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Baudin et Flinders au Blue Penny Musuem

16 novembre 2003, 20:00

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Embarquez pour une expédition aux mille voyages? Avec l?assurance feutrée de n?avoir pas à vous battre contre vents, marées et maladies. La certitude, en somme, de plonger dans le rêve, de se nourrir des rêves des navigateurs français et anglais, Nicolas Baudin et Matthew Flinders, ces intrépides si souvent malmenés par l?inconnu, au risque de mourir totalement inconnus, loin de leur terre, leur ?uvre parfois usurpée.

Depuis le 8 novembre 2003, se tient au Blue Penny Museum, au Caudan Waterfront, une exposition intitulée Mauritius? Land of Destiny. Réalisée en partenariat avec le Mauritius Museums Council, elle est consacrée aux voyages de découverte des deux navigateurs sur le continent australien au début du 19e siècle. Elle est une version remaniée de l?exposition qui se tient au Musée de Mahébourg depuis le 18 septembre. Inscrite dans le cadre du projet Encounter Mauritius 2003, qui célèbre cette année le bicentenaire de ces voyages de découverte, elle restera ouverte jusqu?à février 2004. L?entrée est gratuite.

Sur les pas de David Martial, chargé de communication au Blue Penny Musuem, on se laisse glisser sur l?océan, pour revivre ces deux expéditions dans les Terres australes; deux des plus importants voyages de découverte

scientifique jamais entrepris dans cette région. Nicolas Baudin est né à l?île de Ré en 1750. Et Matthew Flinders, dans le Lincolnshire en 1774. Leurs pas ne se sont jamais croisés en terre mauricienne. Baudin devait y mourir de tuberculose quelques mois avant l?arrivée de Flinders en 1803. Mais leurs parcours font s?entrecroiser leur destin. Le 8 avril 1802, ils se rencontreront sur la côte Sud de l?Australie, aujourd?hui Encounter Bay.

En ce début du 19e siècle, l?Isle de France est le dernier territoire ami où reprendre des forces, des vivres, se remettre de la maladie. Par sa situation géographique, son Histoire s?en trouvera prodigieusement enrichie, son commerce, son développement botanique? La carte de Cantino est la première, en 1502, à la mentionner. En 1800, la France monte une grande expédition scientifique dans les Terres australes, réunissant un grand nombre de savants dans tous les domaines.

Le géographe ? dont on admire la maquette ? sous les commandes de Nicolas Baudin, se dirige, en 1801, en compagnie d?un autre bateau, Le Naturaliste, vers l?Isle de France. Maladies et démissionnaires, s?accommodant mal du caractère de Baudin, déciment son équipage. Il met le cap sur l?Australie, avec ce qui lui reste de fidèles. C?est une véritable arche de Noë, avec ses 2 500 et plus, espèces vivantes, animaux, plantes, et autres. A Encounter Bay, où il rencontre Flinders dans une totale collaboration scientifique, ils s?échangeront leurs découvertes, pour l?enrichissement de tous. Mais Flinders décédera dans l?oubli.

Flinders qui vient de se marier, aura dû quitter sa toute nouvelle épouse pour entreprendre l?expédition. La permission de l?accompagner lui étant refusée. Ils ne se reverront que dix ans après. Lui, malade, fatigué, vieilli. Entre-temps, sa meilleure compagnie, son chat Trim, meurt à l?Isle de France. Mangé par un esclave, selon Flinders. La représentation de Trim, d?un noir de geais, est saisissante. Puis, son bateau fait naufrage. D?un courage sans bornes, son Investigator ayant fait naufrage, il embarque sur le minuscule Cumberland, une pirogue presque. Il termine son expédition scientifique. Et échoue à Baie-du-cap, à l?Isle de France.

Une magnifique vue de Baie-du-Cap donne à voir des paysages incorporés à la splendide carte. Cette réplique fait partie d?autres cartes qui auront duré pendant 150 ans, tant elles étaient exceptionnelles. Mais, à l?Isle de France, la guerre entre la France et l?Angleterre a repris. Il se présente au Port Napoléon devant Decaën. Celui-ci n?aime pas Flinders. Qui n?hôte pas son chapeau en sa présence.. Il en fait un espion, et l?enferme au Café Marego, rue La Chaussée. Un superbe poster de la rue distille une atmosphère d?antan, où quelque chose ramène en mémoire Toulouse-Lautrec.

Il sera transféré à Le Refuge, chez Madame d?Arifat. L?on dit qu?il développa pour elle une amitié près prononcée. Mais, sa carrière éclopée, sans écriture, déprimé, usé, seul, il décèdera quelques mois plus tard en Angleterre. Deux cents ans plus tard, le fac simile de son journal rappelle précieusement cette âme passionnée.

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