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« L?accumulation de preuves est suffisante »
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« L?accumulation de preuves est suffisante »
Vous avez été longtemps travaillé au Central Criminal Investigation Department. N?avez-vous jamais préconisé la violence ?
Si l?enquête est menée dans les règles, il n?y a aucune raison d?utiliser la force. Il faut comprendre que dans une affaire criminelle tout ne s?arrête pas avec l?enquête. Au contraire, l?enquêteur n?est que le premier maillon d?une chaîne qui ne s?arrête qu?avec la condamnation du coupable. On dit qu?il est « the limb of the law. » S?il utilise des moyens illégaux pour obtenir les aveux d?un prévenu et que celui-ci arrive à prouver en cour que sa confession n?a pas été obtenue librement et volontairement, c?est vraiment dommage.
Pourquoi ?
C?est le travail de toute une équipe qui tombe à l?eau. Car l?enquêteur en chef n?est jamais seul. Il est entouré d?une équipe qui patiemment récolte des indices et des preuves et les accumule autour d?un suspect. C?est comme un grand cercle qui petit à petit se resserre autour du suspect. Bien souvent la pression de cette accumulation de preuves est suffisante pour l?acculer à une confession volontaire. Mettre des mots de force dans la bouche d?un suspect ne sert à rien, car seul le coupable connaît le détail des circonstances de son crime. Quand on a bien fait son travail et qu?on le confronte avec ces preuves réunies contre lui, même le criminel le plus endurci s?avoue vaincu et confesse son délit. Il n?y a qu?une seule vérité et si le limier travaille selon les principes, il la découvre toujours.
Comment expliquez-vous alors ces cas de brutalité de la part de la police ?
Cela montre un manque de discipline dans la supervision d?une enquête. Il incombe au responsable de l?enquête de réunir son équipe, d?évaluer à intervalles réguliers sa progression et de savoir ce que fait chacun de ses hommes à tout moment. Car c?est lui qui distribue à chacun des tâches précises. Chaque indice apporté est alors étudié à la lumière des développements de l?enquête. Une fois le suspect confondu, on passe le relais au DPP et au tribunal où l?on peut venir déposer sans aucune peur. C?est pour cela que l?enquêteur ne peut se permettre d?être le maillon faible de cette chaîne.
N?y a-t-il pas un problème de formation ?
Il est vrai que de mon temps les limiers étaient formés sur le tas. Le terrain est une des meilleures écoles que je connaisse. Cependant de nos jours, les choses sont devenues plus complexes. Ainsi depuis quelques années déjà, il y a un réel effort pour promouvoir la formation à tous les échelons de la police. Aujourd?hui l?université de Maurice forme nos policiers. Il est vrai qu?un enquêteur ne se forme pas du jour au lendemain. Mais je suis certain qu?on verra des résultats concrets dans un avenir très proche.
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