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L?affaire Eurostat risque de dégénérer en crise
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L?affaire Eurostat risque de dégénérer en crise
Des pratiques financières douteuses, des députés européens en campagne électorale et une Commission européenne au bord de la crise de nerfs : l?affaire Eurostat risque de dégénérer en crise et de faire tomber des têtes.
L?avenir de la Commission européenne devrait être plus clair le 25 septembre, lorsque le président Romano Prodi comparaîtra devant les chefs des différents groupes politique du Parlement européen muni de différents rapports internes sur les accusations de malversations à l?Office statistique de l?Union européenne.
L?exécutif européen a allumé en juillet dernier des contrefeux en ouvrant des procédures disciplinaires contre trois hauts fonctionnaires d?Eurostat soupçonnés d?irrégularités.
Sans attendre la conclusion de l?enquête menée par l?Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) ou l?issue des poursuites judiciaires entamées devant les tribunaux français, le directeur-général de l?institut depuis 16 ans, le Français Yves Franchet, son adjoint Daniel Byk, lui aussi de nationalité française, et un autre de ses directeurs ont été visés.
Neil Kinnock, le commissaire européen chargé de la Réforme administrative, avait alors parlé de ?preuves évidentes? de l?existence de ?pratiques hautement irrégulières et intentionnelles largement répandues du sein d?Eurostat?.
Au coeur du problème se trouve l?utilisation par Eurostat de sous-traitants privés pour commercialiser ses statistiques, comme la société française Planistat, avec laquelle tous les contrats ont été suspendus le temps d?achever les enquêtes. Une ?pratique relativement fréquente à Eurostat? jusqu?en 1999 ? dixit Kinnock ? consistait à gonfler artificiellement la valeur des contrats, voire de conclure des contrats fictifs pour ?permettre le financement d?autres activités financées par les fonds?, des comptes secrets étant ouverts au Luxembourg.
La ligne de défense de la Commission est claire et elle compte sur les rapports internes pour l?étayer: ces pratiques datent d?avant son entrée en fonction, en 1999, et les responsables sont les fonctionnaires qui n?y ont pas mis fin. Il reste à savoir si le Parlement européen, qui est déjà entré en campagne pour les élections de juin 2004, se satisfera de ces explications et de ces mesures.
L?assemblée de Strasbourg, qui a poussé la Commission présidée par Jacques Santer à la démission collective en 1999 en raison de sa mauvaise gestion des deniers publics et des accusations de népotisme formulées à l?encontre du commissaire français Edith Cresson, est divisée en deux camps.
De nombreux parlementaires, surtout de droite, estiment sans même attendre les rapports internes ou de l?Olaf que plusieurs commissaires doivent démissionner sans tarder. Si l?Espagnol Pedro Solbes, en charge des Affaires économiques et monétaires et responsable d?Eurostat, est le premier visé, le Britannique Neil Kinnock et l?Allemande Michaele Schreyer, responsable du contrôle budgétaire, sont également dans leur ligne de mire. ?Si ces gens ont dans leur pantalon ce que les filles n?ont pas, ils doivent démissionner?, a déclaré à Reuters le vice-président de la puissante commission du contrôle budgétaire (Cocobu), le Danois Freddy Blak. La conservatrice bavaroise Gabriele Stauner (CSU), elle aussi membre de la Cocobu, est décidée à obtenir plusieurs têtes, et pas seulement celles de Pedro Solbes.
?Si la Commission se sert de Solbes comme d?un fusible, ce n?est pas la solution?, a-t-elle expliqué à Reuters.
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