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La rivière sans détour?
Devika RahGoober habite le village depuis trente ans. Cette mère de cinq enfants n?avait jamais imaginé que sa vie allait devenir un enfer en allant habiter près de la rivière La Chaux qui traverse le village.
?Nou népli conné qui pou faire?, explique Devika, très inquiète pour la santé et la sécurité de ses petits-enfants qui pourraient tomber accidentellement dans ce cours d?eau rempli d?ordures d?où se dégage une odeur putride.
Selon Devika, outre les visites irrégulière des inspecteurs sanitaires qui s?y rendent pour écouter les doléances des habitants, rien de concret n?a été fait jusqu?ici. Elle pense qu?il faut résoudre une fois pour toutes ce problème de pollution qui risque de causer de gros ennuis de santé aux habitants de la région.
?Chaque fois qui la pluie tombé éna grand débordement. Bisin attane au moins ène demi-journée pou capave traversé pou rentre dans lacaze?, explique Savitree Bhunorah, qui doit passer par là pour rendre visite à sa s?ur Devika.
Shasti Takah, voisine de Devika, craint que l?érosion au fil des jours des versants en terre de la rivière. Elle demande aux autorités de prendre au sérieux les différentes représentations faites par les habitants.
?Il faut nettoyer et construire un pont au plus vite pour éviter un drame?, avertit Shasti, une mère de famille.
La rivière passe à l?arrière de l?atelier de travail d?Ashok Kumar Aubeeluck. Tout comme ses voisins, il croit, lui aussi, que la cause principale de la pollution est due à l?accumulation de l?eau qui vient elle-même d?une rivière dont le cours a été dévié. Avec les conséquences que l?on constate.
?Il faut remonter à la source pour trouver une solution durable. Si les autorités nous avaient pris au sérieux et avaient exigé que cette rivière soit régulièrement entretenue, la situation n?aurait pas été aussi grave aujourd?hui?, fait remarquer Ashok.
Prolifération de moustiques
En attendant, il descend de temps en temps sur la berge de la rivière et donne des coups de faucille à droite et à gauche pour éviter une prolifération de moustiques, surtout avec le changement de saison.
Pour Sanjay Gokhool, le président du village de Nouvelle-France, le non respect de l?environnement et la négligence de certains habitants ont beaucoup contribué à la dégradation de la rivière. ?Certains n?hésitent pas à y jeter des animaux morts. Les officiers du service sanitaire et ceux du ministère de l?Environnement doivent agir contre les contrevenants. Il y a trop de laisser aller?, estime Gokhool.
Il s?oppose totalement à ce que la rivière soit recouverte de béton. A chaque inondation, la situation empirera. Il souhaite que l?administration régionale et le ministère de l?Environnement s?occupent de la gestion de cette rivière.
Outre cette rivière qui est la source de problèmes, l?insécurité routière à Nouvelle-France est devenue un véritable casse-tête pour de nombreux enfants, les vieilles personnes et les automobilistes qui doivent traverser non loin du village hall de la localité pour se rendre à l?école et à leurs destinations respectives.
?En l?absence de feux de signalisation à cet endroit, la panique et la peur s?installent ici chaque matin et aux heures de pointe. Faut-il qu?il y ait mort d?homme pour que les parties concernées assument leurs responsabilités?, s?interroge Hemraj Banorah.
Pour donner une idée de la gravité de la situation, des habitants massés non loin des lieux controversés, n?ont pas hésité à ajouter leur voix au concert des protestations de leurs voisins. ?Presque tous les jours, ou pé tandé qui éna mort lors la route. Qui zot pé attane pou trouve solution ici?, s?écrie Ashok, sous le regard attentif de quelques habitantes de la région.
Selon Sanjay Gokhool, le président du village de Nouvelle-France qui dit avoir déjà approché les autorités pour une solution, l?installation de feux de signalisation ne serait qu?une question d?heures. Mais Ashok Aubeeluck lui n?y croit pas trop. ?Chaque fois zotte fine prend ban mesures, après zot disparaîte?, affirme-t-il.
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