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«On ne s?invite pas chez les stars»

24 octobre 2003, 20:00

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La presse people fait de plus en plus d?heureux. Pourquoi plaît-elle autant ?

C?est à mon avis un moyen de sortir du quotidien. Les gens ont de plus en plus besoin d?histoires qui font rêver. Aujourd?hui, les stars ne sont plus des personnes inaccessibles. Les célébrités issues de la télé-réalité sont très souvent des gens ordinaires. Les gens peuvent s?imaginer à leur place. Le phénomène d?identification est plus que présente. Aux Etats-Unis, ils appellent ça le phénomène du «boys next door.» C?est tout à fait vrai.

Les femmes semblent être accrochées à la presse people. Pourquoi à votre avis ?

Les femmes constituent la majorité des lecteurs de la presse people. C?est vrai que les hommes achètent moins des magazines people, ce qui ne les empêche pas de les feuilleter dès qu?ils en ont l?occasion.

Les stars de la télé-réalité ont une place de choix dans Gala. C?est un secteur que vous suivez personnellement. D?où vient cet intérêt ?

Depuis ces deux dernières années, le ton de Gala a changé. Notre humour est plus incisif, et notre rédaction plus jeune. C?est arrivé à l?époque où la télé-réalité commençait à faire parler d?elle. J?ai d?ailleurs été engagée pour cerner cette nouvelle tendance. Du coup, de plus en plus de jeunes ont commencé à s?intéresser à nous. L?époque rose bonbon, un peu layette est depuis révolue.

Qu?est-ce qui séduit autant les fidèles de Gala ?

Nous privilégions les grandes photos plutôt que les textes. Le format de Gala est unique. Notre papier glacé est également un atout majeur.

On dit souvent qu?il y a une certaine connivence entre les journalistes people et les stars?

A Gala, nous travaillons dans l?urgence. Nous privilégions d?abord l?actualité, mais nous fonctionnons uniquement par contact. Les photos ainsi que les textes sont publiés avec l?aval des stars. On ne s?invite pas chez les stars. Ils nous appellent parfois, sinon c?est nous qui sollicitons un rendez-vous, en passant par leurs attachés de presse uniquement. C?est ce qui a permis à Gala de se démarquer et de se faire une certaine réputation.

Quel genre de relations avez-vous avec ceux et celles que vous interviewez ?

Une relation très professionnelle, cordiale certes, mais jamais davantage. Il y a parfois un feeling qui passe, mais ça s?arrête là. Lorsqu?on voit des stars de près, on les démystifie beaucoup.

Et c?est nuisible lorsqu?il s?agit d?écrire sur elles ?

Je n?ai jamais rien vu de plus dur que de travailler dans la presse people ! J?ai vu passer de nombreux pigistes qui étaient incapables de trouver le bon filon. Il faut toujours trouver les angles qu?il faut. Il faut beaucoup de style et d?imagination.

C?est dur de saisir les personnes que l?on a devant soi lors d?une interview parce qu?il n?est jamais facile de parler de soi et de se livrer. Cela demande énormément de psychologie afin de pouvoir mettre une célébrité en confiance. Il faut rester pudique tout en étant passionné. Dans le cas de la Star Academy, c?est d?autant plus dur parce qu?il y a une troisième saison. Trouver du neuf, n?est jamais simple à faire.

Quelle a été l?évolution de Gala depuis sa création en 1992 ?

Nous avons refait une couverture avec Sophie Marceau, la marraine de Gala, pour les dix ans du magazine. La maquette est désormais plus dynamique et nous sommes de plus en plus tournés vers le glamour. Gala est aujourd?hui autant le magazine de l?actualité des gens célèbres que celui des femmes. Nous avons introduit de nombreuses rubriques qui intéressent davantage les lectrices.

Propos recueillis par Martine LUTCHMUN

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