Publicité

Ces gaz qui embrasent?

14 septembre 2003, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On peut être porteur de lumière sans pour autant brandir un flambeau. C?est ce que fait le phosphore et son nom le dit lumineux. L?élément luit quand l?air le permet. Il peut alors profiter des bonnes dispositions du milieu pour s?enflammer. Au labo on le conserve donc sous une couche d?eau.

Des vapeurs dérivées de cet élément luisant peuvent s?insinuer jusqu?à la surface à travers des sols qui en sont riches. Elles brûlent alors en flammèches ayant l?air d?errer au ras du sol. On les appelle feux follets. Comme les cimetières soupirent ces vapeurs, le folklore s?est enrichi de bien des superstitions.

Le phosphore est bien connu pour sa contribution aux allumettes. Mais il rend aussi les plantes plus vives. Elles absorbent des phosphates par la racine avant de les incorporer à leurs cellules.

Là, le rôle du porteur de lumière est de jouer avec l?énergie. La scène où se passe l?action inclut l?ensemble des tissus vivants. L?acteur principal est une molécule riche d?une triple dose de phosphates. Pour se mobiliser elle baisse sa richesse d?un cran, d?une dose. Cette perte est un gain pour une réaction chimique qui, chez le vivant, emprunte l?énergie d?une molécule pour la prêter à une autre. Cette subtilité est une des recettes de la nature pour agir à petits pas quand il faut construire ou détruire.

Ironie de la chimie, si le phosphore brûle et transmet de l?énergie, ses dérivés contribuent au contraire à freiner les flammes dans des plastiques. Les phosphates changent de tactique et pressent sur le champignon dans des détergents surtout ceux des temps passés où ils accéléraient les performances. Les écolos ne les voient pas d?un bon oeil parce qu?ils stimulent des excès de végétation. En revanche le bricoleur leur dit merci car en enlevant la rouille du fer l?acide phosphorique y laisse une couche protectrice. Pour jouer à la douche écossaise et jeter du froid après une dose de chaleur ajoutons une pincée de mal en disant que les pesticides organophosphorés sont aussi toxiques aux pestes qu?aux gens qui les veulent occire.

Poisons mortels

Le nom de l?élément qui suit, azote, est trompeur. Un peu comme certaines réclames à la télé. Le mot veut dire sans vie. Le gaz ne la soutient pas, c?est vrai. Il fait des cyanures qui sont poisons mortels, c?est encore vrai. Mais d?autre part il n?y aurait pas de vie sans azote car l?élément fait partie des protéines. Elles élaborent nos chairs qu?elles soient celles de sveltes silhouettes comme la Venus de Botticelli ou des formes plus plantureuses comme certains nus de Renoir.

Cet azote inerte dans l?atmosphère, remplissait aussi des ampoules électriques dans le passé car il empêchait le filament de se consumer. Aujourd?hui on lui adjoint de l?argon encore plus réfractaire aux alliances. Toujours célibataire, l?azote devient liquide à température bien au-dessous de zéro. Il est alors idéal pour conserver au frais des embryons humains destinés à des manipulations ou à leur nid normal : lakaz baba.

En partenariat avec l?hydrogène le gaz devient ammoniac à l?odeur étouffante, mais ranimant dans le passé des beautés tombant dans les pommes. S?il réveille ainsi la chaleur du corps l?ammoniac peut aussi servir de réfrigérant dans divers appareils.

L?association des deux compères azote et hydrogène mène encore à des molécules dites amines qui sont volontaires pour de nombreux rôles y compris la fabrication de protéines. Elles sont toutefois un peu ?minantes? comme dirait Ton Zorz quand elles sont assez ringardes pour donner leurs relents aux poissons gâtés.

Quant c?est l?oxygène qui est l?associé de l?azote, la molécule peut être hilarante. Elle est utilisée par le dentiste devant lequel on ouvre alors bien la bouche sans douleur. Ce qui lui permet d?opérer sans mentir comme un arracheur de dents. Un partenariat plus poussé avec l?oxygène engendre des nitrates. Ils nourrissent des plantes qui en font des protéines. Mais ces molécules utiles laissent dans notre corps des déchets azotés. Ils sont convertis en urée par le foie. Bien que pas un bienfait chez vous et moi, ce résidu n?est pas perdu. Il est rejeté par les reins et faire pipi sur le gazon nourrit les plantes.

Nous sommes des mammifères. Supérieurs par certains points. Mais un excès d?urée dans le sang nous envoie aux urgences. En revanche les requins, les vrais qui vivent dans la mer, sont capables de tolérer un taux très élevé. Ce qui donne à leur chair un goût désagréable.

Reptiles et oiseaux de leur côté le convertissent en acide urique éliminé comme petite tache solide et blanche accompagnant ces indiscrétions dont sont coupables les lézards. Nous produisons de faibles doses de cet acide qui sont rejetées sans problème. Mais quelques grains se glissant dans des cartilages de l?oncle Edgar le font horriblement souffrir de la goutte.

?En partenariat avec l?hydrogène l?azote devient ammoniac à l?odeur étouffante, mais ranimant dans le passé des beautés tombant dans les pommes. S?il réveille ainsi la chaleur du corps l?ammoniac peut aussi servir de réfrigérant dans divers appareils.?

Publicité