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Le contrôle antidopage fait partie du jeu

4 septembre 2003, 20:00

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Bien que regrettable, le dopage fait partie du monde sportif. Pour parer à ce fléau, les contrôles et analyses ne manquent pas. C?est pour cela que des centres anti-dopage sont présents sur chaque site de compétition des Jeux.

Une équipe médicale de 22 personnes, tous des professionnels de la santé et spécialisés dans la lutte antidopage, s?occupe des contrôles, sous la direction du Dr Rajen Hurdowar et la supervision d?un délégué de la World Antidoping Agency (WADA), Fahmy Galant, venu jeter un ?il sur le suivi des procédures pendant ces Jeux.

Chaque matin, un comité, composé du Dr Rajen Hurdowar, de Fahmy Galant et d?un représentant de chaque délégation, se concerte pour sélectionner le ou les athlètes qui passeront un contrôle. Tout est fait de façon aléatoire. Les sélectionnés ne sont pas choisis en fonction de leur nom ou de leur pays d?origine. ?Le comité décide d?une épreuve et d?un endroit précis?, nous explique Beemon Mudhoo, Doping Control Officer. ?Même celui qui arrive dernier peut être convoqué?, souligne-t-il.

Et de surcroît, ?toute personne licenciée en sport et qui fait de la compétition à un moment ou à un autre peut être contrôlée?, ajoute son collègue, Pravind Dhoomon. C?est le même comité pour toutes les disciplines et un centre médical antidopage est présent sur chaque site de compétition. Au final, ?95 % des disciplines auront eu des contrôles?, annonce Fahmy Galant.

L?athlète choisi est convoqué par un ?chaperon?. Ce dernier l?emmène dans un isoloir et lui explique la procédure. Le sportif doit remplir un formulaire et se présenter dans un délai d?une heure au centre antidopage du site de compétition où il se trouve.

Simple formalité

?Les athlètes se laissent faire et ne voient jamais aucun inconvénient. Cela fait partie du sport?, dit Beemon Mudhoo. Le contrôle antidopage n?est qu?une simple formalité pour les athlètes qui se prêtent volontiers à l?exercice. Cela fait partie du jeu.

Pendant cette heure, le chaperon doit garder le sportif à l??il, l?empêcher de partir ou d?aller aux toilettes, car le contrôle antidopage consiste en un test d?urine. Lorsqu?il arrive au centre, l?athlète est pris en charge par un Doping Control Officer. C?est l?athlète qui choisit le type de kit et de gobelet de test. Enfin, il doit remplir un autre formulaire, en quatre copies.

A partir de là, il faut en principe attendre 10 à 15 jours avant de connaître les résultats. Toutefois, les tests antidopages des Jeux des îles seront traités en priorité, nous apprend Fahmy Galant. ?Pour le moment, nous avons effectué près de 20 contrôles et nous pensons recevoir les résultats lundi ou mardi au plus tard?, affirme le délégué de la WADA.

Les échantillons sont envoyés au Laboratoire de Bloemfontein, en Afrique du Sud. C?est le seul laboratoire de la région à être accrédité à faire ce genre d?analyses. Et ça coûte plutôt cher, environ Rs 3 000 par test. De fait, on ne peut contrôler tout le monde. ?Il y en a toujours un qui paye pour les autres?, explique Fahmy Galant.

Mais, heureusement, pour les Jeux et le sport, le délégué de la WADA ne pense pas avoir à déplorer un cas de dopage pendant ces Jeux, bien que ?l?on ne puisse jamais vraiment s?avancer sur ce terrain?, souligne-t-il.

Historique

La gangrène du sport

-Bien que prônant de nobles valeurs, le sport et, plus particulièrement, la compétition sportive ont toujours créé chez des participants le besoin d?être les plus forts. Mais, pour certains, de tout temps, c?est par le biais de pratiques illégales que ce besoin est satisfait. Le dopage se développe sérieusement à la fin du 19e siècle pour connaître un véritable essor, après la Seconde Guerre mondiale, lorsqu?apparaissent les amphétamines (substances agissant sur le système nerveux central). Cet essor du dopage prend fin au début des années 70, avec la venue des premiers tests antidopages. Depuis, il n?est pas de compétition sans que plane, à un moment ou à un autre, le spectre du dopage qui se métamorphose sans cesse.

Corticoïdes, stéroïdes anabolisants (1970), testostérone, hormones de croissance (1980), érythropoïétine (1990), les substances dopantes sont de plus en plus sophistiquées car ils tendent à ressembler au mieux aux hormones naturelles présentes dans l?organisme. Cependant, bien des chercheurs, toxicologues et autres, organismes internationaux, mouvements sportifs, s?appliquent à lutter contre ce fléau. Les contrôles se multiplient, la prévention s?accroît. Mais tout produit médicamenteux peut produire des effets dopants, d?où un contrôle toujours plus strict. Pour l?heure, la liste des produits prohibés pour les compétitions sportives ne cesse d?augmenter et augmentera encore.

champions déchus

Quelques cas célèbres

  • Florence Griffith-Joyner, sprinteuse américaine, détentrice d?un record du monde au 100 m avec 10,49 s, meurt en 1998 à 38 ans de cause inexpliquée, probablement des suites de dopage mais cela n?a jamais pu être prouvé.

  • Ben Johnson, sprinter d?origine canadienne, pulvérise le record du monde avec 9,79 s au 100 m à Séoul en 1988. Deux jours plus tard il doit rendre sa médaille d?or car ses urines contenaient des traces d?un des stéroïdes anabolisants les plus dangereux, initialement destiné aux chevaux.

  • L?affaire Festina

L?affaire Festina, lors du Tour de France 1998, est considérée comme le ?premier grand procès du dopage?. Trois jours avant le départ du tour, Willy Voet, soigneur personnel de Richard Virenque au sein de l?équipe Festina, est arrêté près de la frontière franco-belge. Dans sa voiture, les douaniers découvrent 500 doses de produits dopants.

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