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Air Mauritius : du rififi dans l?équipage
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Air Mauritius : du rififi dans l?équipage
Des têtes vont probablement rouler lors de l?assemblée générale d?Air Mauritius qui aura lieu le 25 septembre même s?il est prématuré à ce stade de dire si l?actuel General Manager sera remplacé ou pas. Je sens qu?il y a tout au moins un courant assez fort pour le side-line. » Tel est le sentiment exprimé, vendredi après-midi, par une source proche du pouvoir.
Pour éviter tout conflit qui risque de faire du tort à la compagnie aérienne, certains milieux évoquent déjà l?éventualité « d?accorder un contrat de gérance à une compagnie étrangère qui ne soit pas en compétition directe avec Air Mauritius ».
À l?issue des dissensions entre sir Harry Tirvengadum, l?ancien président du conseil d?administration et Vijay Poonoosamy, l?ancien General Manager, la compagnie avait en mars 2001 licencié ce dernier six mois après son entrée en fonction. Embauché en juin 1988, il avait d?abord dirigé le département des affaires juridiques d?Air Mauritius. À la suite de son renvoi, il a obtenu des indemnités de l?ordre de Rs 7 millions environ. Il avait réclamé des dommages de Rs 8 millions.
Le gouvernement entend cette fois-ci éviter de débourser de telles sommes à deux ans d?intervalle.Si le dossier Air Mauritius n?a pas été explicitement abordé lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le ton utilisé à propos des questions liées de près ou de loin à l?aviation civile laisse à penser que le gouvernement entend remettre les pendules à l?heure à la prochaine assemblée générale.
« L?analyse de ce dossier fait l?unanimité et ne risque pas de mettre en péril l?entente affichée entre les deux principaux membres de l?alliance gouvernementale », ajoute cette même source.
Un projet de privatisation
Les autorités ont, semble-t-il, mal digéré l?empressement avec lequel la direction d?Air Mauritius se proposait de participer au projet de privatisation de Botswana Airline. Cette compagnie, qui connaît actuellement des difficultés de trésorerie, envisage de vendre 49 % de ses actions, et Air Mauritius aurait laissé entrevoir son intérêt sans obtenir au préalable l?aval du gouvernement, pourtant actionnaire majoritaire de l?entreprise. Il était question que Paille-en-Queue Court débourse Rs 8 millions pour un exercice de due diligence. Il est également reproché au General Manager de ne pas tenir le conseil d?administration suffisamment au courant de ce qui se passe dans l?entreprise.
« La direction a tendance à se comporter comme du temps où la compagnie était dirigée par un P.-d.g. qui tranchait à sa guise. À l?époque, les réunions du conseil d?administration duraient à peine un quart d?heure. Les choses ont changé depuis et j?ai comme l?impression que le GM a du mal à s?adapter au nouveau rythme », explique un membre du conseil d?administration qui n?est pas chaud pour s?engager dans un tel projet. Il estime qu?Air Mauritius a d?autres priorités dans l?immédiat.
« Tout le monde sait que nous venons à peine de revoir tout notre fonctionnement et que plusieurs départements nouvellement instaurés sont encore en période de rodage. Avant de vouloir aller mettre de l?ordre ailleurs, nous gagnerions à ranger d?abord notre maison », dit-il.
Notre interlocuteur ne partage toutefois pas l?avis de ce proche du gouvernement qui avance que d?importants changements sont à prévoir le 25 septembre. « Je conçois ce qui se passe tout simplement comme un warming-up en prévision de l?assemblée générale. Nous avons souvent vu des gens critiquer la direction de la compagnie dans l?unique but de se faire remarquer, pour ensuite solliciter des contrats auprès de la direction. »
Intransigeance critiquée
Un proche de la direction réfute cependant l?accusation d?empressement portée contre Air Mauritius par rapport au dossier botswanais. « Les choses ne se passent pas comme ça. Les décisions sont prises après mûre réflexion. Nous avons introduit depuis bientôt six mois, une gestion collégiale qui s?appuie sur cinq branches.
Trois des cinq responsables, à savoir Cornwell Muleya, Pierre Daspoux et Venkatarama Ramachandra, viennent respectivement de la Zambie, de la France et de Singapour. Ils ont tous trois fait leurs preuves dans le domaine de l?aviation civile internationale. Ils sont très recherchés par les chasseurs de tête. Ils n?ont que faire de certaines de nos considérations locales et ne s?intéressent qu?aux résultats. Leur intransigeance ne plaît pas à ceux qui ne vivent que du lobbying. Je ne suis pas étonné d?apprendre que certains s?amusent à critiquer à tort et à travers. »
Air Mauritius fait également les frais d?une cohabitation chaotique entre des nominés de divers bords politiques. « Il convient de se rappeler que la compagnie a des cadres de différents bords politiques et que certains n?hésitent pas à se tirer dans les pattes », avance un cadre.
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