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Les infirmiers partent en guerre
Les infirmiers affûtent leurs armes et se préparent à un affrontement syndical avec le gouvernement. Des réunions de mobilisation ont lieu dans les hôpitaux au cas où les ministères de la Santé et du Service civil rejetteraient le litige déclaré depuis le 10 septembre.
Onze mois après l?importante manifestation qui devait précéder la grève annoncée pour le 18 novembre, les blouses blanches ont de nouveau déterré la hache de guerre. Le gouvernement devra s?attendre au pire, le 1er octobre, s?il rejette le litige déclaré par la Nursing Association et la Nurses Union : les infirmiers menacent de faire un go-slow et de ne plus accomplir les tâches qui ne figurent pas dans leur contrat de travail.
« Les infirmiers s?attendent eux aussi au pire. Mais nous n?allons pas nous asseoir tranquillement et attendre le dernier moment pour préparer un affrontement syndical», confie Cassam Kureeman, président de la Nurses Union. Il ajoute que le but de ces réunions est de faire « pression sur le gouvernement pour qu?il reconnaisse la valeur des infirmiers».
A l?hôpital Victoria, mardi, Francis Supparayen, Govindass Nathoo, respectivement président et secrétaire de la Nurses Association, et Cassam Kuree-man ont repris leur bâton de pèlerin. Ils énumèrent les motifs de mécontentement : le non respect de l?accord portant sur le nombre de quatre Charge Nurses et d?un Ward Manager attachés à chaque salle; le gel depuis 1993 des cours destinés aux Community Nurses: l?accumulation des tâches ne figurant pas dans leur contrat, et l?exode des infirmiers employés dans des unités spécialisées.
Le calme apparent des quelque cinquante infirmiers réunis dans la cantine pour les écouter contraste avec le discours mordant des représentants syndicaux. «Nous bisin continuer nous la lutte face à l?injustice. Si premier fois nous pas fine gagne satisfaction, pas question ki nous baisse lébras ! Si éna pou refaire nou pou refaire !» tonne Cassam Kureeman. Sans patience, on n?arrive à rien, souligne Francis Supparayen. «Progrès là pou vini doucement-doucement. Zot bisin accroche zot.»
Peu de réactions, sauf quelques infirmiers qui approuvent du regard. L?assemblée grossit, les retardataires se tiennent dans le couloir pour écouter les syndicalistes. Quelques-uns posent des questions. « On n?en a pas l?air mais tout cela nous stimule pour poursuivre la lutte afin que l?on reconnaisse nos efforts», souligne une infirmière affectée à la maternité. « Méfiez-vous de l?eau qui dort. Souvenez-vous de la manifestation de l?an dernier », dit-elle en souriant. Un autre raconte sa misère : « Nous faire beaucoup travail qui pas concerne nous, lerla nous pas gagne létemps prend compte malade. »
On lit la détermination sur leurs visages : « Nous sommes prêts à tout recommencer. Encore une fois, ce seront les patients qui devront souffrir de notre frustration? » La réunion terminée, les infirmiers présents à la réunion rapporteront les points forts à ceux qui n?ont pu y assister. Histoire de diffuser les dernières nouvelles.
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