 9 ans, de Triolet. Arrivée à hauteur de Bois-Pignolet, la voiture qui était devant moi a mis son clignotant gauche et a ralenti tout en faisant un grand écart à droite. Comme je roulais à vive allure, j?ai été obligée me rabattre sur la droite pour ne pas l?emboutir », relate Denise.
Exaspéré par le geste du conducteur, Christian vocifère : « To pé fer cirque ! » Le couple continue son chemin malgré tout, lorsque la voiture les prend en chasse. « Il nous a suivis sur 500 mètres, nous a doublés avant de faire une queue de poisson pour nous barrer la route. Le conducteur était vert de rage. Il s?est dirigé vers moi et il a lancé to conné are kisane la pé gagne zafer ? Mo éne garde mwa. Je suis descendu de voiture et je lui ai demandé ki pou arrivé ? Il m?a alors insulté et je l?ai injurié à mon tour », raconte Christian. La prise de bec se transforme vite en pugilat. Christian est déjà K.-O. au premier round car le policier lui assène un coup de pied à la hanche et lui fait un croc en jambes pour lui faire perdre l?équilibre. « C?était horrible. Il a poussé mon mari au sol et l?a piétiné. Une femme dans l?autre voiture a demandé à l?agresseur de cesser de battre mon mari car il risquait de le tuer », se lamente Denise. Et voilà qu?une voiture avec plusieurs individus s?amène. Affolé devant la tournure des événements, Denise se rue vers le poste de police de Terre-Rouge.
« Trois fourgonnettes de police se sont déplacées. Sur place, les agents ont voulu effectuer un alcootest sur mon mari alors que je leur avais expliqué que c?est moi qui conduisais. Ils ont refusé de consigner notre déposition. Au poste, des policiers ont emmené mon mari dehors et lui ont dit de ne pas donner de suites à cet incident. » Christian proteste et demande à être transporté à l?hôpital car il souffre. « Bane la ine dire mwa fini sa la mem. Zot pé dire mwa alle discute avec boug kine bate mwa là dans éne loto et ki li mem pou amène mwa lopital. Zot dire mwa dire mo madam rentre lakaz, mone réfizé », affirme le menuisier.
Le policier impliqué suivra le couple jusqu?à l?hôpital du Nord et leur aurait présenté ses excuses. Christian apprend alors que son agresseur est affecté au poste de Roche-Bois. Le lendemain, il reçoit la visite d?un ami, et, surprise, il apprend que l?agresseur n?est autre que? le fils de ce dernier. Christian tient cependant à porter plainte contre le policier, ayant passé quatre jours à l?hôpital. Il a entamé des démarches avec l?aide de l?avocat Jean-Claude Bibi pour intenter un procès à son agresseur. Le couple a aussi saisi la Commission des droits de l?homme. Du côté de la police, on refuse de commenter cet incident car le policier n?était pas en service au moment des faits.
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