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2004 : l?année du tertiaire
Une législation relative aux études supérieures est en préparation et sera adoptée tôt l?an prochain. Ce document comprend deux points saillants : l?un a trait à l?allocation des bourses et l?autre aux universités privées. Comme il y a beaucoup de demandes de bourses, l?Etat reverra le système actuel pour satisfaire un plus grand nombre. Il envisage aussi de redéfinir la place des universités privées et leurs relations avec les institutions publiques.
Après la réforme du primaire et du secondaire, le ministre de l?Edu-cation Steven Obeegadoo s?attelle à la réorientation et la réorganisation de l?enseignement supérieur : ?2004 sera l?année du tertiaire.? Il l?a assuré hier lors de la première Graduation Ceremony organisée par l?University of Technology Mauri-tius (UTM) au Centre culturel indien Indira-Gandhi à Phoenix. Ils étaient 27 étudiants à obtenir leur maîtrise en Public Sector Mana-gement et 77 autres leur diplôme en Computing and Information Systems.
Depuis des années, il est question d?un livre blanc sur le tertiaire. L?ex-ministre Kadress Pillay et son équipe avaient commencé à en esquisser une ébauche. A son arrivée, Steven Obeegadoo a relancé le projet et mis sur pied une task force pour énoncer les grandes lignes de la stratégie de l?Etat en la matière. Le ministre a indiqué hier que la task force finalise en ce moment le document. ?Nous rendrons public le livre blanc l?an prochain. Il reflétera la vision du gouvernement dans ce domaine.? Selon nos renseignements, c?est le système d?allocation de bourses d?Etat qui a fait l?objet de plus de discussions. Plusieurs suggestions ont été faites en vue d?une révision du système actuel.
Démocratiser les études supérieures
En se référant au livre blanc, Steven Obeegadoo a évoqué la nécessité de démocratiser l?accès aux études supérieures. Il a aussi parlé de l?exigence de la qualité dans le service. Les autorités envisagent, début 2004, de réglementer le secteur. Il y a quelques jours, le directeur de la Tertiary Educa-tion Commission (TEC) soulignait l?urgence d?une législation pour le secteur car des universités étrangères souhaitent installer leurs antennes à Maurice.
Steven Obeegadoo a reconnu que le manque d?espace représente une sérieuse contrainte à l?institution de La Tour Koenig, d?autant que celle-ci sera un ?acteur majeur? de l?éducation tertiaire dans les années à venir. Il est temps, selon lui, que l?UTM opère dans ses propres locaux. Il a donné la garantie que le gouvernement mettra à la disposition de l?université un terrain de 25 arpents à Moka pour y construire son campus.
Lors de leurs interventions, le ministre de l?Education, Peter Coupe, le directeur de l?UTM, Fakhru Currimjee, le président du conseil d?administration, Ahmad Jeewah, le ministre de la Fonction publique, ont retracé le parcours de l?institution depuis son ouverture en juillet 2001. Le constat a été unanime : l?UTM joue un ?rôle prépondérant?. Actuellement, 1 200 étudiants (à temps plein ou à temps partiel) y suivent des cours. Fakhru Currimjee souhaite que l?université ait un rayonnement régional pour s?inscrire dans le projet de l?Etat de faire de Maurice un ?regional knowledge hub?.
rituel troublé
La toque de la discorde
La direction de l?UTM et les invités présents hier à Phoenix n?oublieront pas cette première ?Gradua-tion Ceremony?. Des murmures venant des coulisses s?amplifient et se transforment en éclats de voix. Devant le parterre de personnalités, des détenteurs d?un diplôme, vêtus de leur toge, menacent de boycotter la cérémonie si on ne leur remet pas leur? toque. La vingtaine de détenteurs de maîtrise, assis à côté de leurs parents, a reçu la sienne. ?C?est humiliant. Nous avons pourtant payé Rs 3 000 à l?UTM pour le ?gown? et le chapeau. Aucun d?entre nous ne montera sur l?estrade?, s?indigne Puja très remontée. Il est 13 h 30. Fakhru Currimjee et le Dr Teeluck Bhuwanee, président du conseil d?administration et Registrar, tentent de ramener les manifestants à la raison. Où trouver ces fameuses toques ? Après conciliabule, le premier groupe d?étudiants prêtera le sien une fois qu?il aura reçu ses diplômes du ministre. L?arrangement convient. Il est 14 heures. Le Registrar récuse les accusations selon lesquelles il y a eu ?mauvaise organisation.? Ces ?degree holders?, dit-il, n?ont pas étudié à l?UTM. Certains ont obtenu leur diplôme de la Keele University et d?autres de la London Guildhall-London Metropolitan University. Ils ne pouvaient se rendre en Angleterre pour prendre leur diplôme et nous ont demandé la permission de participer à ce rituel pour faire plaisir à leurs parents. Ils ont eu la toge mais ne pouvaient légitimement porter la toque de l?UTM?. Ils sont 77 ?BSc Holders? de ces deux universités britanniques mais seuls 54 d?entre eux étaient présents à la ?Graduation Ceremony?.
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