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Schumacher vs Räikkönen : lutte ultime pour le sacre
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Schumacher vs Räikkönen : lutte ultime pour le sacre
Michael Schumacher peut devenir le premier pilote six fois champion du monde, et ainsi se détacher de l?Argentin Juan Manuel Fangio. Kimi Räikkönen peut être à 23 ans 11 mois et 26 jours, le plus jeune champion du monde, et battre en précocité le Brésilien Emerson Fittipaldi, titré à 25 ans 8 mois et 29 jours, en 1972.
Michael Schumacher (Ferrari) : « Gagner les deux championnats est notre objectif déclaré. Les choses se sont toujours bien passées pour nous à Suzuka et, personnellement, j?ai vécu un de mes meilleurs moments de ma carrière ici : le titre en 2000. » Kimi Räikkönen (McLaren) : « Je n?ai pas beaucoup de chance d?être champion ? J?en ai une et ça me suffit ! »
LE POUR...
Schumacher n?a besoin que d?un point pour être champion. Il a terminé tous ces grands prix sauf un cette saison, au Brésil, victime de l?aquaplanage au volant de la F2002. Il n?a jamais abandonné avec la F2003-GA et a toujours fini dans les points.
Pour se couronner, Räikkönen doit gagner et en même temps Schumi ne doit pas terminer dans les points (8 premiers). Le Finlandais a déjà gagné cette saison, en Malaisie. Il était largement en tête au GP d?Europe avant que son moteur ne casse.
Sans un limiteur de régime mal réglé (« drive through » pour 1,1 km/h de trop dans les stands), il aurait aussi gagné en Australie. Sans la pluie, il l?aurait probablement emporté aux Etats-Unis, il y a deux semaines.
« Sur le sec, j?aurais eu du mal à rattraper Kimi », a confirmé Schumi...
ET LE CONTRE
L?habitude ne fait pas loi. Schumacher n?avait par exemple jamais abandonné au Brésil. L?Allemand a découvert cette sensation cette année, en sortant sous un déluge. Après l?Australie (5 abandons), le Japon est aussi le pays où Schumacher a accumulé le plus d?abandons : quatre, en 1991, 92, 93 (Benetton) et 98 (Ferrari)...
Räikkönen a pour lui le désavantage de n?avoir jamais battu une Ferrari à Suzuka. Un violent accident en 2001 (Sauber) et une arrivée derrière Schumacher et Barrichello en 2002.
RÉFÉRENCES
Schumacher compte sept pole positions (les 5 dernières) et cinq victoires (les 3 dernières) en 12 participations à Suzuka. Il a terminé 2e en 1994, 95 (Benetton) et 99 (Ferrari). Le reste est constitué d?abandons. Il a été champion à Suzuka en 2000 et Ferrari s?y est couronnée en 1999 et 2000. Un abandon (2001) et une 3e place (2002) pour Räikkönen au Japon. Meilleure qualification : 4e en 2002.
A Suzuka, McLaren a un savoir-faire indéniable pour y avoir couronné un pilote six fois (1988, 89, 90, 91, 98, 99) sur sept possibles depuis 15 ans. En 1988 et 89, Senna et Prost, étaient certes entre équipiers.
En 1990, le Brésilien avait eu raison du Français, passé chez Ferrari, et en 91 de Mansell (Williams). En 1998, Häkkinen avait gagné le duel contre Schumacher et en 99, contre Irvine (Ferrari). La seule défaite date de 2000, celle de Häkkinen contre Schumacher.
TECHNIQUE
Circuit de châssis, Suzuka réclame de l?expérience et des certitudes en mise au point. Dans ce domaine, Schumacher a le vécu et les résultats pour lui.
La façon harmonieuse dont s?enchaînent les virages ? de longs appuis ? met aussi plus facilement en relief les qualités de liaisons au sol de la F2003-GA.
Mais le moteur compte aussi, avec la 2e valeur de la saison en terme de plus longue phase à fond en continu. Ferrari voudra sûrement assurer la fiabilité donc sécuriser son V10. Le Mercedes, excellent en puissance (on l?a vu à Indianapolis), peut être le joker de McLaren.
Enfin, on doit aussi penser aux pneumatiques. Les Bridgestone (surtout sur la Ferrari) ont été très supérieurs aux Michelin en 2001 et 2002 mais le manufacturier français a fait de nets progrès depuis et a préparé trois mélanges nouveaux (dont un « pluie ») pour l?étape décisive. S?il pleut légèrement, Michelin aura un avantage. S?il pleut fort, Bridgestone aura les meilleures enveloppes.
STRATÉGIE
Ferrari est la seule équipe à jouer les deux titres au Japon. Sa position n?en reste pas moins relativement confortable. Chez les Constructeurs, elle a trois points d?avance sur Williams (147 contre 144).
Pour remporter la mise, elle peut se contenter de placer chacune de ses F2003-GA (dans les points) derrière chacune des FW25, Schumacher derrière Montoya et Barrichello derrière Ralf, par exemple. Elle ne concéderait alors que 2+1 points. Suffisant puisqu?en cas d?égalité, elle serait sacrée au nombre de victoires.
Dans cette même veine, Schumacher serait automatiquement champion du monde (à condition encore une fois d?être dans le top 8). Conclusion : pour enlever les deux titres, Ferrari peut calquer sa course sur celle de Williams. Mais Schumi a prévenu : il va au Japon pour gagner.
McLaren a un énorme avantage : elle ne joue « que » le titre Pilotes et peut cantonner le dévoué David Coulthard à un rôle de lièvre pour durcir la course et provoquer la casse chez l?adversaire. Plan de course agressif à prévoir pour l?Ecossais mais va-tout également pour Kimi Räikkönen qui devra premièrement finir... premier.
IMPOSSIBLE N?EST PAS McLAREN
L?écurie anglaise est dans une situation critique mais elle a déjà connu ça. En 1986, Alain Prost était à peu près dans la position actuelle de Kimi Räikkönen, avec face à lui non pas un mais deux rivaux, Nigel Mansell et Nelson Piquet, au volant d?une Williams de la classe de la Ferrari de l?an passé...
Sur la McLaren N.2, Rosberg avait fait la course pour Prost, en attaquant sans s?occuper de sa mécanique, jusqu?à l?abandon (crevaison). Mansell stoppé en tête par une spectaculaire crevaison et Piquet retardé par un tête-à-queue, Prost avait raflé la mise après une prestation absolument éblouissante.
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