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La Mauritius Freeport Development poursuit son expansion malgré un contexte difficile
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La Mauritius Freeport Development poursuit son expansion malgré un contexte difficile
Le projet d?expansion de la Mauritius Freeport Development (MFD) progresse à grands pas. Le plus important développeur du port franc ajoute 28 000 mètres carrés de bâtiments aux 31 000 m2 existants. La deuxième phase d?extension de la MFD nécessitera des investissements de l?ordre de Rs 300 millions.
Les travaux ont démarré en mai et des entrepôts secs de 6 000 mètres carrés viennent d?être complétés. Une zone industrielle de 4 000 m2 sera livrée vers fin décembre.
Au début de 2004, la MFD démarrera la construction de trois modules totalisant 18 000 m2. En fonction de la demande du marché, ces espaces pourraient être utilisés comme entrepôts secs ou comme zone industrielle.
Cette expansion et cet effort d?investissement se font à un moment où la MFD connaît un ralentissement dans la progression de son chiffre d?affaires. Après quelques années difficiles entre 1999 et 2001, l?entreprise avait enregistré l?an dernier un véritable décollage avec une hausse de 25 % de son chiffre d?affaires.
Elle s?attendait à renouveler cette performance en 2003, mais le SARS ? l?épidémie de pneumonie atypique ? est venu jouer le trouble-fête. Lorsque les bateaux de pêche taïwanais, entre autres, ont été interdits de décharger à Port-Louis, cela a considérablement affecté la performance de la MFD.
Le poisson et les fruits de mer représentent en effet une part importante de ses activités. L?entreprise a manutentionné 12 000 tonnes de produits de pêche l?an passé. Ce chiffre a chuté de 25 % cette année. Or la chambre froide de la MFD ? la plus grande de la région avec ses 58 000 mètres cubes de capacité ? réalise 40 % du chiffre d?affaires de la compagnie.
?Le SARS a eu un effet catastrophique. Les bateaux de pêche taïwanais ne pouvaient plus décharger leurs prises et ne pouvaient plus changer d?équipage à Port-Louis. Ils sont allés ailleurs vers les Seychelles, la Namibie, le Mozambique et Mombasa (Kenya). Certains ont commencé à pratiquer du transbordement en haute mer?, dit Maurice Vigier de la Tour, Chief Executive Officer de la MFD.
Les conséquences pour l?entreprise seront sévères : malgré une progression significative de 40 % des activités des entrepôts secs, la chute des activités de chambre froide ramènera la croissance du chiffre d?affaires à 5 % seulement cette année.
Bien que l?épidémie du SARS soit derrière nous, ses effets se font toujours ressentir. ?L?activité reprend lentement. Pendant l?épidémie les clients sont allés ailleurs, ils ont dû s?organiser, prendre d?autres dispositions et de nouvelles habitudes. Les faire revenir à nous prendra du temps?, poursuit le CEO.
Cet épisode illustre de manière probante la nécessité de diversifier la clientèle de Maurice dans le domaine de la pêche. Une campagne de marketing international s?impose pour trouver d?autres débouchés. L?industrie de pêche espagnole représente un potentiel qu?il serait intéressant d?explorer, estime Maurice Vigier de la Tour.
Au-delà de la nécessité de remplir les chambres froides du port franc, une nouvelle stratégie concernant l?industrie de la pêche devrait émerger. La réflexion a commencé au sein du secteur privé. Des propositions concrètes seront bientôt soumises aux autorités.
Lors de la rencontre entre le Joint Economic Council et le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, le président du patronat, Gilbert Espitalier-Noël a d?ailleurs évoqué le potentiel important des pêcheries.
Source de revenus appréciables
Maurice Vigier de la Tour estime que la stratégie devrait consister à transformer le pays en un ?world class fishing hub?. ?Ce secteur peut devenir le cinquième pilier de l?économie?, assure-t-il. En Namibie, la pêche est après l?industrie minière la deuxième source de revenus avec US$ 500 millions. Le Sénégal exporte par an pour US$ 300 millions de poisson, soit autant que les exportations de vêtements de Maurice vers le marché américain.
En attendant d?éventuels développements dans ce secteur, la principale préoccupation de la MFD sera de remplir les milliers de mètres carrés additionnels de bâtiments déjà construits et à venir.
?Ce sera un grand défi. Mon prédécesseur s?était retrouvé avec 31 000 m2 de bâtiments vides. Aujourd?hui le taux de remplissage de la Phase I est satisfaisant. C?est donc jouable. Toutefois, on ne pourra attendre trois ans pour remplir les nouveaux espaces. Notre équipe est sur le terrain et accomplit un excellent travail. Nous nous donnons deux ans au maximum pour rentabiliser les espaces additionnels?, explique Maurice Vigier de la Tour.
Des contacts prometteurs ont déjà été établis et les 6 000 m2 d?entrepôts livrés début octobre, seront remplis avant décembre. La MFD reçoit aussi beaucoup de demandes pour la zone industrielle.
Il restera tout de même à remplir les 18 000 m2 dont la construction démarre en janvier prochain. Maurice Vigier de la Tour était récemment en mission à Dubayy pour visiter le port franc de Jebel Ali et y établir des contacts. Il a rencontré le sultan Ahmed Bin Sulayem, le président exécutif de Jebel Ali et du port de Dubayy.
?Satellite de Dubayy?
Une des idées qui a émergé de cette mission est que Maurice pourrait se positionner comme un satellite du port-franc de Dubayy. ?Nous pouvons capter une partie des flux de marchandises. Des opérateurs sont disposés à délocaliser une partie de leurs activités à Maurice, notamment pour la desserte des marchés d?Afrique de l?Est et du Sud?, estime le CEO.
Le patron de la MFD considère les flux commerciaux internationaux comme un immense ?conveyor belt? planétaire, avec ses gares et ses stations de triage et Maurice doit aspirer à devenir l?un de ces centres de tri.
Pour figurer sur cette carte, l?île doit poursuivre la promotion de ses atouts qui sont, entre autres, un port moderne et efficace, la stabilité du pays et les accords commerciaux préférentiels dont nous bénéficions. La Mauritius Freeport Authority joue un rôle primordial à ce niveau. Sur le plan interne, il faut éliminer les tracasseries administratives et dérouler le tapis rouge pour les investisseurs importants, notamment les multinationales.
?Ces gens-là sont allergiques aux lourdeurs administratives qui font perdre du temps. Pour ces gros clients, le temps est plus important que l?argent. Il est très difficile d?attirer une multinationale mais quand vous réussissez, c?est pour le long terme. La logistique bouge plus lentement que le textile, mais elle est en revanche moins volatile?, déclare Maurice Vigier de la Tour.
TERRES REMBLAYEES 30 % PLUS CHER A BATIR
Avec 6 000 m2 de bâtiments complétés et 4 000 m2 livrés en décembre, la MFD est satisfaite de la rapidité avec laquelle General Construction a exécuté ses travaux. Ceci est d?autant plus remarquable que les cinq hectares sur lesquels sont érigés les bâtiments ont été récupérés sur la mer. La construction a nécessité d?importants travaux de compactage et d?empilage pour permettre au sol de soutenir des charges de cinq tonnes au mètre carré. Plus de 60 000 tonnes de roches ont été acheminées pour renforcer le sol. Ainsi, construire sur des terres remblayées revient jusqu?à 30 % plus cher que de construire sur des terres normales.
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