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Un homme parmi les tombes

16 novembre 2003, 20:00

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L?histoire du cimetière de Pamplemousses n?est pas très connue des Mauriciens, encore moins des touristes qui sont pourtant les visiteurs les plus intéressés. Faute d?archives, il est difficile de retracer la date de sa création.

L?état du lieu, qui laissait beaucoup à désirer il y a quelques années, s?est beaucoup amélioré depuis qu?il est géré par un Français, Raymond Govart. L?homme, qui porte toujours un paquet de documents et de plans sous le bras, estime lui, que le cimetière doit être antérieur à 1748 puisque la plus ancienne tombe date de cette époque. C?est celle d?un prêtre, né en 1716. Toutefois, il est d?avis qu?il existe de plus anciennes tombes, mais la preuve doit être faite.

Son argument est partagé par Yvan Martial, journaliste-historien, qui souligne que ce cimetière doit remonter aux alentours de 1743, date de la construction de l?église St-François d?Assises.

Raymond Govart est d?avis que c?est le troisième plus vieux cimetière du pays. Les deux autres se trouvant dans le Sud.

C?est, en effet, en 1997 que Raymond Govart rencontre un dénommé Pierre Claîte, qui lui demande de nettoyer les tombes françaises. C?est à partir de là, qu?il va apprendre que plusieurs personnalités (dont Mgr Buonavita, aumônier, de Napoléon Bonaparte et Adrien d?Epinay, qui négocia avec les Anglais pour une compensation aux propriétaires d?esclaves à Maurice), y sont enterrées. ?Parmi ceux qui y ont leur sépulture, il y en a beaucoup qui ont vécu la Révolution française?, dit-il. Il travaille en étroite collaboration avec Claude de Villecourt, président du comité de gestion du cimetière. Son travail sur le site étant très apprécié, Raymond Govart, qui travaille sous la responsabilité d?un comité de la paroisse, s?est vu confier l?administration totale du cimetière. Il précise que c?est un cimetière privé, et que chaque personne doit débourser de sa poche pour les frais du fossoyeur.

Après des relevés, il estime qu?il y a plus de 2 000 concessions. De nombreuses tombes sont laissées à l?abandon et les épitaphes effacées. Quelques parcelles de terre sont toujours en vente. Le comité de gestion a répertorié les familles ayant des parents enterrés au cimetière pour leur demander une contribution mensuelle de Rs 150 annuellement. Près de 90% des gens concernés contribuent à ce fonds.

Pas de panneaux

Raymond Govart regrette que le cimetière ne dispose pas de panneaux indicateurs pour guider les visiteurs. ?Comme ils sont nombreux, les touristes qui y viennent sont complètement perdus. De temps à autre, je leur apporte mon aide, mais assez souvent, je suis occupé à nettoyer des tombes à l?autre extrémité et je ne peux les rencontrer?, dit-il.

Il affirme que le cimetière aurait pu être un lieu de promenade comme il en existe dans les pays européens. Mais connaissant la sensibilité des Mauriciens, il est d?avis que c?est une question qui devra être débattue.

Etant régulièrement sur le site, Raymond Govart est, chaque jour, témoin de scènes surprenantes. Il a vu, récemment, une femme déverser un bouteille de whisky? Johnny Walker en plus, sur la tombe de son défunt époux. D?autres se contentent d?y verser, plus modestement, un peu de rhum. En attendant que le cimetière retrouve un certain lustre, Raymond Govart essaie de remonter l?histoire.

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