Publicité
Tonga soa à Madagascar 2007 !
Une douce mélancolie a envahi le stade Anjalay, hier à Belle Vue. Il y a neuf jours, les Jeux des îles de l?océan Indien débutaient en fanfare et, hier après-midi, avec la cérémonie de clôture, c?était déjà l?heure de se dire au revoir. Presque à reculons?
Car les événements qu?a vécus l?île Maurice ces derniers jours ont largement dépassé le simple cadre sportif. Les Jeux des îles de l?océan Indien 2003 ont orchestré une phénoménale montée de patriotisme ? sans tomber dans un chauvinisme déplacé ? sur fond d?exploits sportifs les uns plus brillants que les autres.
Et demain ? Ou plutôt ce matin ? On passe à autre chose. Forcément. La vie continue et chacun retourne à ses occupations habituelles, la fièvre des Jeux s?est dissipée. Les matches, les duels, les performances de tous ces athlètes qui se sont donné à fond appartiennent au passé. Pour les revoir sur notre sol, il faudra patienter une petite vingtaine d?années?
Ce parfum de tristesse flottait, hier, virtuellement pendant la cérémonie de clôture, aux côtés de notre quadricolore, du drapeau malgache et de celui des JIOI. La passation de ?pouvoirs? a eu lieu, c?est désormais du côté d?Antanarivo que la fièvre va se déplacer pour les années à venir, avant d?entrer en totale irruption dans quatre ans.
Tous nos dirigeants étaient présents, hier au stade Anjalay : le Premier ministre, Anerood Jugnauth, le vice-Premier ministre et ministre des finances Paul Bérenger, le président de la République, Karl Offman, ainsi que les autres hauts dignitaires de l?Etat et leurs représentants des îles voisines.
Tout ce beau monde s?était déjà réuni pour voir Richard Sunee et Josiane Nairac-Boullé allumer la vasque symbolique, une semaine plus tôt, et cette fois ils viennent assister à son extinction.
Il n?y a pas de retard, la formule protocolaire est réglée comme du papier à musique, donc pas de fausses notes. Les délégations sportives des six îles de l?océan Indien se mélangent en pénétrant dans le stade, sans distinction de pays, excepté pour les porte-enseignes et les porte-drapeaux.
Chaque visage rappelle une émotion
Ordre d?arrivée : France Océan Indien, les Comores, Madagascar, les Maldives, les Seychelles et Maurice, représentée par notre Eric Milazar national. L?élite de la nouvelle génération sportive des îles de la région défile sous nos yeux.
A leur passage, on ne peut s?empêcher de faire le lien avec leur actualité aux Jeux. Certains visages nous rappellent une émotion, un moment particulier qui nous aura touché durant la semaine écoulée. Si tous ont le sourire, certains ont les traits tirés, d?autres sont nostalgiques et pensifs alors qu?ils saluent la foule d?un air distrait, presque sans la voir.
Sur le rostre, quatre hommes vont mettre un terme à la belle aventure mauricienne : Ravi Yerrigadoo (le ministre de la Jeunesse et des Sports), Michael Glover (le Chief Executive du Comité organisateur des Jeux des îles), Chintamun Ramboccus (le président du Comité national olympique mauricien) et Roger Henri (président du Comité international des Jeux).
La voix cassée après avoir tant crié, surtout aux finales de volley-ball et de football la veille, Ravi Yerrigadoo prend la parole : ?C?est avec une émotion non dissimulée que je me retrouve avec vous, pour clôturer ensemble cette sixième édition des Jeux des îles de l?océan Indien.?
Le ministre des Sports mauricien dit sur un ton solennel sa satisfaction du devoir accompli et sa tristesse de mettre un terme à la fête, remercie le Premier ministre, le vice-Premier ministre et les membres du gouvernement. Il n?oublie pas de saluer tous ceux qui ont fait de ces Jeux un succès et le nombreux public qui s?est déplacé. ?Une affluence sans précédent? avec ?tous les jours des dizaines de milliers de spectateurs de tout âge et de toutes conditions.?
Il souligne également ?la couverture médiatique tout à fait exceptionnelle dont ces Jeux ont bénéficié. Télévision, presse écrite, radios publiques et privées, ont assuré avec compétence un travail d?envergure jamais égalée.?
Roger Henri (le président du CIJ) prend à son tour le micro pour faire ressortir que, si la presse emploie tous les jours les mots ?grandiose, magnifique, extraordinaire?, il préfère le mot ?magique? pour décrire ces Jeux, en félicitant ?le peuple magicien de Maurice.?
Enfin, il proclame la clôture des Jeux et nous donne rendez-vous à Madagascar. La flamme des Jeux s?éteint et le drapeau du CIJ est descendu du mât, accompagné d?un feu d?artifice.
Le spectacle qui suit s?est voulu sobre et léger, même s?il a laissé le public un peu sur sa faim tant ce dernier espérait un bouquet final grandiose. Des danses africaines, indiennes, chinoises, un Motherland inédit, joué en mariant les genres musicaux les plus variés, du séga et quelques groupes se succèdent.
Les Bhojpuri Boys et le groupe Abaim sont numéro un à l?applaudimètre et réveillent la foule, mais ceux qui étaient venus pour avoir des effets spéciaux plein les yeux devront repasser. Le séga des Jeux Zanfan losean fait office de fermeture avant un feu d?artifice très réussi.
Et voilà, les Jeux des îles 2003 sont derrière nous. ?C?est déjà fini. Qu?est-ce que ça passe vite ! Venez donc à Madagascar dans quatre ans?, nous dit, tout sourire, le très sympathique joueur de tennis de table malgache Arivony (médaillé d?or en 1998 et de bronze cette fois-ci). Rendez-vous est pris. Tonga soa (bienvenue) à Madagascar 2007.
Publicité
Publicité
Les plus récents