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Merven-Wong cinq ans après
Le hasard fait parfois bien les choses. Cet après-midi à 16 h, sur la terre battue du Rose-Hill Tennis Club, la finale de l?Anglo-Mauritius Open nous proposera un remake de ce qui constitua, en 1998, une des plus grosses surprises de l?histoire du tennis mauricien contemporain.
Cette année-là, en finale du UBP Open, sur la surface bitumée du Racing, le septuple champion de Maurice et ancien numéro un national Jean-François Merven fut battu par le débutant Kenny Wong. Du haut de ses 15 ans, l?élève surpassa le maître pour devenir, par la même occasion, le plus jeune joueur de tennis à remporter un tournoi Open à Maurice.
Depuis, beaucoup d?eau a coulé sous les ponts. Petit Kenny est entre-temps devenu grand, il a gagné en maturité et son jeu s?est drôlement étoffé. Ce n?est pas un hasard si l?un des plus fiers représentants de l?exceptionnelle génération Franck Buoro a su dominer Alexandre Daruty en demi-finale (6-4, 6-3), cela après avoir allègrement franchi le cap de deux premiers tours, d?abord contre le vétéran Gérard Mamet (6-0, 6-0), puis contre la tête de série n°8 Dimesh Gujadhur (6-1, 6-1).
Merven, lui, a été rattrapé par la malchance. Victime d?une déchirure complète des ligaments du genou, il a été contraint de s?éloigner des courts et a dû subir au passage deux grosses opérations en France. On le donnait d?ailleurs perdu à jamais pour le tennis.
Mais en passionné, le grand Jeff, comme le surnomment ses amis, a su rebondir. Pour son retour à la compétition ce mois-ci, à l?occasion de l?Anglo-Mauritius Open, cela après une très longue absence, Merven a prouvé qu?il avait encore de beaux restes en faisant tomber tout à tour trois têtes de série : le numéro 4 Abdullah Toorawa en huitième de finale (6-2, 6-2), le n°5 Laurent Piat en quarts de finale (7-6, 7-6) et, pour finir, le numéro un Simon Koenig en demi-finale (6-4, 1-6, 6-4). « C?est bien plus qu?un match de tennis que j?ai gagné ce soir », avait déclaré Merven, en larmes, à sa sortie du court mercredi, au terme d?une demi-finale étonnante qui le vit combler un déficit de 4-1, 30-0 au troisième set en faveur de Koenig.
Si Merven n?a jusqu?ici jamais vraiment eu l?occasion de prendre sa revanche sur Wong, il n?en fait toutefois pas une fixation sur le match de cet après-midi. « Bien sûr que j?aimerais gagner ce match. Ne dit-on pas que l?appétit vient en mangeant. Mais, en réalité, ma vraie victoire, je l?ai acquise contre Koenig en demi-finale. Pour moi tout le reste ne sera que bonus », confie-t-il.
Kenny Wong, lui, n?a pas oublié son exploit de 1998, conscient que ce titre acquis au Racing Club de Maurice avait véritablement enclenché sa carrière. « Rien que pour ça, c?est vraiment chouette de retrouver Jean-François Merven. »
Cette fois, cela dit, les rôles seront inversés. C?est lui qui partira favori. Et c?est lui qui aura la pression.
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