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Nuage de cendressur La Plantation et l?Oberoi
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Nuage de cendressur La Plantation et l?Oberoi
Des tongs aux pieds, vêtue d?un short et d?un débardeur, une jeune femme blonde s?acharne à circonscrire l?incendie qui ravage le terrain vague longeant la maison de ses amis à l?aide d?un tuyau d?arrosage. Voilà une heure que Carol Fernandes lutte sans relâche contre le feu, bravant le rideau de fumée et l?odeur âcre des pneus calcinés. Ce vendredi, vers midi, l?Espagnole se prélassait sur la plage publique de Balaclava lorsqu?elle a vu les flammes lécher le toit en chaume de l?hôtel La Plantation avant que les escarbilles n?atteignent l?Oberoi situé de l?autre côté de la Baie-aux-Tortues. « Je ne sais pas comment le feu s?est déclaré. Mon premier réflexe a été de rentrer chez mes amis qui habitent non loin de là car leurs enfants étaient à la maison avec la femme de ménage», confie la touriste en arrosant les braises.
Un portable collé à l?oreille, son amie Cendrine de Chalain parle avec son mari. Il travaille au boat house jouxtant l?hôtel, d?où l?inquiétude qui se lit sur son visage. « Je revenais de Port-Louis lorsque j?ai vu mes enfants qui criaient au feu dans la rue. Il y avait bien plus de policiers que de pompiers sur le terrain. Ces derniers n?ont fait que s?occuper des deux hôtels. Ils ne se sont nullement inquiétés pour les terrains en flammes. Depuis l?incendie du Victoria l?an dernier, je pensais que les hôteliers avaient appris leur leçon et qu?ils allaient cesser d?installer de la paille sur leurs toits », lance la jeune femme. L?incendie est loin d?être circonscrit à La Plantation, et Cendrine somme alors ses deux enfants de rester dans la cour.
La petite Shannon, 8 ans, est tout excitée par le déploiement des pompiers et des forces de l?ordre dans le morcellement de Balaclava. Quatorze mois après le terrible incendie qui a ravagé Le Victoria situé à quelques encablures, La Plantation et l?Oberoi sont soumis à la même malédiction. Les deux hôtels ont subi des pertes évaluées à plusieurs millions de roupies.
Le ministre du Tourisme, Nando Bodha, qui s?est rendu dans les établissements sinistrés a annoncé qu?une réunion de crise aurait lieu lundi pour faciliter la reconstruction des deux hôtels. « 20% de l?établissement a été touché. On a perdu le Spa, une villa royale et une dizaine de chambres », a expliqué le directeur général de l?Oberoi, Wilhelm Luxem au cours d?une rencontre improvisée avec la presse vendredi après-midi.
Pompier évanoui
Une voiture de police démarre en trombe au même moment avec à son bord un pompier évanoui. À La Plantation, des pompes installées dans la piscine servent à éteindre les braises du hall d?entrée et de la réception. Tout le bâtiment donnant sur la piscine a été ravagé. Deux colonnes de béton sont les seuls vestiges du luxe de cette partie de l?établissement.
Trop de vent
Assise dans un transat, Gene-viève Castang raconte la scène qui se déroule sous ses yeux dans une carte postale qu?elle adresse à son père. Deux semaines qu?elle loge à La Plantation et voilà que le jour de son départ, l?hôtel part en fumée.
« Avec un groupe d?anciens et de nouveaux employés de la mairie de Neuilly-sur-Seine, on avait organisé un voyage à Maurice. On ne tarissait pas d?éloges sur la beauté de l?hôtel. Le feu s?est déclaré dans un bâtiment à la sortie et a atteint le toit en chaume car il y avait trop de vent. Voilà comment l?autre l?hôtel a été touché. C?était un spectacle effrayant que ces poutres qui tombaient », explique cette ancienne secrétaire du ministre de l?Intérieur français, Nicolas Sarkozy.
« Les touristes ont été solidaires. On s?est tous donné la main pour déplacer les meubles et les instruments de musique. Les employés étaient consternés mais ils ne laissaient rien paraître. Les pompiers ont toutefois tardé à venir? » constate Hyacinte, un Parisien venu en vacances à Maurice il y a deux semaines avec sa femme Manuela. Alors que le couple rentrait enFrance avec un groupe de trente-sept autres touristes, vendredi soir, les autres résidents de l?hôtel, comme ceux de l?Oberoi, ont été dirigés vers d?autres établissements.
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