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Megh Pillay aux commandes

20 septembre 2003, 20:00

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Les signes avant-coureurs d?un éventuel changement à la tête d?Air Mauritius, sont apparus bien avant l?échéance fixée pour sa concrétisation, à savoir l?assemblée générale annuelle de la compagnie prévue jeudi.

En milieu de semaine, le no 1 de Mauritius Telecom, Megh Pillay, a été pressenti pour être celui qui succédera à Vinod Chidambaram à la tête de la compagnie nationale d?aviation. Sa nomination devra cependant être entérinée par l?assemblée générale.

Vinod Chidambaram, directeur général depuis 2001, a exprimé au président du conseil d?administration d?Air Mauritius, Arjoon Sudhoo, son intention de ne pas solliciter un siège au sein du Board lors de la prochaine assemblée générale annuelle. Ce qui veut dire, automatiquement, qu?il abandonne son poste de directeur général, puisque les termes de son contrat stipulent qu?il ne peut prétendre occuper le poste de n° 1 sans présenter sa candidature à l?assemblée générale.

Vinod Chidambaram quitte son poste à la fin du mois. Il a déjà fait ses adieux au personnel à travers une correspondance écrite vendredi: « C?est de loin que je vais prendre la mesure de ce que nous avons réalisé ensemble, mais d?ores et déjà, j?ai la nette impression que la grande mission a été réalisée lorsque vous aussi vous dites Together We Win. »

Si dans les milieux proches de lui, on souligne avec insistance que sa décision relève d?une initiative personnelle, dans les milieux proches du gouvernement, actionnaire majoritaire de la compagnie aérienne, la version est tout autre.

On indique que Vinod Chidambaram aurait été invité à prendre ses distances d?Air Mauritius, mais il aurait maintenu son intention de briguer un siège au sein du conseil d?administration lors de l?assemblée générale. On lui aurait alors fait comprendre que s?il maintenait sa candidature, il ne serait pas soutenu par l?état. Si une telle éventualité se produisait, il partirait sans aucune compensation aucune, lui aurait-on indiqué.

Poussé vers la portede sortie

La possibilité pour Vinod Chidambaram de résister à ce courant qui le pousse dehors était minime pour ne pas dire inexistante. Car les deux partenaires de l?alliance gouvernementale sont d?accord sur ce point.

D?ailleurs, le gouvernement avait fait état de son mécontentement à l?égard de la direction d?Air Mauritius. Dans son édition du 14 septembre, l?express dimanche évoque, entre autres, la participation d?Air Mauritius à un projet de privatisation d?Air Botswana qui envisage de céder 49 % de ses actions. L?état estime qu?il y a eu empressement de la part d?Air Mauritius et lui reproche de n?avoir pas jugé utile de rechercher son feu vert. On reproche à Vinod Chidambaram de ne pas tenir le Board au courant de ce qui se passe dans la compagnie. Ainsi, le gouvernement n?aurait pas apprécié la mise en place d?un programme de formation avec l?aide d?Air France.

Dans les milieux proches de directeur général, on réfute ces arguments. On défend la position et le bilan de ce dernier : « La performance d?Air Mauritius a été remarquable compte tenu de la situation difficile qui prévalait dans le transport aérien international depuis l?attentat du 11 septembre. La compagnie a décroché l?African Aviation Award et le Gold Award pour la qualité de New York. »

Comme une lettre à la poste

Tout semble favoriser la candidature de Megh Pillay, même ceux qui, au conseil d?administration d?Air Mauritius, n?ont pas apprécié la façon dont sa candidature a été annoncée et commentée par le principal concerné lui-même.

« Selon les règles de la bonne gouvernance, on aurait d?abord dû soumettre sa candidature au conseil d?administration et attendre, au moins, que celle-ci soit votée et approuvée par l?assemblée générale. Quoi qu?il en soit, nous ne sommes pas contre la candidature de Megh Pillay. Il est peu probable que nous contesterons sa candidature lors d?assemblée de jeudi », estime une source proche des mécontents au sein du conseil d?Air Mauritius.

Megh Pillay est considéré comme ayant la poigne nécessaire pour mener à bien les négociations pour la mise en place d?un partenariat avec Air France. On l?a déjà vu à l??uvre dans le partenariat conclu entre France Telecom et Mauritius Telecom. On lui attribue particulièrement la limite à 20 % des parts que France Telecom a acquis dans Mauritius Telecom.

Bien qu?il soit perçu comme un proche de Sir Anerood Jugnauth, Megh Pillay bénéficie de l?appui de Paul Bérenger, vice-Premier ministre et prochain Premier ministre. Lui-même l?affirme : « J?ai demandé et obtenu une liberté totale dans la gestion d?Air Mauritius, bien sûr sous le contrôle du conseil d?administration. Et le Premier ministre et le vice-Premier ministre m?ont tous deux assuré de leur appui total. »

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