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Paul Bérenger : « No cover up ! »
Tout en reconnaissant que le travail des gardiens de prison est difficile, le gouvernement n?a pas l?intention de tolérer des abus de leur part. Des actions ont aussi été prises pour améliorer les conditions de détention des prisonniers.
« No cover up ». C?est la phrase du Premier ministre en personne. Il n?y aura aucune tentative du gouvernement pour étouffer l?affaire. Paul Bérenger donne la garantie que tout sera mis en ?uvre pour que la vérité sur les événements survenus à la prison de Beau-Bassin dans la nuit du 26 au 27 octobre soit connue.
Au gouvernement, on est satisfait du retour à la normale à la prison centrale. Un comité présidé par le Premier ministre et composé du secrétaire au cabinet, du commissaire de police, du commissaire des prisons (PI) et du National Aids Coordinator a travaillé quotidiennement. Il a passé en revue la situation et a décidé des mesures à prendre. Certaines ont été mises en ?uvre immédiatement, alors que d?autres s?inscrivent dans le long et le moyen terme.
Éviter tout débordement
La première question qui vient à l?esprit est le maintien de l?ordre en milieu carcéral. La Prison Security Squad, qui intervient au moindre trouble dans les prisons, sera-t-elle dissoute ? Non, répondent les officiels du Prime Minister?s Office.
« Nous prenons en considération le fait que le personnel du service pénitentiaire fait un travail difficile et délicat. Nous sommes satisfaits d?être parvenus à un juste équilibre », déclare une source autorisée. Mais dans les milieux gouvernementaux, on s?empresse de rappeler qu?aucun abus ne saurait être toléré.
La question de sida dans les prisons retient l?attention des autorités. L?organisation d?un système de soins aux prisonniers sidéens a été revue. Les tests de dépistage ont repris et les rétroviraux sont distribués régulièrement. Depuis une semaine, tout se passe bien car il y a entente entre les intervenants à la prison. « Nous sommes agréablement surpris de l?entente qui règne entre le personnel pénitentiaire et les responsables de la Aids Unit du ministère de la Santé. » Le gouvernement entend capitaliser sur ces bonnes relations entre les divers départements de l?État pour intensifier la campagne de prévention auprès des détenus. Dans la foulée de cette campagne d?éducation et de sensibilisation, les autorités souhaitent mettre fin à la ségrégation entre les prisonniers. « Nous ne sommes pas en faveur de la ségrégation des sidéens et des autres prisonniers, c?est un cas de discrimination », laisse entendre le Premier ministre.
À plus long terme, des dispositions seront prises pour revoir les infrastructures sanitaires dans les prisons. Ainsi, la section de l?hôpital Nehru où sont admis les détenus sera abandonnée. Un nouvel hôpital sera construit dans la prison, en face de l?infirmerie.
Le gouvernement tient à tout prix à éviter d?autres débordements à l?avenir. Un des moyens identifiés pour y parvenir est d?assurer un suivi régulier de la situation. Ainsi, le système de visitor qui existe en vertu de la législation régissant le fonctionnement du service pénitentiaire, sera revu. À ce jour, il est prévu qu?un Sitting Senior Magistrate fera office de visitor. Son travail consistera à visiter les prisons, à recueillir les plaintes, à s?assurer que les normes sont respectées avant de soumettre son rapport. Or, les Sitting Senior Magistrates sont débordés et sont retenus en cour. Par conséquent, le gouvernement a décidé de confier la tâche de visitor à un Senior Magistrate à la retraite. Le commissaire aux droits de l?homme avait déjà fait une suggestion dans ce sens, il n?y a pas très longtemps.
Voilà une façon d?exercer une surveillance sur ceux qui sont censés surveiller les détenus.
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