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La prison pour le constable coupable

12 septembre 2003, 20:00

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Sanjeev Beedassy, un constable de 29 ans, a été trouvé coupable d?homicide involontaire en tuant d?un coup de revolver un collègue à la résidence de l?ancien président de la République, Cassam Uteem. Le magistrat Denis Vellien, qui siégeait en cour intermédiaire, l?a condamné à quatre mois de servitude pénale.

L?accident fatal se déroule le 19 septembre 1995, à Mare-Gravier, Beau-Bassin, à l?entrée de la demeure des Uteem. Dans la journée, l?accusé prend la relève au Sentry Box. Son prédécesseur lui présente le revolver de service, le barillet à découvert, de même que cinq balles de calibre 0,38.

Le constable, suivant le règlement, lui indique l?état du Note Book concernant les entrées et sorties de véhicules. Sanjeev Beedassy prend alors son service et reste à l?intérieur du Sentry Box. Moins d?une demi-heure plus tard, Anil Outim, la future victime, se présente à l?entrée sur sa motocyclette. C?est le calme plat. Sanjeev Beedassy se lève, ôte le revolver de son étui, s?assied de nouveau. Méthodiquement, il commence à insérer les balles, une par une, dans le barillet. «Alors que je refermais le revolver, mon coude droit a percuté une cloison. J?ai entendu un bruit, comme un coup de feu. Le revolver m?a échappé des mains. Et j?ai vu le constable Anil Outim tomber à la renverse. Le sang dégoulinait sur son visage.»Anil Outim rend l?âme peu après.

L?accusé réfute la version du constable Munisami, présent lors de l?incident. Selon ce dernier, Sanjeev Beedassy aurait, à ce moment précis, sorti son revolver pour plaisanter. «Hé, mo touye toi ?» aurait-il lâché à Anil Outim. La balle serait alors partie.

Le constable plaide non-coupable d?homicide involontaire. Entre temps, Sanjeev Beedassy est suspendu de son emploi. Au cours du procès, la défense contre-interroge Deepsing Beeharry, Chief Forensic Science Officer. Celui-ci n?exclut pas que des «défauts» existant avant le drame étaient toujours présents sur le revolver avant qu?il ne l?examine. Un élément sur lequel met d?ailleurs l?accent Me Manish Ajodah à l?heure des plaidoiries.

Le principal témoin à charge pour la poursuite demeure le constable Munisami qui, aux yeux du magistrat, «a été convaincant». Quand un haut gradé l?interroge sur les événements, il répond que le coup est parti accidentellement. Et la défense revient sur ce point. Au magistrat Denis Vellien de juger : «He could have in a moment of shock and panick, stated so, but, after having watched his demeanour in Court, I am satisfied that he gave a true account of what had taken place that day.»

Le magistrat ajoute encore qu?il n?est «pas raisonnable» pour un constable de charger son revolver dans un endroit aussi exigu que la Sentry Box. De plus, dit-il, il est difficile de croire que l?accusé a attendu 30 minutes avant d?insérer les balles dans le barillet.

Le magistrat termine : «La position du défunt, assis sur sa motocyclette à côté de l?accusé, lequel se trouve alors dans le Sentry Box, porte à croire que Sanjeev Beedassy a du pointer son revolver complètement à gauche pour toucher la victime.»

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