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Michel Jonasz, sur les traces du souvenir
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Michel Jonasz, sur les traces du souvenir
?Les rêves nous disent qu?il reste toujours une dernière chance.? La possibilité d?aller à la rencontre de soi, tout en communiant avec des salles entières. L?occasion de montrer que ?derrière une apparente nostalgie, il y a une vraie joie de vivre.? Composant avec la part d?autobiographie qui caractérise les chansons faites sur mesure, et l?imaginaire, Michel Jonasz se joue des paradoxes.
Pour mieux s?interroger. Davantage nous interpeller. Où vont les rêves. Titre du dernier album de ce chanteur français étiqueté ?bluesy?, il est aussi l?intitulé de l?unique concert que Michel Jonasz donnera mercredi à 20 heures au théâtre du Plaza.
Dans un entretien accordé à France Soir en février 2003, l?auteur-compositeur-interprète démystifie son ?uvre. ?Où vont les rêves ? La réponse est dans la chanson. ?Ils se baladent au c?ur de la nuit, derrière la lune suspendue, dans l?espoir que l?on s?en souvienne.? Un désir non refoulé de retrouver les joies simples de l?enfance, ce qui explique le choix de la photo de famille en guise de pochette de l?album sorti en novembre 2002. ?Cette photo de ma s?ur Evelyne et moi, date de l?été 1952. Ce cliché de vacances à La Baule est vraiment en rapport avec l?album. Avec ce titre, je voulais une photo d?enfant. Elle est attendrissante. On se regarde pas mais on sent l?amour. Elle est avec son nounours et moi avec mon tambour. La musique, le rythme est déjà là.?
Enregistré en une semaine et en prise directe, l?album met à contribution la basse omniprésente d?Etienne Mbappé, les claviers de Lionel Fortin et la batterie de Steve Gadd. Un trio-écrin pour ?une musique dépouillée, qui navigue entre nostalgie et swing?, des ballades jazzy aux accents tziganes et du rythm & blues made in France. A écouter, selon la critique, comme on feuillette un album de famille.
Sur Où vont les rêves, Michel Jonasz partage avec le public, ?des textes ciselés, ronds et chauds qui disent la beauté de la planète, la magie de la lenteur, l?amour furtif, les voyages immobiles de l?habitué de bar.? Comme autant d?offrandes, il livre également des lettres d?amour retrouvées au fond des tiroirs de la mémoire, ressort des disques qui ont bercé sa jeunesse et se souvient de son grand-père.
Incursion au cinéma
Petit-fils de juifs hongrois déportés, Michel Jonasz est né le 21 janvier 1947 à Drancy, sur les ruines d?un camp de transit. Il grandit entre des grands-parents maternels qui se sont rencontrés sur une scène de théâtre en Hongrie, où ils chantaient l?opérette, un père qui faisait du violon et une mère qui chantait souvent.
A l?adolescence, il s?inscrit tour à tour à des cours de dessin puis de théâtre, avant de découvrir sa vocation en écoutant le blues de Ray Charles. Michel Jonasz enregistre un premier 45 tours en 1967, sous le nom du groupe King Set. Après la séparation du groupe, il passe en première partie de la tournée du chanteur Christophe. Le premier 45 tours sous son propre nom sort en 1969, au millieu de l?indifférence générale. Après une période de galère, Michel Jonasz est en lever de rideau du duo Stone et Charden à l?Olympia en 1972.
Son second album, Changez tout, lui permet d?affirmer son identité musicale, grâce au succès de Vacances au bord de la mer, joyeux prélude à Je voulais te dire que je t?attends, titre récemment repris par Jonatan Cerrada, le lauréat de A la recherche de la nouvelle star, émission de télé-réalité de la chaîne M6. La preuve que le chanteur plus connu pour son tube La boîte de jazz, extrait de l?album Unis vers l?uni, sait aussi être mélancolique. La boîte de jazz vaudra d?ailleurs à Michel Jonasz, un triple triomphe aux Victoires de la musique en 1985.
A l?issue de la cérémonie, le chanteur repart avec le trophée récompensant l?interprète de l?année, la meilleure chanson et le meilleur réalisateur d?album. Ce qui ne l?empêche pas de faire une incursion au cinéma, avant de retrouver le vertige des albums à succès et des grandes salles parisiennes pleines à craquer. Avant de s?arrêter au Plaza, la tournée Où vont les rêves a débuté au Bataclan. Car c?est là, qu??acteur de ses propres songes qu?il aime faire partager, Michel Jonasz a jonglé ici sur un air de scat, là, mimé une danse improbable.?
- Prix des places : Rs 300 à l?orchestre (sièges numérotés), Rs 200 au balcon. Les billets sont en vente au CCB, au CCEF, à l?Alliance française, à Bell-Village, au Cifod et au Kiosque d?information du Caudan Waterfront.
Aline GROËME
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