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La SADC veut accélérer la libéralisation commerciale

3 septembre 2003, 20:00

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La Southern African Development Community (SADC) voit grand. Elle vient d?adopter un Regional Indicative Strategic Development Plan (RISDP). Ce dernier prévoit une série de mesures et un calendrier d?exécution afin de construire un marché commun et une union douanière et monétaire.

Ce plan ambitieux a été avalisé lors du récent sommet des chefs d?Etat de la SADC qui s?est tenu à Dar es-Salaam en Tanzanie la semaine dernière. Le Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth, et le ministre des Affaires étrangères, Anil Gayan, y représentaient Maurice.

L?intégration économique de la région est au c?ur du RISDP. Pour atteindre cet objectif, le plan balise la voie à suivre et propose un échéancier en fonction des actions prioritaires.

Selon le plan, la première étape sera de créer une zone de libre-échange au niveau des quatorze pays membres de la SADC. Cela, en accélérant la mise en application du protocole commercial qui est déjà en cours d?exécution depuis l?an 2000.

Le RISDP prévoit aussi la création d?une union douanière en 2010, impliquant l?adoption d?un tarif extérieur commun à l?ensemble de la zone. Le plan adopté touche également la politique monétaire. Il préconise l?élimination du contrôle de change sur les transactions intra-SADC en 2006. La création d?une Banque centrale de la SADC et l?adoption d?une monnaie unique devrait parachever l?intégration économique de la région en 2016.

Cependant, si Maurice partage la vision de l?intégration économique de la région, tous les éléments du RISDP ne sont pas pour nous plaire. L?accélération de la mise en application du protocole commercial est la première pierre d?achoppement.

Il n?est pas nécessaire que Maurice ouvre incessamment son marché aux produits sud-africains. Pour affronter la concurrence, l?industrie locale a besoin de temps pour rehausser son niveau de compétitivité afin de faire face à la concurrence. Le protocole commercial de la SADC prévoit que les produits sensibles ne seront libéralisés qu?en 2012. Mais le RISDP préconise d?accélérer le processus afin de tout libéraliser en 2008.

?Les ministres du Commerce de la SADC se sont opposés à une accélération du processus de libéralisation car le protocole commercial a justement été signé après mûre réflexion et de longues négociations. Nous avons toujours privilégié une approche graduelle et maintenant, on nous demande de brûler les étapes. Je comprends mal que ce plan ? le RISDP - ait été avalisé maintenant?, déclare un spécialiste sur la question.

Néanmoins, pour certains à l?hôtel du gouvernement, l?adoption du RISDP ne prête pas à conséquence puisqu?il ne s?agit que d?un ?Blue- print? sur la stratégie d?intégration de la SADC. ?Le calendrier proposé n?est qu?à titre indicatif. Chaque pays sera libre de suivre son propre rythme?, rassure un responsable.

Respecter le calendrier proposé

Mais tout le monde ne l?entend pas de la même manière. Pour un responsable du secteur privé, l?adoption du RISDP est un engagement que les chefs d?Etat demandent aux diverses instances de la SADC de traduire en actes. Le suivi devra être fait. ?On pourra essayer de gagner du temps mais en fin de compte on aura à déboucher sur quelque chose?, déclare notre interlocuteur.

Lors du sommet de Dar es- Salaam, le président sortant de la SADC et président de l?Angola, José Eduardo Dos Santos, a fait ressortir que le défi sera justement de mettre le plan en application et de respecter le calendrier proposé.

La création d?une union douanière et l?adoption d?un tarif extérieur commun est également un dossier que Maurice n?est pas pressée de discuter. Les implications sont complexes. Il y a d?abord la crainte d?une perte de revenus en termes de droits de douane puisque sous une union douanière, les revenus douaniers de l?ensemble des pays membres sont partagés.

De plus, la compétitivité de nos entreprises sur le marché local comme à l?exportation est en jeu. A quel niveau fixer ce tarif extérieur commun ? Quel impact sur la compétitivité de la zone franche qui importe les matières premières en hors taxes ? Autant de questions qui demandent un temps de réflexion.

Au niveau de la SADC, pour les habitués des négociations commerciales, c?est surtout l?Afrique du Sud qui est pressée d?aboutir à une union douanière. ?Dans les négociations qu?elle a engagées avec les Etats-Unis et l?Union européenne en vue d?un accord de libre-échange, ce serait mieux d?avoir une union douanière élargie parlant d?une même voix. Elle aurait plus de poids. Mais dans une telle conjoncture, ce ne sera que la voix sud-africaine qui se ferait entendre?, commente un spécialiste.

Un exercice de révision à mi-terme du protocole commercial prévu pour l?année prochaine devrait permettre de voir plus clair dans cette affaire. L?évolution des échanges commerciaux au sein de la SADC sera analysée afin de déterminer l?impact du protocole commercial depuis son entrée en vigueur en l?an 2000.

?Ce qui nous intéresse c?est de voir qui a bénéficié et qui a perdu depuis l?entrée en vigueur du protocole?, déclare un responsable du secteur privé. ?Avec cet exercice de révision prévu pour l?année prochaine, il était prématuré et superflu d?adopter le RISDP?, commente un autre responsable.

plan d?action

Harmoniser les politiques fiscale et monétaire

La Southern African Development Community (SADC) tente d?adopter une approche intégrée en ce qu?il s?agit de la politique monétaire et fiscale des Etats membres.

Lors d?une réunion entre les gouverneurs des Banques centrales de la SADC la semaine dernière, un plan d?action en trois points a été adopté. Les pays membres auront à ramener le taux d?inflation à un seul chiffre entre 2004 et 2008. Au-delà de 2009, le taux d?inflation devra être inférieur à 5 %.

Il faut souligner qu?à Maurice, le taux d?inflation est déjà inférieur à 5 %. La majorité des membres de la SADC peuvent diminuer leur taux d?inflation et le rendre inférieur à 10 %. Le Zimbabwe est cependant une exception car le taux d?inflation y est de 400 %.

Les Etats membres auront également à réduire la dette publique à moins de 60 % du produit intérieur brut (PIB). Le déficit budgétaire devra être réduit à moins de 5 % du PIB. Pour 2003, le déficit budgétaire de Maurice tournera autour de 6 % tandis que la dette publique représentera 66 % du PIB.

En cas de non-respect des objectifs fixés, aucune sanction n?est prévue. Mais les pays membres seront encouragés à rectifier le tir à travers le peer pressure.

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