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Maurice reine de la boxe
Avec dix boxeurs en compétition lors des 11 finales de boxe, hier soir au gymnase de Vacoas, Maurice s?en est sortie avec cinq médailles d?or. Une performance mi-figue, mi-raisin, compte tenu des attentes. La pression était grande et certains ont craqué. S?il y a des défaites qui ne pouvaient être évitées, il est certain que le camp mauricien regrettera la médaille d?argent de Nicoals Coret en -69 kilos face au Seychellois Gabriel Alvynandy.
Pour dire vrai, Coret vaut mieux que ce qu?il a démontré hier. Malgré tout, il est tombé face à un boxeur dont l?équipe a été la révélation de ces 6es Jeux des îles de l?océan Indien.
En effet, les Seychelles, entraînées par l?ancien champion Roland Raforme, s?en tire avec trois médailles d?or, une performance plus qu?honorable. Madagascar, fidèle à son habitude, a dominé les petites catégories (-48 kg et -51 kg), alors que la Réunion a sauvé l?honneur grâce au champion du monde Willy Blain en -64 kg.
Le point fort des finales d?hier aura été sans conteste la prestation de Marco Bangard, qui disputait le dernier combat de sa carrière. Il a fait une entrée sur scène explosive, digne d?un champion avec une cape aux couleurs du quadricolore et avec son nom inscrit aux couleurs argent au dos.
Bangard (-81 kilos) a été le boxeur mauricien le plus ovationné hier. A 32 ans, il ne s?est pas fait prier pour obtenir sa deuxième médaille d?or aux Jeux des îles, après celle de 1998 à la Réunion.
Bangard rugit une dernière fois
Sa victoire était d?autant plus symbolique qu?il terrassait le capitaine de la sélection seychelloise, Jack Bonne, alors même que les boxeurs de l?archipel venaient d?aracher deux médailles d?or à Maurice en -69 kg et -75 kg.
La victoire de Bangard (12-5) a été longue à se dessiner. Car aux trois premiers sets, l?écart était infime. Mais le lion Bangard devait rugir une dernière fois dans l?ultime round, grâce à l?avantage de sa taille, une meilleure technique, mais surtout une envie de gagner plus forte que son adversaire.
A la fin de son combat, il recevait l?accolade de son proche ami et ministre Rajesh Bagwan. Il devait alors se laisser emporter par l?émotion et alla prendre un bain de foule, du côté où ses parents et amis arboraient des t-shirts aux alphabètes de son nom : B-A-N-G-A-R-D.
Outre Bangard, l?autre vedette de la soirée d?hier, malgré lui, a été le Mauricien Michael Médor.
Dans la catégorie des supers légers, Médor a bien tenu le coup face au ténor Willy Blain. Quoique mené dès le premier round, Médor a été encouragé, applaudi et emporté par le public à chaque fois qu?il essaya d?attaquer le champion du monde.
7-0 au premier round, puis 12-2, 14-3 et enfin 18-6. Blain était trop rapide. Un cran au-dessus, il frappait et scorait quand bon lui semblait et le Mauricien a eu le mérite de le toucher en quelques occasions.
Médor, inébranlable, devait même chambrer le champion du monde de temps en temps en l?invitant à l?affrontement, les gardes baissées, ou en lui faisant un sourire moqueur. Mais ces détails-là ne déstabilisent pas un champion du monde. Ceux qui se sont déplacés au gymnase, hier, ont pu apprécier un grand et ils en ont eu pour leur argent.
Rajcoomar, Coret et les autres
Par ailleurs, la journée avait plutôt mal débuté pour les Mauriciens, lorsque Bhoosanduth Rajcoomar se faisait dominer à la régulière par Herinjaka. Ce dernier était visiblement supérieur sur tous les plans et il mérite sa médaille d?or.
Ce n?est, d?ailleurs, pas pour rien que la Grande île lui a fait confiance à la place d?Anicet Rasoanaivo, champion d?Afrique en titre de cette catégorie. Lalaina avait dominé Rasoanaivo lors des championnats de la Zone 7 et il a été récompensé comme il se doit.
Tout comme Rajcoomar, les ?first timers? Jubulard Augustin (-75 kg) et Louis Planche (-91 kg) sont passés à la trappe. Les deux face à des adversaires des Seychelles.
Dans les deux cas, Jean Jonet et Ken Jean-Charles ont été supérieurs techniquement aux Mauriciens.
Il faut dire que, jusque-là, le public avait assuré une ambiance survoltée dans le gymnase. C?était tendu et surchauffé par moments et l?arbitre dut même interrompre momentanément le combat Rajcoomar-Lalaina lorsqu?une bouteille en plastique fut lancée sur le ring.
Heureusement que le fair-play a régné par la suite, même si Willy Blain d?abord et Alvynandy ensuite ont été copieusement hués. Ils avaient commis le crime de battre des Mauriciens dans leur nouvel antre de Vacoas. Passons.
La déception d?hier est venue de Nicolas Coret, de qui tout le monde attendait ni plus ni moins que la médaille d?argent. Mais son adversaire, même étant plus petit que lui, a démontré une bonne technique de boxe, gardant un bon équilibre, boxant avec le corps en arrière. Lorsque les coups du Mauricien fusaient dans le vide, il se propulsait en avant pour marquer en contre. Sans compter que les coups réussis par Coret étaient suivis par une salve de coups en contre.
Ce jeu-là a marché jusqu?à la fin et le Seychellois s?imposa logiquement par 19 à 14.
Les héros
Heureusement tout de même que quelques boxeurs mauriciens ont su être à la hauteur de l?événement hier.
Le premier à ramener l?or dans l?escarcelle fut Bruno Julie. Ce fut le plus beau combat de la soirée côté mauricien. En effet, l?enfant de Plaisance, Rose-Hill, était mené au score : 4-2 et 7-6 aux deux premiers rounds.
Mais lors d?un renversement de situation digne de lui, Julie se surpassa au round 3 par une série de coups en appui qui lui permit de prendre l?avantage à 12-9. Il n?avait alors qu?à gérer le dernier round. 16-10, la salle accueillait la première médaille d?or de la soirée côté Maurice par une explosion de joie assourdissante.
Dans la foulée, Mervin Aza et Giovanni Frontin devaient enchaîner en -57 kg et -60 kg. Aza, combattant comme si c?était pour une question de vie ou de mort, gagna facilement par 27-14, tandis que la victoire de Frontin a été laborieuse à se dessiner (13-9).
En sus de la médaille de Bangard, Maurie a terminé la soirée en apothéose avec une médaille d?or de son capitaine Michael Macaque chez les super lourds.
Face à un adversaire coriace, Macaque a démontré une bonne maîtrise et c?est normal qu?il n?eut pas beaucoup d?échanges, car c?était un combat de lourds.
En bon capitaine, il a permis à Maurice d?égaler sa performance de 1998 à la Réunion (5 médailles d?or).
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