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De l?enfer au paradis
Avant le sacre de samedi soir, l?équipe de Maurice de volley-ball a souffert mille maux. La première défaite contre les Seychelles (3-1) en match d?ouverture installe le doute et entame le moral de l?équipe. La prestation est mitigée. La réception-service est montrée du doigt, de même que la distribution.
Fayzal Bundhun procède à des changements tactiques et lancera des remplaçants, tels qu?Éric Louise et Vivian Laviolette, dans le bain lors de la deuxième sortie. Maurice perdra (3-2) après avoir longuement mené lors du 4e set qui lui était dédié. Le tie-break sera une répétition de ce 4e set. Quand ça ne va pas dans la tête, les jambes ne répondent plus. Néanmoins, on notera une amélioration dans le jeu mauricien. En fait, c?était le point de départ d?une montée en puissance.
Place aux jeunes
La demi-finale, quelle histoire ! Menée 14-10 au tie-break, Neeraj Mounien et ses coéquipiers reviendront dans la partie. Ce retour en puissance les galvanise. Tandis que les Réunionnais, favoris de ce tournoi tant ils évoluaient à un niveau supérieur des autres équipes, craquaient. Le capitaine mauricien aura joué le match de sa vie. ?C?est clair, la demi-finale est le match de ma vie. L?équipe à battre était la Réunion. Après cette victoire, la porte vers l?or était grande ouverte. J?ai eu plus de plaisir lors de ce match que lors de la finale?, avoua Neeraj après la finale, samedi.
Il n?a pas tort, cette demi-finale est d?anthologie. Revenir au tie-break avec quatre longueurs de retard pour gagner à 20-18, il faut le faire.
Cette victoire était psychologique. Maurice avait soudainement gagné en maturité. Les joueurs étaient blindés. Contre Madagascar, hormis des fautes directes qui les privèrent d?une victoire en trois au pire quatre sets, les Offmann, Alfred, Anne, Louise, Mounien, Fareedun et Mudhoo, ont sorti leurs crocs. En face, les meilleurs Malgaches, Lalabé et Rija, craquaient. Et Maurice était au paradis.
Le passeur de l?équipe, Sunil Mudhoo, soulignera avec raison le point fort de ce groupe. ?La solidarité. C?est ce qui nous a beaucoup aidés, sans oublier ce public fantastique. On s?est serré les coudes dans les moments difficiles et voilà le résultat?, explique-t-il. L?homme de tous les records, Fayzal Bundhun, tire, quant à lui, sa révérence. ?Je crois avoir tout vécu en volley-ball. J?ai triomphé comme joueur et entraîneur en trois occasions. Maintenant, je laisse la place aux jeunes et je vais prendre un peu de recul. Mais si mon pays à besoin de moi, je serais là mais pas en tant qu?entraîneur.? Et d?ajouter : ?Je lance un défi à la jeune génération. C?est de rééditer notre exploît.?
La barre est placée très haut. Qui dit départ, dit forcément arrivée. Qui va prendre les commandes de la sélection nationale ? Des noms sont déjà cités. Souhaitons que les décideurs sachent trouver l?oiseau rare. Car il y a un acquis à défendre. Et rappelons que le volley-ball ne s?arrête pas aux Jeux des îles. Il est grand temps de tourner les yeux vers le Continent noir et de se frotter aux meilleurs.
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