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Maurice jouera la carte de l?union face à l?OMC

20 septembre 2003, 20:00

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C?est entouré de la délégation mauricienne et de représentants du secteur privé au sommet de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) que Jayen Cuttaree, ministre de l?Industrie et du Commerce international a présenté le bilan de sa délégation. Seule absence remarquée, celle de Pravind Jugnauth, le ministre de l?Agriculture qui était retenu ailleurs. Cuttaree dispose déjà de son plan de bataille. Le statu quo obtenu à Cancun doit servir à consolider les alliances des pays les moins avancés (PMA) et des pays en développement (PED). Mais le répit temporaire doit aussi être l?occasion pour l?industrie mauricienne de se restructurer.

Pravind Jugnauth l?avait rappelé la veille et Jayen Cuttaree l?a encore répété : « La notion de préférences commerciales pour les pays en voie de développement et les pays les moins avancés est établie et acceptée par l?OMC ». Mais la mise en ?uvre de ces préférences n?a pu être finalisée, faute d?accord lors du sommet ministériel. Sur ce sujet le combat semble être gagné. Il reste cependant à définir les bénéficiaires de ces préférences parmi les PED, moins vulnérables que les PMA.

L?unité fait la force à l?OMC. Maurice l?a découvert. C?est donc en association avec une ligue de PMA, l?Union africaine et les pays d?Afrique, Caraïbes et Pacifique, que Maurice compte relancer les négociations qui reprennent dès

le 30 septembre lors d?une réunion ministérielle à Genève. Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council et membre de la délégation mauricienne à l?OMC partage cet avis : « Nous devons consolider cette coalition et harmoniser ses revendications. Cela fera d?elle un interlocuteur incontournable lors des négociations », explique-t-il.

« Il faut privilégier le système multilatéral », affirme de son côté Jayen Cuttaree. Les avantages consentis par les pays développés sont applicables à tous les pays selon ce principe. Rajiv Servansing de la Chambre de commerce et d?Industrie acquiesce : « Cela évite les rapports de force dans lesquels les pays économiquement forts imposent leurs conditions aux faibles ».

Mais les dossiers restent en suspens. « Le texte auquel on était arrivé à Cancun sur la question de l?accès aux marchés non agricole était acceptable pour Maurice », selon Jayen Cuttaree. Mais ce n?est pas aussi simple sur les autres questions. L?agriculture divise, par exemple, toujours les pays africains. Les sujets de Singapour regroupant les questions sur l?investissement, la concurrence et l?attribution des marchés publics provoquent toujours une allergie chez les PED et les PMA.

Un des gros morceaux pour Maurice demeure le textile. Jayen Cuttaree exprime une demi-satisfaction « nous avons obtenu un breathing space pour le textile. » Mais il prévient que ce répit doit être utilisé par l?industrie textile et l?industrie sucrière pour accélérer le processus de modernisation et de restructuration qui est déjà en cours.

« Clause de paix »

Mais tenir des points de presse séparément comporte ses aléas. Pravind Jugnauth s?inquiète de l?expiration de la « clause de paix » en décembre, tandis que Cuttaree temporise. Cette clause empêche les pays membres de l?OMC de contester les préférences commerciales accordées à d?autres pays jusqu?en décembre. Passé ce délai les préférences consenties au textile ou au sucre mauricien pourront être remises en cause. Cuttaree temporise « l?un des enjeux des négociations qui débutent dès le 30 septembre sera de repousser la date d?expiration de la clause de paix. Il ne faut pas s?alarmer à ce sujet. »

L?objectif de Cuttaree est ainsi défini : obtenir le fameux acceptable overall outcome dont parle la déclaration ministérielle de Cancun. Pour cela, il compte encore une fois multiplier les discussions avec Supachai Panitchpakdi, le directeur général de l?OMC, Pascal Lamy, le Commissaire européen au commerce ainsi qu?avec Robert Zoellick, qui est le US Trade Representative.

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