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Molière en fête

14 septembre 2003, 20:00

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L?Atelier Théâtre Pierre Poivre enchaîne ses activités. Après Nu mem, ses acteurs reviennent fouler le plancher du théâtre dans les rôles de personnages classiques. Sous le haut patronage de la Mairie de Port-Louis, l?Atelier Théâtre Pierre Poivre nous a joué Tartuffe et Le Malade imaginaire de Molière au Théâtre de Port-Louis. La troupe de Rowin Narraïdoo a su montrer que ses acteurs sont à la hauteur de leur talent dans la représentation des pièces classiques.

Il faut se rendre à l?évidence. Le théâtre n?est pas moins une passion individuelle qu?un art pédagogique pour Rowin Narraïdoo.

C?est là un mérite qu?on doit lui reconnaître. En jouant Tartuffe et Le Malade imaginaire, toute la troupe de l?Atelier Pierre Poivre a participé à la vie scolaire des étudiants mauriciens qui malheureusement ne savent pas toujours bien répondre à cet appel.

Par ailleurs, il est dommage que leurs représentations ont coïncidé avec les Jeux des îles. Le regard était quelque peu ailleurs.

Quoi qu?il en soit, avec Narraïdoo, il faut voir le théâtre autrement. Derrière son travail de mise en scène se cache une volonté de transmettre aux jeunes son goût pour le théâtre en leur offrant la possibilité, qu?ils soient talentueux ou pas, de monter sur scène. Sa troupe porte bien son nom ?atelier?. La formation des jeunes au théâtre est l?objectif principal.

Cela explique la variation dans la manière de jouer d?un acteur à l?autre, selon leur talent et expérience. Pendant que certains excellent dans leur jeu tout en dominant la scène, d?autres s?empressent de délivrer leurs discours timidement et avec maladresse. Ces derniers, n?étant pas tout à fait au point dans leur art d?être sur scène, semblent avoir confondu le jeu d?acteur avec une séance de récitations. Leurs tirades une fois terminées, ils se retirent sur la pointe des pieds. A l?arrière scène, on les voient encore profiter d?un moment pour quérir discrètement l?opinion du voisin quant à leur performance.

Par ailleurs, l?idée de remplir le vide du jeu théâtral en rajoutant ou en improvisant certains gestes n?est pas du tout mauvais. C?est même remarquablement bien. Néanmoins, ces mimiques en arrière-plan ne doivent pas attirer l?attention du spectateur de telle manière à la détourner de l?action principale. Les gestes secondaires ne doivent pas empiéter sur l?action principale. Ils sont là pour éviter que toute une pléiade d?acteurs ne soient transformée, par la force des choses, en statues pendant qu?un des leurs est en train de réciter sa tirade. Les acteurs au second plan doivent minimiser leur gestuelle.

On comprend que Rowin Narraïdoo aurait pu être plus rigoureux quant au choix des acteurs. Mais il a voulu laisser la chance à tout le monde et c?est en ce sens que le théâtre est chez lui une passion pédagogique. Et ça le public l?a très bien compris. Si le théâtre est un art, il nécessite un long et rigoureux entraînement. Comment sinon créer des acteurs si on ne leur offre pas l?occasion d?affronter le public avec leur force et faiblesse au détriment, parfois regrettable, d?une excellente réalisation ? Le jeu en valait bien la chandelle.

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