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Gilles Romera veut tourner un film à Maurice

6 octobre 2003, 20:00

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?Je veux montrer le vrai Maurice.? Et surtout pas en carte postale ! Gilles Romera, réalisateur français et amoureux de l?île Maurice, souhaite tourner à Maurice. L?idée lui vient alors qu?il est attablé un jour au Café du Vieux Conseil. Il y voit une scène du film, une histoire d?amour dans le milieu de la radio.

Il vient se ressourcer de temps à autre au Café du Vieux Conseil, à Port-Louis. Un havre de paix au c?ur de la capitale, tumultueuse et bruyante. Après des balades fortes en émotions et en couleurs dans les bazars ou après ces trajets en bus, qu?il affectionne.

L??il aux aguets, Gilles Romera est attentif à tout ce qui l?entoure. Lorsque quelque chose lui plaît, attire son attention, il le garde en mémoire et le note dans un carnet. Il a une préférence pour les décors typiques dont les marchés et les bazars de Port-Louis, Curepipe ou Quatre Bornes. De tous les pays qu?il a visités, affirme-t-il, au cours d?une longue et riche carrière, c?est Maurice qui l?a le plus marqué.

?Quand je suis en France et que je dois venir à Maurice je dis toujours que je rentre chez moi?? Pourtant il a quasiment fait le tour du monde. Tantôt à l?île de Pâques pour les besoins du film d?Henri Herre L?île du bout du monde, tantôt à Saint-Domingue ou aux Antilles en passant par les Etats-Unis ?

Son parcours professionnel, hétéroclite, l?a mené d?un bout à l?autre de la planète, que ce soit dans le cinéma ou la musique. S?il est aujourd?hui reconnu comme un réalisateur à part entière, il compte à son actif un premier long métrage Fils de ZUP, des courts métrages, des clips musicaux et des publicités.

Pour en arriver là, il a pas mal roulé sa bosse. Des jobs de camelot dans les marchés, de chauffeur et d?animateur social avant d?entrer dans une école de cinéma à Paris. Des trois ans de formation, il n?en fera qu?un après un stage sur un plateau de tournage.

D?expériences en expériences, il se familiarise à tous les métiers techniques du cinéma. ?Ce que j?aimais par-dessus tout, c?était me mesurer à la réalité, rencontrer des gens. En même temps, je proposais ce que j?écrivais de mon côté. J?avais appris à écrire avec une caméra plutôt qu?avec un stylo??

?Pas de jaloux...?

Et ses scénarii plaisent. Pour Fils de ZUP., il a remporté le prix du scénario de la fondation Gan pour le cinéma. C?est aussi grâce au scénario que Jako Raybaut, un chef opérateur de renom, a accepté de participer à une production française.

Gilles Romera fait aussi du coopératif, c?est-à-dire que toutes les personnes ont le même contrat pour le tournage du film. De son passage à l?école du cinéma il dit retenir une phrase de l?un de ses professeurs : ?C?est incroyable ce que l?on peut être nombreux pour faire un film tout seul.? Pas de jaloux donc : si le film marche, tout le monde est gagnant. Idem pour l?inverse?

Pour pallier d?éventuels manques de fonds, Gilles Romera devient parfois régisseur. Ainsi il part en tournée avec de grands artistes, français ou étrangers, de Art Mengo, qui a écrit la musique du Fils de ZUP à U2, à Jean-Jacques Goldman, Alain Souchon, Joe Cocker ou Sting.

Mais malgré tous ces voyages et activités, il donne l?impression que de ne penser qu?à Maurice. Marié à une Mauricienne, il attend avec impatience un permis de résidence. Afin de vivre ici le plus souvent possible. Et y attirer certains producteurs français qui s?intéressent de plus en plus à l?océan Indien?

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