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Jean-Michel Giraud, président du MTC «Nous rehausserons la qualité du spectacle»

10 octobre 2003, 20:00

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La saison s?achève, le Mauritius Turf Club a les yeux rivés sur l?hippodrome de Bagatelle. Parlez-nous de ce vaste projet.

Nous déplacerons le Champ-de-Mars à Bagatelle, sur des terrains de l?Etat. Nous y construirons un grand centre équestre avec un hippodrome, un club hippique, une clinique vétérinaire, un centre de thérapie par le cheval pour enfants handicapés et un centre d?entraînement pour accueillir 160 chevaux du centre de Floréal qui sera vendu.

Quels sont les avantages et les inconvénients du site de Bagatelle ?

Le site se trouve sur un axe routier majeur et la moitié de la population vit à moins de vingt minutes de là. Il est plus spacieux que le Champ-de-Mars et la température y est idéale pour les chevaux. Toutefois, l?endroit est pluvieux. Il faudra prévoir les aménagements adéquats.

Qu?adviendra-t-il du Champ-de-Mars ?

Le Champ-de-Mars comprend les tribunes ? qui appartiennent au MTC ? et la piste, propriété de la municipalité de Port-Louis. Pour financer Bagatelle, nous mettrons nos terres en vente. La municipalité fera ce qu?elle voudra de son terrain. Plusieurs projets ont été évoqués. J?espère que l?Etat en fera un grand espace vert.

Le Champ-de-Mars manque d?espace pour le public. L?affluence baisse, qu?en est-il pour la saison 2003 ?

L?affluence est toujours en baisse et ce pour de multiples raisons. D?abord, les gens parient de plus en plus par le Tote, en regardant les courses chez eux, à la télé. Ensuite, nous ne pouvons assurer un grand confort à ceux qui se déplacent. Tant dans la plaine que dans les tribunes, le confort est absent. Enfin, les courses subissent la concurrence des autres loisirs.

L?engouement du public s?éteint peu à peu ?

Non, pas vraiment. Partout dans le monde, les hippodromes n?attirent pas grande foule.

Si les gens préfèrent rester chez eux, alors pourquoi ce projet d?en vergure ?

Quand nous aurons amélioré le confort, le public se déplacera de nouveau. Vous savez, les courses sont avant tout un spectacle. Notre but est de rehausser la qualité de ce spectacle. Plus de spectacle donc plus d?écuries, plus d?entraîneurs et plus de jockeys de qualité... Cela ne pourra se faire qu?avec des infrastructures de haut niveau.

Quelle est l?affluence moyenne d?une journée de course ?

Depuis le début de la saison 2003, c?est en moyenne 4 961 personnes que l?on accueille dans les stands, contre 5 991 l?an passé, tout au long des 21 journées de courses. Cependant, pendant une dizaine de journées, nous avons accueilli les femmes gratuitement.

Comment gérerez-vous à l?avenir l??off-course betting? et l?hippodrome de Bagatelle ? Remplirez-vous Bagatelle si vous installez des lieux confortables pour les courses un peu partout dans l?île?

L?off-course betting nuira un peu à Bagatelle mais cela est inéluctable. Si vous n?avez pas de tels lieux, les gens iront chez les bookmakers clandestins. Heureusement, la police des jeux accomplit un travail considérable depuis le début de l?année? Depuis la mi-saison 2002, nos courses sont retransmises en Afrique du Sud. Les paris passés là-bas nous ont rapporté quelque Rs 3,5 millions. Ce n?est pas rien. Donc, ce que nous perdrons en billetterie, en assistance, on le récupérera sur le montant des paris.

Vous évoquez la police des jeux. En êtes-vous satisfait ?

Cette police est très bien structurée et connaît son métier. Son effectif comprend des connaisseurs avertis du monde des courses. Ces policiers ont abattu un travail formidable. Je le pense sincèrement.

L?an dernier, j?ai gueulé, j?ai dit que cette police ne faisait pas son boulot. Certains allaient jouer plutôt que d?arrêter les clandestins. Il n?y avait eu que quelques arrestations et les bookmakers clandestins ont prospéré.

Aujourd?hui, pas une journée de courses ne se passe sans que les policiers n?arrêtent une, deux ou trois personnes. Même les bookmakers officiels sont arrêtés...

Ressentez-vous déjà les effets de la baisse de la taxe ?

C?est trop tôt pour le dire. Cette baisse n?a pris effet qu?à la mi-août. Cette mesure permettra de réduira le nombre de bookmakers clandestins. Celui-ci était en hausse à cause d?une taxe prohibitive.

Quel manque à gagner représentent les paris clandestins ?

Le volume total des paris représente environ Rs 1 milliard. Plus de la moitié de ces paris n?est pas déclarée.

Cette année, on compte 57 bookies contre 68 en 2002. A la suite d?un accord, ils déclarent leur chiffre d?affaires pour une journée. Depuis que le contrôle de la police des jeux s?est renforcé, les chiffres ? autrefois dérisoires ? ont doublé. Il y a toutes sortes de paris clandestins. Chez les bookies officiels, certains prennent aussi des paris à crédit. Ces paris à crédit tuent les courses et ils sont illégaux car ils ne sont pas déclarés.

L?industrie hippique est-elle possible sans bookmakers ?

Ce que je peux dire, c?est que le «fix-tote betting» doit être contrôlé si l?on veut qu?il aide les courses. C?est le souhait des commissaires des courses et de l?Etat.

La perception générale est que les courses sont truquées, arrangées et que les bookies et les jockeys sont corrompus?

J?espère que cette perception s?estompe. Qu?il y ait eu des tentatives de corruption, cela ne m?étonnerait pas. Là où il y a de l?argent en jeu...

Toutefois, les commissaires des courses font un travail extraordinaire pour assurer la plus grande transparence. Ils ont les équipements voulus pour analyser tout ce qui se passe durant les courses. Cela dit, je ne crois pas que les courses soient plus truquées ici qu?ailleurs, au contraire.

Pouvez-vous déjà dresser le bilan de la saison ?

Celui-ci sera meilleur que celui de 2002. Ce n?est pas très difficile, direz-vous, car l?an dernier nous avons perdu Rs 8 millions. Nous avons fait de gros efforts sur les dépenses. Les revenus ont augmenté de Rs 6 millions pour 21 journées. Nous ferons certainement mieux à l?avenir grâce aux initiatives de l?Etat : création du Horse Racing Board, un organisme de régulation et de contrôle, la police des jeux,l? off-course betting, la baisse des taxes, entre autres.

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