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Les Irlandais contre l?Angleterre !

17 novembre 2003, 20:00

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<B>Entre</B> une rancoeur d?une semaine et une inimitié séculaire, les amateurs de rugby irlandais n?avaient pas hésité une seconde dimanche, drapant leur coeur de bleu pour regarder la demi-finale de Coupe du monde opposant la France et l?Angleterre.

Deux mi-temps, une défaite française et quelques pintes plus tard, n?écoutant que leurs racines, les supporters du Quinze au trèfle se sont ralliés sans aucun état d?âme à l?Australie, qui défendra son titre face aux Anglais dimanche prochain.

?De toute façon, l?Australie, c?est plein de criminels et de réfugiés politiques venus d?Irlande alors...?, plaisante Owen McSweeney, qui ne mâche pas ses critiques sur le jeu des Blancs.

?Le rugby des Anglais, c?est à peu près aussi ennuyant que le football des Allemands?, assène celui qui avait prudemment pronostiqué, avant le match, une victoire ?nette? sans dire à qui elle reviendrait. Pour la semaine prochaine, ?ma tête dit Angleterre mais mon coeur crie Australie?, conclut-il, un brin dépité.

Parmi les supporters du Quinze au trèfle, la défaite des joueurs de Bernard Laporte 24 à 7 à Sydney est encore plus difficile à avaler qu?elle signifie que l?équipe anglaise pourrait devenir la meilleure du monde dimanche prochain.

?Assez rapidement, les gens se sont résignés parce que le match était déséquilibré mais on voulait tous que quelqu?un arrête les Anglais sur leur route?, avoue Menina, serveuse irlandaise évoluant en terrain ennemi dimanche matin : un pub anglais de l?ouest parisien bondé pour l?occasion.

Dilemme au ?Frog & Rosbif?

Sept jours après la victoire éclatante des Français sur l?Irlande 43 à 21 à Melbourne en demi-finale, les Irlandais ne semblaient pourtant pas en vouloir aux Bleus et n?avaient pas mégoté leur soutien.

?A part voir l?Irlande gagner, il n?y a rien de meilleur que de voir quelqu?un battre l?Angleterre?, estime Clayton Love, désespérément à la recherche d?un pub retransmettant la rencontre à quelques secondes du coup d?envoi. Dans les rues de Paris, le contraste est en effet saisissant et le crachin ?so british? qui détrempe la capitale depuis l?aube n?y est peut-être pas pour rien en ce dimanche 16 novembre.

Une semaine plus tôt, il faisait grand beau et les pubs irlandais de la capitale, du Shannon au James Joyce, débordaient de spectateurs ayant troqué leur café matinal pour une toute aussi noire pinte de Guinness.

Cette fois ? dépit, peur de la pluie ou envie de grasse matinée ?, plusieurs bars avaient finalement choisi de ne pas ouvrir en matinée. En revanche, les pubs anglais affichaient complet avant même le coup d?envoi.

Au Frog & Rosbif, au nom prédestiné en ce jour d?affrontement franco-britannique, plus de 300 personnes s?étaient massées sous les deux écrans géants, dont une bonne moitié de Français. ?Des masochistes?, souffle une serveuse à l?accent cockney.

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