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PRISON : LE GRAND MENAGE A COMMENCE
Plus habitués à élucider des homicides, les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team se penchent actuellement sur les événements survenus à la prison centrale de Beau-Bassin dans la nuit du 26 au 27 septembre. Ils n?enquêtent pas uniquement sur ces seuls incidents, mais compilent par la même occasion les dépositions des détenus voulant « dénoncer » les gardiens et les membres de la Prison Security Squad (PSS) que l?on accuse d?avoir fait un usage immodéré de la force.
Cette semaine, ça a été le grand déballage : des accusations dénuées de fondement sont faites par les prisonniers, déplorent des sources qui sont partie prenante de la réforme du système pénitentiaire. « Des gardiens sont mis en cause par certains détenus qui veulent régler des comptes avec eux. »
Une version des faits qui irrite
Il appartiendra maintenant à la police de séparer la vérité du mensonge. La version donnée par le détenu Wendy Lafleur, qui est resté dans le coma pendant une semaine, devra également être prise avec des pincettes. Des gardiens, présents à la prison centrale le jour où il dit avoir été passé à tabac, racontent qu?il aurait avalé un tube de Valium lorsque les membres de la PSS sont venus lui faire entendre raison. « Li ti pé telma résisté ki bane PSS ine bizin servi la force pou ménote li », confie un maton. Il y a une part de vérité dans ce qui se dit entre les murs de la prison car, dans les dépositions consignées cette semaine en présence de ses hommes de loi ? Mes Jean-Claude Bibi, Satish Faugoo et Siv Potayya ?Wendy Lafleur raconte qu?un psychiatre l?aurait forcé à avaler plus de vingt pilules, alors qu?on le conduisait à l?hôpital de Candos?
En prison et à la police, on confirme que Wendy Lafleur se gaverait de médicaments grâce au trafic qui a lieu dans la prison centrale. C?est ce qui l?aurait obligé à prendre un repos forcé et à être mis sous observation médicale il n?y a pas très longtemps. Autre cas à surveiller : celui de Mario Tribunal. Ce prisonnier qui n?aurait pas toute sa tête ? tout comme Wendy Lafleur qui, selon différentes sources, suit un traitement à l?hôpital psychiatrique depuis plusieurs mois ? a tenté de s?immoler à maintes occasion. Le jour où Wendy Lafleur est tombé dans le coma, Mario Tribunal aurait encore une fois tenté de s?immoler lorsque la PSS a été appelée à la rescousse pour mater la révolte qui couvait.
Mercredi et jeudi, Wendy Lafleur a été sollicité pour donner sa version des faits survenus dans la nuit du 26 au 27 septembre. Il a nié que des hommes de la PSS étaient encagoulés et a dit être en mesure de reconnaître ceux qui l?ont passé à tabac ce soir-là. Il raconte son calvaire en expliquant qu?il a été battu une première fois lorsqu?il s?est élevé contre les actes de violence de la PSS envers un des détenus, Percy Hoseng. C?est à partir de là, dit-il, que des membres de la PSS sont venus le tirer hors de sa cellule, l?ont battu sur place, pour ensuite l?emmener près du lavoir avant de le frapper de nouveau jusqu?à ce qu?il perde connaissance.
La version de Wendy Lafleur irrite les gardiens et les membres de la PSS. « Il est en train de s?ériger en martyr. Ce n?est pas la première fois que des incidents éclatent à l?intérieur de la prison. C?est un monde fermé. Depuis que la politique s?en mêle, on est en train de grossir les faits. ça nous démotive. Nous avons toujours maîtrisé la situation avec les mesures nécessaires », déplore un gardien de prison. « Le commissaire Brojmohun avait accordé trop de privilèges aux détenus. Il avait passé sa carrière à travailler avec des jeunes au centre de réhabilitation. Lorsqu?il est venu ici, il n?a pas changé sa façon de voir les choses. Il n?en faisait qu?à sa tête et, en fin de compte, ce sont les détenus séropositifs qui voulaient tout contrôler. »
Les mesures sont enfin appliquées
Plusieurs témoignages abondent dans le même sens. Les détenus se réveillaient après les heures réglementaires, n?allaient presque plus travailler dans les ateliers, rentraient dans la cuisine quand bon leur semblait et préparaient les plats qu?ils voulaient manger. « Les détenus séropositifs utilisaient leur maladie comme une arme. Ils se déplaçaient toujours avec des morceaux de verres brisés ou des morceaux de métal acérés. Zot dire zot pou pique sa are zot et zot pou raye nou, lerla nou ki pou malade », relate un autre gardien.
Avec les événements de ces derniers jours, les propositions de l?assistant commissaire de police Dass Joganah sont finalement en train d?être appliquées. Les détenus séropositifs sont ainsi séparés des autres prisonniers. Les first offenders sont installés dans un autre bloc, loin des récidivistes de tout acabit qui ne leur auraient jamais laissé la chance de s?en sortir, de retrouver la liberté en aspirant à une vie meilleure.
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