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Harish Balgobin
- Quel sentiment vous anime à la veille de votre retraite prématurée de la présidence du Tribunal d?arbitrage permanent (TAP) ?
J?ai senti qu?il fallait à un certain moment de ma carrière tourner la page. Le rôle ingrat d?arbitre que j?incarne au TAP devient insupportable. Je pars donc le mois prochain. Comme le dit si bien la défunte chanteuse Edith Piaf, je ne regrette rien. Je n?ai aucun regret de prendre ma retraite prématurément.
- Comment vos collègues ont-ils accueilli cette décision ?
La première réaction est venue d?un avocat d?expérience. Il m?a dit tout simplement que si j?étais resté dans le judiciaire au lieu de démissionner pour prendre de l?emploi au TAP, j?aurais été sans nul doute le meilleur chef juge que le pays aurait connu. Ces quelques mots m?ont beaucoup réconforté.
- La cour vous critique pour votre verdict sur la semaine de 40 heures. Est-ce la goutte qui fait déborder le vase ?
Ce n?est pas dans cette logique que je quitte le TAP. Je prends un long congé de cette instance avant de retourner au barreau, là où j?ai été en 1968. J?ai été magistrat en 1970 et je préside le TAP depuis 1981. Comme je pars à la retraite, je quitte également la présidence du Civil Service Arbitration Tribunal (CSAT).
- Le syndicaliste Jack Bizlall disait dans une récente interview que cela fait longtemps qu?on veut vous faire partir du TAP. Vos commentaires ?
J?ai décidé de tourner la page. Ce n?est pas dans ce contexte que je quitte le TAP.
- Avez-vous subi des pressions de la classe patronale pour que vous partiez ?
J?ai travaillé en toute indépendance toute ma carrière. Je n?ai jamais subi de pression pour modifier un verdict, comme en témoigne la qualité de mes awards. Si j?en avais subi, cela s?y serait vu. Ce n?est pas le cas (Rires).
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