Publicité

Les avoirs d?Issoop Tôle passés au crible

8 novembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Issoop Tôle, le frère de Bahim Coco ? présumé responsable de l?escadron de la mort ? a passé un sale quart d?heure à la prison centrale de Beau-Bassin, jeudi. Condamné pour trafic de drogue, Issoop, de son vrai nom Yousouf Elias Sheriff, a été interrogé par des membres de la Commission des narcotiques sur la provenance de ses biens. Prétextant une affreuse migraine, il n?a pas répondu aux questions de la commission. Celle-ci lui a accordé quatorze jours pour jurer un affidavit justifiant ses avoirs et les moyens utilisés pour les obtenir.

Habitant Vallée-Pitot, Issoop Tôle a été appréhendé à plusieurs reprises pour des affaires de drogue. En novembre 2001, il avait été détenu par la brigade antidrogue pour possession de16,6 kilos d?héroïne évalués à plus de Rs 130 millions. Un premier colis de 8 276 grammes d?héroïne avait été découvert à son domicile lors d?un raid. Un second colis de 5 351 grammes, dissimulé dans des tuyaux en PVC, avait été découvert le lendemain lors d?une fouille minutieuse, de même qu?une somme de Rs 100 000, de 2 890 dollars américains et 1 100 francs français. Il avait été reconnu coupable de trafic de drogue le 10 juin par le Full Bench de la cour intermédiaire et condamné à quinze ans de prison et à une amende de Rs 75 000. La cour avait également ordonné la saisie de ses biens mobiliers et immobiliers et le gel de ses avoirs bancaires.

Les interrogatoires des trafiquants de drogue font partie du deuxième volet des enquêtes menées par la commission depuis l?année dernière. En octobre 2001, elle avait invité le public à fournir des renseignements sur les avoirs de soixante-deux « marchands de la mort » condamnés par la justice depuis 1986 afin d?évaluer leur patrimoine. Des témoignages, mêmes anonymes, ont été acceptés. Ainsi avant Issoop Tôle, l?équipe du commissaire Ajay Daby a interrogé plusieurs gros bonnets engagés dans le trafic de stupéfiants. Leurs déclarations seront comparées aux résultats des enquêtes menées par la commission avant que la question de leurs biens ne soit tranchée. Par la suite, la Cour suprême statuera.

Il a été souvent constaté que les avoirs des trafiquants de drogue étaient au nom de tierces personnes. Il est alors difficile pour la police de retracer les revenus générés par la vente de drogue. Même si le Dangerous Drugs Act (DDA) existe depuis bientôt dix-sept ans, aucun bien de trafiquants connus n?a été saisi à ce jour. L?enquête menée ces jours-ci par la Commission des narcotiques vise à changer ces choses.

<B>En finir avec les trafiquants</B>

La tâche est loin d?être facile car elle doit distinguer entre les biens mal acquis et ceux hérités par les trafiquants. « On a eu beaucoup de soutien. Il semble que le public veut en finir avec les trafiquants » commente le commissaire Daby.

« Mieux vaut tard que jamais? La finalité du combat contre la drogue, c?est de mettre fin aux agissements des trafiquants en saisissant leurs biens, acquis sur les cadavres des jeunes, par des moyens légaux. Depuis les années quatre-vingt, les drogues dures ont fait leur apparition sur le territoire mauricien. La loi stipule qu?il faut saisir les biens des trafiquants mais malheureusement ils peuvent se faufiler à travers les lacunes laissées dans les textes de loi. J?espère qu?avec le travail du commissaire Daby, on va finalement remporter notre combat », lance le président de l?Association des travailleurs sociaux, Ally Lazer.

Son v?u sera exaucé avec la signature des accords entre l?Inde et Maurice lors du déplacement du Premier ministre, Paul Bérenger, dans la Grande péninsule. La commission des narcotiques pourra avoir la collaboration du Narcotics Bureau de l?Inde en vue de retracer les personnes derrière le trafic de drogue sur l?axe Maurice-Inde.

Publicité