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De la pub à l?école ?

3 septembre 2003, 20:00

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? Ma, mo fine gagne di lait lécole. ? Ki dilait ? ? Di lait Twin Cows ! Le petit Avinash, en Standard IV à l?école Notre-Dame-de-La-Confiance, à Curepipe, ne plaisante pas lorsqu?il s?inspire de la pub télé du lait de la même marque. Il tient bien dans ses mains un sachet de lait de 125 g de la marque Twin Cows, portant l?indication ?échantillon?. La société Happy World, importatrice et distributrice de lait Twin Cows a choisi la rentrée de ce troisième trimestre pour faire son coup de pub?

Car il faut bien appeler les choses par leur nom. Quand une entreprise commerciale offre gratuitement son produit que ce soit à la gare d?autobus ou dans une école, c?est qu?elle espère bien en tirer quelques bénéfices pour ses ventes. Cela s?appelle du marketing, de la publicité. ?Activité ayant pour objet de faire connaître une marque, d?inciter le public à acheter un produit, à utiliser un service?, dit d?ailleurs Le petit Larousse du terme publicité.

Etonnement

Depuis la semaine dernière, les familles des élèves de l?école Notre-Dame-de-La-Confiance qui n?étaient pas au courant de l?existence du lait Twin Cows, connaissent la marque.

Mais l?entreprise en question s?en défend. ?Ce n?est rien que de la promotion pour le lait?, a répondu un directeur de Happy World à notre interrogation sur cette opération. Devant notre affirmation qu?il s?agit bien d?une forme de publi-cité, notre interlocuteur s?explique: ?Non. Nous avons pris contact avec quelques directeurs d?écoles, certains ont accepté, d?autres ont refusé. Nous faisons de la promotion pour le lait auprès des enfants qui en ont besoin pour leur croissance?. Mais ne s?agit-il pas quand même de publicité pour une marque ? ?Enfin, oui, mais nous ne prononçons aucun slogan, il n?y a aucune invitation à acheter ou à consommer le produit. Nous faisons un cadeau c?est tout.

Comme nous offrons chaque semaine des cartons de lait ou d?autres produits aux institutions charitables. Et puis, nous ne sommes pas la seule compagnie commerciale à faire ce genre d?opération dans les écoles.?

En effet, Happy World n?est pas la seule firme commerciale à cibler la population enfantine pour son marketing. La firme Nestlé a déjà offert du Milo en sachets.

Le directeur de l?école Notre-Dame-de-la-Confiance s?est refusé à tout commentaire sur l?opération marketing de Happy World dans son établissement, nous demandant de nous adresser à l?autorité de tutelle, le Bureau de l?Education Catholique (BEC).

Hervé Sylva, directeur des écoles catholiques primaires, n?a pas caché son étonnement d?apprendre qu?une des écoles sous sa juridiction a été utilisée pour une telle opération.

?C?est une démarche de l?école?, commente-t-il, ajoutant que le BEC n?approuve pas ce genre d?opération. ?Nous ne voulons pas que nos écoles deviennent des lieux de commerce ou de promotion commerciale. Ce n?est pas la vocation de nos écoles.?

Ligne de conduite

Ce n?est, d?ailleurs, la vocation d?aucune école. Paulo Virassamy, président de l?association des pa-rents et enseignants de l?école, confie qu?il n?était pas au courant de cette opération publicitaire de Happy World. Ce qui ne l?empêche pas de livrer le fond de sa pensée.

?Je ne suis pas d?accord que l?on utilise nos enfants ? je parle aussi en tant que parent ? à des fins publicitaires. Quand quelqu?un porte un T- shirt au logo d?un produit, ne véhicule-t-il pas la marque de ce produit ? Happy World a touché directement près de 900 familles à travers cette opération. La marque a été exposée dans 900 familles. C?est une forme de publicité !?

Tout en concédant que les écoles primaires doivent toujours faire appel à des sponsors et à des donateurs pour leur fonctionnement, Paulo Virassamy estime qu?il faut définir une ligne de conduite sur la question. Le directeur du BEC se dit favorable à cette suggestion.

Le ministère de l?Education nationale est pourtant clair à ce sujet. Une circulaire en date du 6 avril 1999, signée du Secrétaire permanent R. Heerasing, donne aux directeurs régionaux quelques directives pour mieux gérer le parrainage dans les écoles.

Le ministère ne se dit pas contre le parrainage, mais dresse tout de même quelques limites. Interdiction, par exemple, d?accepter du parrainage de fabricants de cigarettes ou de boissons alcoolisées.

Il est également demandé aux directions des écoles de s?assurer que les boissons ou autres snacks offerts gratuitement ne contiennent pas d?éléments dangereux pour la santé. Le message est clair. La circulaire du ministère indique enfin : ?Aucune publicité de marques de commerce, aucune promotion par le sponsorship d?activités.?

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