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Alliance social du séisme à l?implosion
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Alliance social du séisme à l?implosion
C?est une Alliance sociale orpheline qui a lancé sa campagne à Piton-Rivière-du-Rempart. Même si on a évité soigneusement de parler de Harish Boodhoo ? celui qui a pris l?initiative de rassembler les partis de l?opposition ? son ombre a plané tout au long du meeting de vendredi. Et pour cause, plus d?un dans l?opposition attendait de lui qu?il dynamite, avec son dossier rapporté de Londres, la campagne électorale, anéantisant ainsi les chances de l?alliance MSM-MMM de remporter la partielle du n° 7. Or, c?est l?inverse qui se passe. On assiste au retour du boomerang. Un retour violent?
De son bureau portlouisien ou de son domicile de Belle-Terre, Harish Boodhoo ne se contente plus d?une hibernation annoncée. Dans l?interview qu?il nous a accordée (voir page 8), jeudi soir, il lance des propos explosifs, mais à l?encontre des travaillistes. « Ils n?ont qu?à s?en prendre à eux-mêmes si Bérenger ? dont il énumère également les qualités ? devient Premier ministre. Que les travaillistes ne comptent pas sur moi pour des soulèvements populaires, pour des actions anti-mauriciennes ! »
À Rivière-du-Rempart vendredi, les membres de l?Alliance sociale, pas encore au parfum des derniers propos de Boodhoo, ont exclusivement parlé de leur cible commune : Paul Bérenger. Dans leur discours, ni Navin Ramgoolam, ni Madun Dulloo, ni Xavier Duval, encore moins les dirigeants travaillistes, n?ont fait allusion au « congé politique » du père de l?Alliance sociale. Ils ont fait comme si de rien n?était. Or ce départ est de taille, il alimente toutes les discussions des politiciens depuis samedi dernier, surtout dans les rangs de l?opposition, prise de court, et sérieusement secouée, même si on ne l?avoue pas ouvertement.
Valayden : seul ami
Rama Valayden, leader du Mouvement républicain, aura été le seul dirigeant de l?Alliance sociale à évoquer Harish Boodhoo : « Sa place est parmi nous. Il faut qu?il revienne. » Valayden est aussi le seul à connaître tout le dossier compilé à Londres par Boodhoo. De même, au sein de l?Alliance sociale ce tandem était inséparable. Il l?est toujours?
Or, à écouter Harish Boodhoo, qui ne passe pas par quatre chemins désormais pour blâmer le précédent gouvernement travailliste pour son « immobilisme » et surtout pour rappeler qu?il a dû « arranger » une alliance entre le MSM et le MMM (l?accord de Med Point) pour « sauver le pays de la catastrophe », il semblerait que le souhait de Valayden soit irréalisable. À moins d?un autre revirement spectaculaire. D?ailleurs comme dit Boodhoo, rien n?est impossible en politique. Il parle d?expérience, ancienne et nouvelle?
Boodhoo « un emmerdeur qui imposait ses conditions »
Au sein du PTr, certains exultent à la suite de la décision de Boodhoo. « C?était un emmerdeur. Il imposait ses conditions. Il n?en faisait qu?à sa tête. Le leader a raison : nous n?avons pas besoin de lui. D?ailleurs nous sommes le plus grand parti du pays », confie un ancien ministre rouge. Un autre ajoute que Boodhoo semait la division au sein du parti et qu?il ne faisait pas l?unanimité parmi les agents travaillistes. « Nou banne dimounes pas content li. Zotte pas comprend ki faire li attaque nous mêmes ek épargne banne ennemis lotte côté. »
Ces derniers temps, le leader du PTr a eu toutes les peines pour réconcilier tout le monde. Au départ des dénonciations de Harish Boodhoo contre certains anciens ministres de son parti, il avait dit : « Il ne faut pas qu?on se tiraille entre nous et qu?on se trompe de cible ». La perspective de la partielle au n° 7 et ses réalités sociopolitiques ne lui permettaient pas de se brouiller avec l?homme de Belle-Terre, dont la capacité organisationnelle en milieu rural est un atout de taille. Puis voyant que les choses ne s?arrangeaient pas, bien au contraire, Navin Ramgoolam avait lancé sur un ton exaspéré : « Nous sommes un grand parti. Nous n?avons pas besoin de Boodhoo. »
Selon un membre de l?Alliance sociale, Navin Ramgoolam a clairement choisi son camp, c?est-à-dire ses lieutenants du parti. « Il courait le risque d?avoir une hémorragie rouge s?il n?avait pas tranché », explique un dirigeant de l?Alliance sociale. Selon ce dernier, Ramgoolam a également envoyé un message à qui de droit : « Il offre certes son temps, son amitié, et il est toujours humble. Mais il ne faut pas confondre humilité et mollesse. » Une autre possibilité serait que la stratégie de Ramgoolam soit de ne pas se mettre à mal avec Boodhoo, d?où ses rencontres pour « dialoguer ».
Harish Boodhoo, remonté par des allégations que font à leur tour courir d?anciens ministres travaillistes à son égard, sait également se montrer menaçant : « J?espère garder des relations civilisées avec les travaillistes ». Et à son « ami Navin », il conseille de ne jamais « humilier » un dirigeant politique? D?ailleurs ne dit-il pas que Bérenger est un « grand bosseur et qu?il n?est pas un fils à papa ».
Comme prévu, la suite du séisme annoncé a été intéressante. Après les propos d?un Boodhoo, désormais en colère, la suite s?annonce tout aussi explosive.
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