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La course contre la montre de l?école hôtelière

2 septembre 2003, 20:00

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Le Village des Jeux baigne dans une pesante torpeur. Le juste sommeil du guerrier. Lourd. Trop lourd pour être dérangé par le heurt des casseroles et le cliquetis des assiettes, qui s?échappent des cuisines cent mètres plus loin. Là-bas, à l?école hôtelière, où près de 2000 sportifs et officiels défilent matin, midi et soir, on s?affaire déjà. En fait, on ne s?arrête jamais?

Sous sa toque, Philippe Fradin, chef cuisinier, a les traits tirés. Depuis 23 heures, il est sur pied, avec son équipe d?une trentaine d?étudiants. ?Nous préparons les repas de jour?, explique t-il. ?Nous avons très peu de temps. A 7 heures, il nous faudra libérer la cuisine pour la prochaine équipe.? En tout, ils sont 500 volontaires, cuisiniers et serveurs à se relayer.

Au tableau, un menu du jour est affiché ainsi que la liste de tout ce qu?il faut tenir prêt. Ici, des cuisiniers se chargent de hacher ou nettoyer des dizaines de kilos de carottes, de laitue et de concombres, entre autres. Une fois prêts, ils sont placés dans de grands bacs transparents. Un regard au tableau : rien n?a été oublié ? Et tous les bacs s?en vont dans la salle réfrigérée.

A côté, cinq autres sont aux fourneaux. Ils font dorer du poisson, penchés devant les sauteuses-basculeuses, sortes de grands récipients à retourner les tranches de viande et de poisson. Ils doivent en faire cuire un peu plus d?un millier. Et pas question de bâcler le travail : les Health and Safety Officers veillent au grain.

A quelques pas de là, Sanjay Raggoo, Health and Safety Officer, reconnaissable à sa casquette rouge observe en effet les faits et gestes des cuisiniers. ?Nous veillons à ce que toutes les règles d?hygiène soient respectées dans la cuisine. Nous prélevons également de manière systématique la température des aliments pour nous assurer qu?ils soient de bonne qualité?, explique-t-il, en montrant le thermomètre qu?il tient à la main.

Vers 5 h 30 arrivent les responsables du service du matin. Ils sont accompagnés d?une vingtaine d?élèves de l?école. Ils apprêteront les deux chapiteaux où déjeuneront les athlètes.

Travail laborieux

Chacun sait ce qu?il doit faire et s?y affaire, qui préparant les buffets, qui installant les 1 800 plateaux repas. ?Nous avons mis en place un système de ticket pour les athlètes pour qu?il n?ait pas à faire queue pour avoir les repas,? explique un stagiaire.

L?heure tourne, la pression monte, mais à aucun moment on n?entendra des cris ou l?on ne verra de bousculades. ?Il nous faut absolument être opérationnels avant que les athlètes ne soient là pour ne pas les faire attendre. C?est un gros travail de mise en place et de coordination entre les différents services?, explique un des responsables présents. Six heures. Le soleil pointe à l?horizon. Et avec lui, les premiers clients. Par petits groupes, ils se dirigent plein

d?entrain vers les plats : pain, ?ufs durs, fromage, céréales et yaourt, entre autres.

Bientôt, la foule les rejoint. L?ambiance y est bon enfant. On préfère manger? en famille. Une table aux survêtements rouges et blancs, une autre pour les bleus. On ne se mélange pas beaucoup entre délégations. On échange quand même des propos avec les membres des autres délégations.

Philippe Fradin et son équipe finissent leur service. Dernière responsabilité avant d?aller roupiller : il faut que tout soit nickel. A coup de brosse électrique, on fait briller le sol, et de grands jets d?eau, les tables en aluminium. ?A 23 heures ce soir, nous serons de nouveau sur le pied de guerre?, lance le chef cuisinier.

Les chapiteaux se videront des athlètes peu après 10 heures. Pas le temps de souffler. Il faut encore nettoyer les deux salles, débarrasser les tables, changer les nappes, préparer le déjeuner, mettre en place les 1 800 plateaux repas et compléter la préparation du déjeuner qui aura nécessité hier 120 kilos de riz, 60 kilos de pâtes, 240 kilos de viande d?agneau et 200 kilos de poisson.

Tout cela sera fait en souplesse parce que l?équipe a été parfaitement préparée et tout est organisé. ?C?est comme ça depuis le début des jeux. Nous n?avons pas le temps de nous reposer. Il faut sans cesse tout préparer pour le prochain repas,? explique un serveur. En souplesse et avec le sourire. ?C?est dur, mais c?est nous avons une grande responsabilité. Maurice sera également jugé sur sa prestation en tant qu?hôte?, ajoute t-il. Une prestation qui mérite assurément une médaille.

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