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Et maintenant

6 septembre 2003, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ce soir le rideau tombe sur les VIes Jeux des îles de l?océan Indien. Quel que soit le palmarès de leurs compatriotes au tableau des médailles, les Mauriciens garderont un agréable souvenir de ces compétitions. La fête du sport est devenue, le temps des Jeux, celle de la solidarité et du patriotisme affirmé.

On se souviendra longtemps de cette ferveur qui a gagné nos compatriotes durant ces deux dernières semaines. Les Mauriciens et les Mauriciennes ont répondu à l?appel du pays. Hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, ouvriers et cadres jubilaient dans les stades, participaient aux défilés, acclamaient la flamme des Jeux et assistaient aux concerts pour manifester leur soutien aux sportifs locaux.

Toutefois, en observant avec plus d?attention l?assistance dans les gradins et les participants aux manifestations de soutien aux équipes mauriciennes, on constate que l?amour du sport était secondaire. On sentait chez le Mauricien un besoin de montrer son appartenance à la nation. La majorité silencieuse avait décidé de se manifester. Nombreux sont ceux qui assistaient aux joutes entre athlètes, mais qui n?avaient jamais auparavant montré quelque intérêt pour le sport. L?expression « Allez Maurice » est devenue un leitmotiv mobilisateur soulevant l?enthousiasme des foules.

Mais une fois les clameurs tues et l?euphorie estompée, il faudra bien revenir à la réalité quotidienne. Et l?incontournable question sera : et maintenant que faire ? Ce serait dommage si le pays devait dilapider tous les bienfaits enregistrés lors de ces VIes Jeux des îles de l?océan Indien.

Il s?agit maintenant de capitaliser sur les moments forts que le pays aura connus durant les Jeux. On doit surtout veiller qu?aucun esprit malade ne vienne rouvrir les plaies cicatrisées. Pour cela, il faut que cesse la pratique qui consiste à dresser les Mauriciens les uns contre les autres sur des bases irrationnelles. On doit maintenant s?attaquer aux choses encore plus sérieuses.

Les défis ne manquent pas. Les indicateurs économiques sont toujours au rouge. Sur ce front la situation exige davantage de solidarité et plus d?engagement de la population. Les enjeux sont plus importants. Il n?est pas seulement question de remporter des médailles et triompher des nations voisines. Cette fois, on parle du devenir économique du pays. Nos concurrents ne sont plus les îles de l?océan Indien dans quelques épreuves sportives. Nous sommes en compétition avec des États du monde entier pour des parts de marché.

Le premier rendez-vous de l?après-jeux dans le domaine économique est la réunion de l?Organisation mondiale du commerce qui se tient à Cancun au Mexique, cette semaine. Le ministre du Commerce international, Jayen Cuttaree y défendra nos intérêts et ceux

de l?Afrique. Il est important que les positions qu?il défendra soient comprises et soutenues par les populations. Mais qu?importe sa performance et les résultats qu?il obtiendra, il y a une vérité incontournable : Maurice doit être hyper performante pour assurer la continuité de son développement économique. Les Mauriciens ont intérêt à suivre de près les débats à Cancun pour connaître l?issue des discussions et agir en conséquence. Mais déjà ils doivent se dire que comme en sport pour réussir il faut beaucoup travailler et faire preuve d?une solidarité à toute épreuve. Prises dans ce contexte, les protestations des syndicalistes et des entrepreneurs n?ayant pas fait le déplacement au Mexique semblent ridicules.

L?autre défi immédiat est politique. Le pays sera appelé à vivre une transition au sommet dans quelques semaines. Il ne faut pas que cette étape, somme toute, normale dans la vie d?un pays devienne le prétexte pour que la population vive un psychodrame. L?élection partielle qui suivra ne doit nullement donner lieu à des divisions qui nuiront à la cohésion de la nation. La qualité de la campagne électorale nous dira si les politiques ont compris les aspirations de la population ou s?ils sont en retard d?un combat. À charge pour eux de nous démontrer qu?ils peuvent élever les débats et permettre au pays de vivre la transition dans la pure tradition démocratique, sans heurts ni blessures.

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