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La grande marche de protestation des pacifistes britanniques
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La grande marche de protestation des pacifistes britanniques
«Fier de mon pays, honte de mon président.» Au côté des opposants à l'intervention militaire en Irak, des expatriés américains arboraient des pancartes hostiles au chef de la Maison-Blanche, jeudi, à la grande marche de protestation contre la présence de George W. Bush, à Londres. «Nous aimons l'Amérique, mais nous détestons Bush», proclamaient, en écho, des pacifistes britanniques.
De fait, ce n'est pas un Etat ni une nation que stigmatisaient, à Trafalgar Square, les retraités venus de Birmingham, de Newcastle et des Midlands, les lycéens de Camden ou les étudiants de University College. C'était bel et bien le président dont le nom, taché de sang, figurait sur des milliers d'affiches arborées comme une souillure indélébile, par les protestataires de la coalition «Arrêtez la guerre».
Que M. Bush soit, ainsi, stigmatisé le jour même d'un nouveau carnage perpétré à Istanbul, vraisemblablement par les zélateurs d'al-Qaida, rendait l'accusation incongrue. Pas un reproche visible, en effet, aux terroristes qui se réclament de Ben Laden. Un parti pris à propos duquel le président des Etats-Unis n'a pas d'explication pertinente. Interrogé, à la mi-journée, lors de sa conférence de presse conjointe avec Tony Blair sur les raisons de «la haine et la crainte» qu'il inspire à nombre de Britanniques, George W. Bush s'en est tenu à un constat amer. «Je ne sais pas s'ils me haïssent. Mais, la liberté est une chose merveilleuse. Et ce dont je suis sûr, c'est que jusqu'à une date récente, les Irakiens en étaient privés.»
Pas question de «flancher»
Le 20 mars dernier, George W. Bush autorisait les premières frappes aériennes sur Bagdad. Hier, huit mois plus tard très précisément, il s'entretenait, à Londres, avec Tony Blair, son indéfectible allié dans l'offensive militaire. Dans la rue, les manifestants, jeunes et moins jeunes, militants et apolitiques choqués, ceux-ci par une guerre que d'aucuns qualifient de «précipitée» et d'«illégale», défilaient dans le centre de Londres, comme en février dernier, pour exprimer leur refus de la force comme prolongement de la politique. Même détermination, à huit mois d'intervalle. Et même impuissance.
Au sommet, entre les deux alliés, l'accord est parfait ? du moins, en public ? sur la conduite à tenir en Irak. C'est avec leurs opinions, du moins une large partie d'entre elles, que MM. Bush et Blair sont en décalage. Hier après-midi, de Malet Street, à proximité de l'université de Londres d'où s'est élancée la marche de protestation, à son point d'arrivée, à Trafalgar Square, quelque 60 000 manifestants réclamaient le départ des troupes d'occupation. «No way» (Pas question) répondaient en choeur, le président et le premier ministre, lors de leur conférence de presse. «Je comprends parfaitement les gens qui n'aiment pas la guerre. Mais j'espère qu'ils sont d'accord avec la paix, l'indépendance et la liberté» qu'elle apporte, observait George W. Bush.
L'intervention américano-britannique en Irak est «noble et nécessaire», ajoutait-il. Non seulement parce qu'elle a libéré le peuple irakien d'un tyran sanguinaire ? «à ce jour 400 000 cadavres ont été retrouvés dans les charniers» du régime baasiste, affirme Tony Blair ? mais parce qu'elle doit permettre l'instauration de la démocratie dans la région. La rue, incrédule et sourde à ces raisons, dénonçait les deux hommes d'Etat comme des «bouchers» et des «criminels de guerre» à déférer devant les assises.
«Nous ne quitterons l'Irak, qu'une fois le travail achevé», martelait George W. Bush. «Nous y emploierons le nombre de soldats nécessaire», ajoutait-il, approuvé par un Tony Blair, sur la même longueur d'onde et affichant une résolution ostentatoire. Pas question de «flancher» insistait le premier ministre. Les nouveaux attentats d'Istanbul qui visaient à la fois les intérêts britanniques mais aussi la Turquie, illustrent bien, en effet, qu'une guerre est en cours entre les Etats libres et le terrorisme.
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